VOILE : Trimaran SVR-LAZARTIGUE : « Retrouver cet état de symbiose avec le bateau »
Tom Laperche et le Trimaran SVR-Lazartigue seront au départ de la 13ème édition de la Route du Rhum, ce dimanche à Saint-Malo.
Malgré ses 29 ans, le benjamin de la course dans la catégorie Ultim, celle des géants des mers, possède déjà une solide expérience et espère légitimement s’y illustrer. Avec l’équipe tout a été mis en place pour y parvenir.
Dimanche, à 13h02, au large de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), le Trimaran SVR-Lazartigue franchira la ligne de départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Cap sur Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à 3542 milles de la Bretagne (6560 km). L’Atlantique à traverser, sur les flots, mais bien plus souvent au-dessus-des flots avec ces bateaux volants. Tom Laperche sera à la barre pour le rendez-vous majeur des multicoques, la course où les plus grandes légendes de la course au large sont nées.
« C’est la course la plus emblématique de la course au large, confie le Breton. C’est celle qui m’a donné envie et qui m’a fait rêver ».

Vainqueur l’an dernier de la Transat Café l’Or, en duo avec Franck Cammas, encore victorieux des 24h Ultim, en septembre dernier à Lorient, Tom affiche sa confiance et ses ambitions.
Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours du départ ?
« Je me sens bien, en forme. Je suis content d’aller faire cette course. J’ai eu quelques jours plus calmes, pour me reposer, ranger mes affaires à la maison avant de partir. Tout ce qu’on a mis en place me rend assez confiant. Je suis super content d’être sur ce projet du Trimaran SVR-Lazartigue, au top de la forme de l’équipe ».
Comment vont se passer les derniers jours et les dernières heures ?
« Il faut réussir à profiter de tous les gens qui viennent voir ce départ et de l’engouement de la fin de préparation. Mais à un moment, j’aime bien me mettre dans ma bulle. Ma réflexion et mes pensées basculent sur la course. Je ne suis plus forcément aussi accessible. D’abord parce qu’on est concentré sur la météo, la stratégie, l’anticipation et tout ce qu’il va falloir mettre en place pour qu’une fois en mer, la partition soit la plus fluide possible, la plus efficace et la plus performante. Le dimanche matin, on rejoint le bateau en semi-rigide vers 9h30 (le bateau sera à la bouée dès vendredi). On refait un briefing météo et puis direction la zone de départ où on va préparer le bateau au niveau des voiles, prendre 2-3 repères d’observation, calibrer l’ordinateur et se préparer à partir à pleine vitesse. Ce n’est pas évident parce que dimanche matin, ça fera 10 jours sans trop avoir touché le bateau, ni navigué à pleine vitesse. Il faut assurer les derniers réglages pour être au meilleur niveau dès le début. C’est toujours mieux d’être dans le bon wagon et d’être devant. C’est une bonne source d’énergie. Les milles d’avance pris sur les adversaires… ils sont pris. Ensuite, selon la météo l’élastique peut se tendre ou au contraire se comprimer. Sur une route du Rhum, statistiquement, ça a tendance à se tendre. Même si là, a priori, on devrait avoir un scénario un peu différent avec probablement du portant au départ ».
Victoire lors de la dernière Transat Café l’Or (en duo avec Franck Cammas), victoire lors des 24h Ultim, peut-on parler de maturité du Trimaran SVR-Lazartigue ?
« Nous avons beaucoup gagné en maturité les premières années. Désormais, c’est davantage par petites briques. Mais ça reste essentiel car la concurrence est très intense et très homogène. C’est très sympa car ça n’a pas toujours été le cas en Ultim. Aujourd’hui, c’est très disputé avec les 5-6 premiers bateaux. Ça se joue souvent à des détails, comme sur les petits bateaux, sauf que nous sommes à 30-35 noeuds de moyenne sur tout l’Atlantique. Nous avons atteint un bon niveau et les derniers résultats ont été très bons. Mais il faut réussir à rester dans cette démarche de questionnement car tout le monde progresse. Même à l’échelle de cette Route du Rhum, il faudra garder cet état d’esprit pour progresser de jour en jour ».
Ces détails se retrouvent aussi dans la préparation ?
« L’aspect technique reste central car ça reste un sport mécanique. Mais la gestion de soi est aussi très importante. Pour une course comme celle-là, il faut être en forme et à l’aise pour mener le bateau à son meilleur potentiel pendant toute la course. Mentalement, il faut être bien aligné, être concentré, réussir à dormir etc. Les manœuvres sont compliquées, il faut donc aussi savoir bien manger, bien s’hydrater. Dans tous les domaines, on essaie de regarder ce qui fonctionne bien. Nous nous entourons de personnes qui peuvent nous apporter de nouvelles choses.
Le gros de la préparation physique a été réalisé au printemps avec ensuite un bloc cet été avec à nouveau la montagne au cœur du projet avec du vélo et de la rando qui permettent de bien se dépasser au niveau cardio. J’ai de très bons liens avec Mathis Dumas avec son expérience des expéditions en montagne, un milieu que j’adore.
Depuis 2 ou 3 ans, j’ai un préparateur mental pour être dans les meilleures dispositions, être prêt à m’adapter à tout. Le mental c’est aussi gérer la relation humaine avec une équipe de 20 personnes. Nous avons tous les mêmes objectifs et sommes dans la même démarche de progression et de performance. Mais chacun fonctionne à sa manière. Il faut s’assurer que les objectifs soient vus de la même façon par tout le monde.
Pour la diététique, Nouchka Simic a de très bonnes connaissances sur les différents apports nécessaires pour ce genre d’exercice. On a donc compilé des recettes qui correspondent à ces besoins et j’aurai quelques plats en plus imaginés par le chef Juan Arbelaez. SVR a mis tout ce système en place. J’en suis très content.
Plastic Odyssey, organisation reconnue internationalement pour son travail de lutte contre la pollution plastique, sera visible sur les voiles du Trimaran SVR-Lazartigue ».
Expliquez-nous l’importance de ce partenariat ?
« J’observe et je m’interroge sur l’avenir de notre monde. Selon les endroits dans le monde, cet océan est plus ou moins pollué. Les plastiques dans l’océan, nous les voyons quand nous naviguons. Mais il y a surtout le plastique que l’on ne voit pas. On retrouve ces microplastiques dans la faune et un peu partout dans la vie humaine par exemple dans ce qu’on mange. SVR mène aussi une grosse lutte autour des perturbateurs endocriniens. Ce partenariat avec la présence de Plastic Odyssey sur nos voiles a donc du sens. Il faut éduquer tout le monde. SVR est vraiment dans cette démarche. L’océan est notre terrain de jeu. Moins il y aura de plastique, plus longtemps nous pourrons vivre notre passion et surtout nos enfants pourront en profiter ».
Quel est votre objectif sur cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe ? Gagner ?
« Oui l’objectif est forcément de gagner quand on a une équipe comme celle de SVR-Lazartigue, qui est au plus haut niveau de ce qui se fait en course au large. C’est la finalité. Mais ce que je recherche en priorité c’est retrouver cet état de symbiose que je peux avoir avec un bateau, en solitaire, au milieu des éléments. On développe presque un sens supplémentaire de l’homme. On sent le vent, on sent les mouvements de son bateau, on sent si ça va bien, on n’a pas besoin de réveil, on est vraiment dans un état exceptionnel. C’est ça que je cherche à retrouver. Ces sensations sont uniques, on ne les retrouve nulle part ailleurs dans la vie de tous les jours. Et même en mer, elles sont très rares ».

La Course Bleue Saison 5
Dans leur classe, accompagnés par leurs enseignants, des centaines d’élèves vont également mettre le cap sur la Guadeloupe grâce à la Course Bleue.
Programme pédagogique GRATUIT créé lors de la Route du Rhum 2022, la Course Bleue vit en effet sa cinquième saison à l’occasion de cette édition 2026. Proposé par le fonds de dotation KRESK 4 OCEANS et la Fondation de la Mer, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’opération est destinée à sensibiliser les enfants des cycles 2 et 3, du CP à la 6e, et leurs enseignant, à la protection de l’Océan tout en apprenant les mathématiques, le français ou encore la géographie. Lundi 9 novembre à 15h, les élèves de CE2 et CM1 de l’école Pierre Fermely aux Abymes (Guadeloupe) auront d’ailleurs le bonheur de recevoir Tom Laperche à l’issue de la course.
Depuis juin 2024, ce sont environ 200 000 élèves qui ont suivi la Course Bleue.

Tom Laperche : « J’ai envie de partager avec les plus jeunes. Je suis toujours très heureux de rencontrer les élèves dans les écoles et d’échanger avec eux. Ce programme est un formidable outil pour transmettre aux enfants nos aventures de coureurs au large, des matières scolaires et surtout les sensibiliser à la préservation de l’océan ».
Plus d’infos : lacoursebleue.fr
« Détecter l’invisible »
Une première mondiale sera embarquée sur le trimaran afin de lutter contre les collisions avec les cétacés. Pendant cette Route du Rhum, le trimaran SVR-Lazartigue aura à son bord une technologie capable de détecter les mammifères marins et les Objets Flottants Non Identifiés (OFNIS) en temps réel, en toute autonomie. Ce système, initié par Kresk Développement, le family office de Didier Tabary, propriétaire des marques SVR et Lazartigue, et développé dans le cadre d’un accord avec Thales et MerConcept, représente une avancée majeure dans la lutte contre les collisions avec des mammifères marins et fait écho aux valeurs portées par les marques cosmétiques SVR et Lazartigue, autour de la responsabilité environnementale.
Le team SVR-Lazartigue a réussi à concevoir une interface “homme-machine” permettant au skipper d’obtenir une information exploitable en pleine course. Cette interface transforme les données du système sonar en informations utiles à la prise de décision du skipper, lui permettant un changement de cap en quelques secondes.
« Quand nous naviguons à 40 nœuds, nous pouvons croiser la route d’une baleine sans la voir venir, explique Tom Laperche, skipper du trimaran SVR-Lazartigue. Cette technologie doit nous permettre de détecter l’invisible et de réagir en quelques secondes. C’est une vraie chance de pouvoir l’embarquer et la tester dans des conditions réelles, pendant la Route du Rhum ».

















