TRAIL : Mile & Stone – Blandine L’HIRONDEL : « Chaque victoire est un émerveillement »
À l’approche de l’UTMB, sur lequel elle figurera parmi les favorites, Blandine L’Hirondel se raconte dans le documentaire simplement intitulé Blandine.
Double championne du monde et lauréate de la Diagonale des Fous l’année dernière, gynécologue devenue pro sur le tard, l’athlète de 35 ans évoque pour Mile & Stone son rapport au doute, la médecine du sport féminin et ses ambitions avant la course autour du Mont-Blanc.
Ton palmarès ne te rend pas plus confiante ?
« A chaque compétition, je me dis que la logique va reprendre le dessus. Je trouverais normal que quelqu’un qui a baigné dans le sport depuis toujours et développé des qualités physiques et mentales soit devant moi… Du coup, ce que je vis depuis mes premières années est exceptionnel. Pour certains, les résultats sont la reconnaissance d’un travail acharné. Moi, chaque victoire est un émerveillement, je cherche toujours à me surprendre ».
Ce film est aussi l’occasion pour toi d’évoquer le sport au féminin, en quoi était-ce important ?
« C’est bien tombé puisque le film couvre une période de reconversion dans la mesure où j’ai mis de côté la blouse et les tenues de bloc opératoire pour me consacrer au sport et à la gynécologie de la femme sportive (notamment via le compte Instagram lagéynecosportive). Ce sujet est de plus en plus reconnu, mais la route est encore longue. Quand je parle de gynécologie du sport, on me demande souvent : « C’est pour que les femmes qui courent pendant leurs règles? » C’est beaucoup plus large. Et cela concerne toutes les femmes, y compris celles qui débutent ».
Pourquoi avoir décidé de passer professionnelle à 100 % depuis deux ans ?
« La raison principale, c’est que je n’arrivais plus à concilier un temps plein de gynécologue avec ma vie de sportive de haut niveau. Un temps plein à l’hôpital, ce n’est pas 35 heures… J’avais commencé à réduire mon activité pour faire du temps partiel, ce qui m’allait très bien. Je faisais une semaine de gardes de 24 heures, ça me permettait de bien m’entraîner. Mais je continuais de faire de l’obstétrique et de la chirurgie d’urgence. Comme dans le sport, pour être performante, il faut pratiquer tout le temps, au bout de 2 ou 3 ans, je voyais que j’étais moins épanouie, j’avais peur, je me demandais si j’arriverais à gérer tous les cas. Parfois on est amené à faire des gestes que l’on pratique rarement… Je devais faire un choix : soit je m’y remettais à fond en faisant une croix sur le sport de haut niveau, soit je me mettais en libéral pour avoir plus de temps. Mais cela nécessitait beaucoup de démarches. J’ai choisi la facilité en ne renouvelant pas mon contrat à l’hôpital et en prenant du temps pour évaluer comment j’avais envie de renouveler ma pratique. Ça m’a permis de passer mon diplôme de médecin du sport et de travailler sur le sujet de la gynéco chez la femme sportive ».
SOURCE : Mile & Stone N°80.









