VOILE : Les entraînements en Class40, un levier de performance devenu incontournable
Avril marque le grand retour à la compétition pour la flotte Class40.
Entre le Spi Ouest-France, la Trin’40 et la PAPREC 600 Saint-Tropez, les premiers milles de la saison ont permis de reprendre les repères et d’évaluer les forces en présence.
Les entraînements en Class40 : un levier de performance devenu incontournable
Alors que la saison 2026 se lance pleinement, la Class40 confirme une évolution de fond amorcée ces dernières années : celle d’une préparation de plus en plus structurée et professionnalisée. Le niveau s’élève, les écarts se resserrent : la performance ne se construit plus uniquement en course, mais aussi et peut-être surtout en amont, à travers des dispositifs d’entraînement collectifs.
Du côté de La Trinité-sur-Mer comme de Lorient ou de Port-Camargue, ces groupes rassemblent skippers et encadrants autour d’un objectif commun : progresser ensemble, partager les données et affiner la maîtrise de bateaux toujours plus exigeants. Dans ce contexte, les stages d’entraînement s’imposent désormais comme un passage incontournable, au cœur de la préparation sportive des projets Class40.
Mikaël Mergui : « Les centres d’entraînement sont devenus une évidence pour performer »
À l’approche de la Trin’40, première grande confrontation de la saison, Mikaël Mergui (186 – Centrakor Hirsch) aborde cette reprise avec lucidité. Retardé par des contraintes techniques en début d’année, le skipper reste néanmoins focalisé sur son objectif majeur : la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.
Originaire du sud de la France, « Mika » a fait le choix stratégique de rejoindre la façade atlantique afin d’optimiser sa préparation en solitaire. « Cette année, il n’y avait pas de programme solo en Méditerranée. Dans la perspective de la Route du Rhum, accumuler du temps de navigation seul était indispensable. » Installé à La Trinité-sur-Mer, il bénéficie d’un environnement reconnu pour son exigence technique et la qualité de ses structures. Il y retrouve notamment Daniel Souben, avec qui il entretient une relation de longue date. « Nous avons longtemps été adversaires. Aujourd’hui, pouvoir travailler à ses côtés est une réelle opportunité ».
Les stages s’organisent autour d’un cadre méthodique : définition des objectifs en amont, séquences de navigation ciblées, échanges en temps réel et débriefings approfondis. « L’intérêt réside dans le partage confirme Mikael. Confronter les réglages et les configurations permet à chacun de progresser plus rapidement ». Dans une classe où le niveau ne cesse de s’élever, ces temps de travail deviennent déterminants. « Il y a quelques années, la progression se faisait essentiellement en course. Aujourd’hui, la préparation en amont est indispensable pour franchir un cap ».
Kito de Pavant : structurer pour exister
Acteur engagé du développement de la Class40 en Méditerranée, Kito de Pavant accompagne le travail de structuration du circuit sudiste. À Port-Camargue, il a récemment encadré un stage réunissant plusieurs unités. Longtemps, les projets méditerranéens ont évolué de manière isolée. Une dynamique que le navigateur s’attache à faire évoluer. « Il était nécessaire de créer un véritable écosystème, avec des temps d’entraînement communs et une logique de groupe ».
Durant trois jours, les équipages ont enchaîné les exercices sous sa supervision : manœuvres, phases de départ, conduite et repositionnement tactique. « L’objectif était avant tout de remettre les bateaux en configuration après l’hiver et de retrouver des automatismes. » Au-delà de la simple remise en route, ces rassemblements répondent à une évolution structurelle de la classe. « Le niveau global progresse chaque année. On ne peut plus se permettre d’arriver sur une course sans préparation préalable ». La diversité des profils, mêlant professionnels et amateurs expérimentés, une caractéristique forte de la Class40, rend ces rendez-vous d’autant plus précieux.
Pep Costa : la force du collectif
Basé à Lorient, Pep Costa s’inscrit pleinement dans cette dynamique collective portée par les centres d’entraînement. Les sessions alternent entre navigations courtes et parcours offshore, en fonction des objectifs du calendrier. « En début de saison, nous travaillons beaucoup les fondamentaux : réglages, manœuvres, vitesse. Puis nous intégrons progressivement des parcours plus longs ». Un récent exercice de 48 heures en solitaire a notamment permis de valider les premiers repères offshore de l’année. Au cœur du dispositif : l’échange permanent entre skippers.
« Le partage d’informations est essentiel. Les données, les ressentis, les configurations… tout cela permet d’accélérer la progression ». Encadré par Tanguy Leglatin, le groupe évolue généralement en flotte réduite, favorisant les comparaisons directes. Ces entraînements ont également un impact psychologique. « La confiance vient avec le temps passé sur l’eau. Plus on navigue, plus on maîtrise son bateau. » La préparation dépasse par ailleurs le seul cadre nautique. « La performance se construit aussi à terre, à travers le physique, le mental et l’organisation du projet ».
Daniel Souben : structurer la performance dans la durée
À la tête du centre d’entraînement de La Trinité-sur-Mer, Daniel Souben observe depuis plusieurs saisons une transformation profonde de la Class40. Depuis 2022, son objectif est clair : créer un collectif structuré autour du partage et de la progression commune : « L’idée était de réunir des skippers avec une ambition commune et une volonté d’échanger. » Le succès du dispositif dépasse aujourd’hui les capacités d’accueil, preuve de l’intérêt croissant pour ces formats.
Au-delà de la performance pure, l’accent est mis sur les fondamentaux : maîtrise du bateau, sécurité et gestion de la vie à bord. « Il est essentiel que les skippers soient à l’aise dans toutes les situations, de jour comme de nuit ».
Les stages intègrent ainsi un travail complet : manœuvres, navigation de nuit, gestion de la fatigue et optimisation des réglages. Parallèlement, l’analyse de données prend une place grandissante. « Les comparaisons entre bateaux permettent d’identifier des axes de progression, même si les moyens restent plus limités que dans d’autres classes ». Malgré un début de saison perturbé pour certains projets, la dynamique reste positive. « Le niveau global continue de progresser. Les bateaux sont mieux préparés, les skippers aussi ».
L’analyse d’Anthony Streicher sur les entrainements à Port Camargue : dans trois jours, Port Camargue a accueilli un stage d’entraînement réunissant huit Class40 pour préparer le début de saison 2026. Une première en Méditerranée, qui marque une étape importante dans la structuration de la classe sur ce bassin.
Sur l’eau, les équipages ont enchaîné speed tests, manœuvres, exercices de départ et parcours variés, avec un objectif clair : retrouver les automatismes et affiner les réglages avant les premières échéances.
Au-delà du contenu, c’est surtout la force du collectif qui ressort. Naviguer à huit bateaux permet de se comparer, d’échanger et d’accélérer la progression, notamment grâce aux débriefings. Comme le résume un skipper : « J’ai gagné 2 mois dans ma préparation ». Un constat partagé par un autre participant : « Pas eu le temps de prendre des photos, on était trop occupés à apprendre plein de trucs… »
Encadré par Kito de Pavant, ce stage illustre une ambition plus large : faire émerger en Méditerranée un véritable pôle d’entraînement en Class40, au service de la performance et du développement de la classe. Une première réussie, qui pose les bases d’une dynamique durable sur ce bassin.
SOURCE : NL Class40 n°38.


















