AUTOMOBILE : Bernadette MOREAU : « La conduite nécessite un strict respect des règles du code de la route »
Le 16e Baromètre VINCI Autoroutes révèle une sur-confiance des conducteurs et des comportements à risque banalisés, sur fond de hausse de la mortalité.
À la veille du long week-end de l’Ascension, période de forte affluence sur les routes, la Fondation VINCI Autoroutes publie les résultats alarmants de son 16e Baromètre de la conduite responsable. L’enquête, réalisée par Ipsos bva auprès de 12 100 Européens, dresse un portrait inquiétant des habitudes au volant, dans un contexte de reprise de la mortalité routière en France, qui a atteint 3 600 tués en 2025 (+2,1 %). Le constat est sans appel : un excès de confiance généralisé et une banalisation des infractions nourrissent l’insécurité.
Un paradoxe persistant : sur-confiance et incivilités
L’étude met en lumière une dissonance cognitive majeure chez les automobilistes français. Si 98 % d’entre eux se décrivent avec au moins un adjectif positif, se jugeant majoritairement « vigilants » (73 %), ils sont dans le même temps 71 % à porter un regard très critique sur les autres, qualifiés d’« irresponsables » (47 %) ou d’« agressifs » (24 %). Cette perception biaisée se traduit par des comportements dangereux et une tension palpable sur les routes.
En effet, 87 % des conducteurs avouent craindre l’agressivité de leurs pairs. Une peur justifiée par des chiffres éloquents : 62 % des Français admettent injurier d’autres conducteurs, 51 % klaxonnent de façon intempestive et 29 % collent délibérément le véhicule qui les précède. Plus grave encore, 13 % n’hésitent pas à descendre de leur voiture pour s’expliquer, transformant un simple trajet en une potentielle confrontation.
Le fléau des distracteurs et de la fatigue au volant
L’ultra-connectivité s’est durablement installée dans l’habitacle, au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires. Pas moins de 77 % des conducteurs utilisent leur smartphone ou programment leur GPS en conduisant. Dans le détail, 62 % téléphonent, dont 16 % avec l’appareil tenu en main, et 29 % vont jusqu’à envoyer ou lire des SMS et des courriels. La conséquence directe est une baisse dramatique de l’attention : 81 % des sondés reconnaissent quitter la route du regard pendant plus de 2 secondes, un laps de temps suffisant pour provoquer un accident.
La fatigue est l’autre ennemi invisible. Plus d’un tiers des conducteurs (35 %) admettent prendre le volant en se sentant très fatigués. Parmi eux, 44 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir et sous-estiment gravement le danger : seuls 23 % d’entre eux jugent cette pratique « très dangereuse », contre 41 % de l’ensemble des conducteurs.
Les jeunes, une population particulièrement à risque
Les conducteurs de 16 à 24 ans cumulent les comportements dangereux, des chiffres à mettre en parallèle avec leur forte mortalité sur les routes (16 % des tués). Près d’un jeune sur deux (49 %) envoie des SMS au volant, 6 % conduisent après avoir consommé des drogues dures (cocaïne, ecstasy, etc.) – soit trois fois plus que la moyenne générale – et 8 % prennent le volant en état d’ébriété. L’usage du smartphone est quasi systématique pour cette génération, avec 89 % qui l’utilisent en conduisant.
Zoom sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur
La synthèse régionale révèle que les conducteurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur se montrent encore moins disciplinés que la moyenne nationale sur plusieurs points clés. Ils sont plus nombreux à injurier (67 % vs 62 %), à ne pas respecter les distances de sécurité (71 % vs 66 %), à doubler par la droite sur l’autoroute (35 % vs 26 %) et à utiliser leur smartphone au volant (79 % vs 77 %).
Face à ce tableau préoccupant, la Fondation VINCI Autoroutes appelle à une prise de conscience collective. « Face aux drames liés à l’insécurité routière qui perdurent d’année en année, tous les conducteurs doivent s‘interroger sur leur propre comportement au volant. En premier lieu, les auteurs d’infractions majeures doivent mesurer les conséquences tragiques de leurs prises de risques inconsidérées mais chacun d’entre nous doit réaliser que la conduite nécessite un strict respect des règles du code de la route et une pleine attention », conclut Bernadette Moreau, Déléguée générale de la Fondation VINCI Autoroutes.
L’étude complète et les actions de la Fondation sont disponibles sur son site internet : https://fondation.vinci-autoroutes.com


















