ATHLETISME : L’explosion dorée de GULIYEC à Berlin
Peu d’athlètes ont emprunté une voie plus peu conventionnelle vers le sommet du sprint européen que Ramil Guliyev.
À l’approche des Championnats d’Europe d’athlétisme de Birmingham 2026, nous revenons sur l’une des plus belles performances en sprint de l’histoire du championnat – Ramil Guliyev qui a décroché un record du championnat du 200 m masculin à Berlin 2018 pour ajouter le titre européen à sa collection croissante de distinctions mondiales.
Le contexte
Né en Azerbaïdjan, Guliyev s’était imposé adolescent comme l’un des meilleurs espoirs européens du sprint, battant le record européen junior du 200 m avant de changer d’allégeance pour la Turquie en 2011. Ce transfert signifiait trois ans d’absence de la compétition internationale, mais sa patience fut finalement récompensée. En 2017, il s’était imposé sur la plus grande scène en remportant le titre mondial du 200 m à Londres, devenant ainsi le premier athlète turc à décrocher un titre mondial de sprint. Ce fut une victoire qui en a stupéfié plusieurs, obtenue en l’absence d’Usain Bolt et à la fin d’une ère du sprint mondial.
Berlin a offert à Guliyev la chance de prouver que son titre mondial n’avait pas été un cas isolé.
Bien qu’il soit arrivé en tant que champion du monde en titre, le titre européen lui avait jusqu’alors échappé. Le 200 m masculin est resté farouchement compétitif, avec le Britannique Nethaneel Mitchell-Blake, l’Espagnol Bruno Hortelano, le Suisse Alex Wilson et le Britannique Adam Gemili tous capables de se battre pour les médailles.
Le record du championnat de 19,85, établi par Konstantinos Kenteris à Munich en 2002, était resté intact pendant 16 ans. Peu de gens s’attendaient à ce qu’elle tombe.
Mais Guliyev avait trouvé sa meilleure forme au moment parfait.
Que s’est-il passé ?
Dès le moment où le coup de feu a tiré, Guliyev a semblé en parfait contrôle. Courant en douceur dans le virage avant de foncer dans la ligne droite finale, la star turque s’est démarquée du peloton avec une aisance remarquable. Il a franchi la ligne en 19,76, retirant le record du championnat de neuf centièmes de seconde et réalisant le deuxième meilleur temps jamais réalisé par un athlète européen, derrière seulement le record continental de longue date de Pietro Mennea de 19,72.
Derrière lui, la bataille pour les médailles restantes se déroulait de justesse.

Nethaneel Mitchell-Blake a décroché l’argent en 20,04, devançant le Suisse Alex Wilson pour le bronze d’un millième de seconde après que les deux athlètes aient reçu le même temps. Bruno Hortelano a suivi de près, quatrième avec 20,05 secondes, dans l’une des finales européennes de 200 m les plus profondes de ces dernières années.
Pour Guliyev, cependant, il n’y eut jamais de doute. Son 19,76 a non seulement assuré le premier titre européen masculin du 200 m pour la Turquie, mais a également établi un nouveau record du championnat qui tient toujours aujourd’hui.
Les conséquences
La victoire de Guliyev à Berlin a confirmé sa place parmi les meilleurs sprinteurs de sa génération. Ayant conquis le monde à Londres l’été précédent, il avait désormais ajouté la couronne européenne grâce à l’une des performances les plus rapides jamais réalisées par un athlète européen. Il a complété une période exceptionnelle de 13 mois qui a marqué le sommet de sa carrière. Aujourd’hui âgé de 36 ans, il continue de représenter la Turquie avec distinction, bien qu’il n’ait pas pu ajouter d’autres titres mondiaux. Son palmarès en championnat reste cependant l’une des performances les plus marquantes de l’histoire des Championnats d’Europe d’athlétisme.
Berlin était plus qu’une médaille d’or de plus. C’est la soirée où Ramil Guliyev a démontré que son titre mondial n’était pas une surprise, livrant une performance d’une qualité exceptionnelle qui a scellé son héritage comme l’un des plus grands coureurs européens de 200 m de tous les temps.
SOURCE : European Athletics.









