CYCLISME : Amélie GUICHENEY : « Le vrai sujet n’est plus de vendre plus de vélos »
Alors que les ventes de vélos neufs chutent, leur usage progresse, illustrant un marché qui se tourne vers des solutions adaptées au quotidien.
Après l’euphorie et les records de vente de la période post-Covid, le marché du cycle français marque un net coup d’arrêt. Selon les dernières données publiées par l’Union des Entreprises Sport & Cycle (UESC), l’année 2025 a été difficile pour le secteur, avec un ralentissement notable des achats de vélos neufs. Ce tassement est particulièrement visible sur le segment porteur du Vélo à Assistance Électrique (VAE), qui accuse une baisse de 16 % en volume par rapport à 2024. Le décrochage est encore plus sévère pour les vélos de ville électriques, dont les ventes ont chuté de 29 %. Pourtant, derrière ces chiffres en berne se cache une réalité plus complexe et une transformation profonde des habitudes des usagers.
Un paradoxe révélateur : moins d’achats, plus de pratique
Le principal enseignement de cette nouvelle conjoncture est un paradoxe apparent : si les Français achètent moins de vélos, ils n’ont jamais autant pédalé. Les chiffres de fréquentation des pistes cyclables confirment cette tendance de fond, avec une augmentation de 5 % de l’usage du vélo en milieu urbain sur l’ensemble de l’année 2025. Cette décorrélation entre les ventes et la pratique signale la fin d’un cycle d’équipement massif pour entrer dans une ère de l’usage raisonné et intensif. Les consommateurs, désormais équipés, cherchent moins à acquérir un nouveau vélo qu’à optimiser leurs déplacements quotidiens avec des solutions fiables, durables et adaptées à leurs besoins spécifiques. Le vélo n’est plus seulement un objet de loisir, mais un véritable outil de mobilité.
L’usage comme nouveau moteur de croissance
Certains acteurs ont su anticiper cette mutation et en faire un levier de performance. C’est le cas de l’entreprise GAYA qui, trois ans seulement après son lancement, a réussi à naviguer à contre-courant de la tendance générale. La société a franchi le cap des 10 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et a équipé plus de 12 000 familles avec ses vélos pensés pour un usage quotidien intensif. Pour sa dirigeante, le ralentissement du marché n’est pas synonyme de désintérêt, mais d’une plus grande maturité des consommateurs. « Le ralentissement des ventes ne traduit pas un désintérêt pour le vélo. Ce que nous voyons chez GAYA, c’est une adoption durable, ancrée dans le quotidien des familles. Le vrai sujet aujourd’hui n’est plus seulement de vendre plus de vélos, mais de proposer des solutions adaptées aux usages », commente Amélie Guicheney, cofondatrice et CEO de GAYA.
Vers une réinvention du marché du cycle ?
La réussite de GAYA illustre la conviction que l’avenir de l’industrie du cycle ne réside plus dans la course aux volumes, mais dans une approche qualitative centrée sur les besoins concrets. Les nouvelles attentes des familles et les enjeux de la mobilité urbaine poussent le secteur à se réinventer. La demande se porte désormais sur des vélos plus sûrs, plus fiables et plus économiques à l’usage, capables de remplacer la voiture pour les trajets du quotidien comme les courses ou l’accompagnement des enfants à l’école. En se concentrant sur la valeur d’usage plutôt que sur l’acte d’achat, l’industrie du vélo pourrait trouver un nouveau souffle et consolider durablement la place du cyclisme comme une solution de mobilité incontournable dans les villes françaises.


















