VOILE : Golden Globe Race – Damien GUILLOU essuie ses premiers coups de vent à l’approche du cap de Bonne-Espérance
Toujours en tête de la Golden Globe Race après 52 jours de mer, Damien Guillou vient de franchir une nouvelle étape de son tour du monde.
À l’approche du cap de Bonne-Espérance qu’il devrait parer en début de semaine prochaine, le skipper de Solarem a affronté ces derniers jours un premier véritable coup de vent, avec des rafales estimées à 50 nœuds et une mer particulièrement formée. Un premier épisode musclé, négocié sans encombre, qui marque son entrée progressive dans l’univers exigeant des mers australes.
Après plusieurs semaines de navigation dans des conditions relativement clémentes, le changement d’ambiance est radical à bord de Solarem. Contraint de descendre en latitude pour échapper à une zone de hautes pressions peu ventée, Damien Guillou a rencontré ses premières dépressions australes. La première a été franchie sans difficulté majeure, avec un bateau qui n’a montré aucun signe de faiblesse.
« On a eu notre premier coup de vent assez sérieux. Ça s’est bien passé, pas de souci avec le bateau. Je pense qu’on a eu aux environs de 50 nœuds, en tout cas largement plus de 40. J’ai passé le coup de vent sous tourmentin seul, grand-voile affalée. Ça l’a fait nickel ! », raconte Damien, qui doit désormais composer avec une houle importante, parfois difficile à négocier lorsque le vent faiblit.
Le quotidien à bord évolue lui aussi. La température est descendue à 14 °C dans le bateau, l’humidité s’installe et les nuits deviennent plus inconfortables. « Je dors habillé en polaire et ça caille quand même la nuit ! J’ai rajouté des sacs dans ma bannette pour réduire la largeur, parce que je bouge trop. » Des petits ajustements qui témoignent de l’entrée dans une autre dimension de ce tour du monde.
Vincent Riou :
« C’est un peu maintenant que l’aventure commence »
Pour Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe 2004-05, qui suit attentivement la progression du navigateur, cette séquence marque un véritable tournant. « Il a dû faire du sud pour retrouver du vent et, forcément, il s’est fait cueillir par les premières dépressions australes. C’est comme s’il était passé de l’autre côté de la barrière. C’est un peu maintenant que l’aventure commence pour lui ».
Si les conditions météorologiques ont permis à ses poursuivants de réduire une partie de leur retard, Damien conserve l’avantage d’avoir abordé le grand Sud avant ses concurrents. Son positionnement méridional pourrait se révéler intéressant pour la suite, notamment à l’entrée de l’océan Indien, en lui permettant de raccourcir sa route.
Mais le plus exigeant reste à venir. « Il est rentré dans la période dure de sa course. Jusqu’ici, il a connu du beau temps depuis son départ de Bretagne et, d’un coup, il bascule dans l’ambiance des mers australes. Il est rentré dans le pays de l’ombre », résume Vincent Riou.
À bord de Solarem, Damien Guillou garde le sourire et reste serein. Après ce premier coup de vent, un nouvel épisode musclé était annoncé. Le skipper sait désormais à quoi s’attendre : le grand Sud commence à dévoiler son véritable visage.

















