TRAIL : Mile & Stone – Le trail espagnol, une réalité économique
Avec plus de 2 000 courses et un nombre de pratiquants qui ne cesse de croître, l’Espagne s’impose comme un acteur majeur du trail running, troisième marché en Europe selon l’ITRA.
Mais derrière cette expansion, le modèle n’a pas encore atteint sa pleine maturité. Entre la Transvulcania le week-end dernier et Zegama Aizkorri ce week-end, Mile & Stone vous en dit plus.
Réalité économique
Du côté des équipementiers, l’Espagne, troisième marché européen derrière la France et l’Italie, est aussi un territoire à géométrie variable. Laura Font, dont l’agence tire 65 à 70 % de son chiffre d’affaires du trail, le dit sans ambages : « Depuis le Covid, les contrats se nouent au projet, moins sur le long terme ». Dans ce contexte, la géographie fait partie intégrante de la stratégie, ce que souligne Sergio Mayoyo : « Hoka a été très intelligent en choisissant de s’implanter non pas à Barcelone, mais à Madrid. Si vous êtes à Barcelone — comme l’a fait Salomon il y a trente ans — votre réseau commercial a plus de difficultés à couvrir l’ensemble de l’Espagne. C’est aussi pour cette raison qu’Adidas a choisi Saragosse pour sa situation plus centrale ».
Le marché reste dominé par les marques historiques : « Hoka est le numéro un aujourd’hui, Salomon toujours deuxième, mais s’oriente davantage vers le lifestyle, tandis que La Sportiva et NNormal sont au coude-à-coude », explique Carla Lozano, dont la société basée à Barcelone distribue La Sportiva en Espagne depuis quinze ans. Lancée en 2022, NNormal « est particulièrement bien implantée en Espagne », souligne Xavier Pocino, la marque bénéficiant de la notoriété de son cofondateur Kilian Jornet et de la puissance de feu de Camper. De nouveaux entrants se fraient également un chemin à l’instar de « Brooks, On et New Balance, qui gagnent du terrain », estime Laura Font, mais également de marques plus urbaines, telles que Satisfy et Mount to Coast, qui s’appuient sur les grandes villes à plus fort pouvoir d’achat pour exister.
Si l’offre augmente, le consommateur reste cependant sensible au prix dans un contexte économique dégradé depuis le Covid. « Les chaussures coûtent le même prix partout en Europe, mais les salaires restent faibles en Espagne, rappelle Carla Lozano. Avec un salaire minimum autour de 1 200 euros et une inflation importante depuis 2020, certaines marques premium peuvent avoir plus de difficultés à trouver leur place ».
SOURCE : Mile & Stone N°74.
















