VOILE : Cap sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe !
Après un chantier hivernal, entamé à la suite de son succès dans la Transat Calé l’OR, le trimaran SVR-Lazartigue a été remis à l’eau ce vendredi 10 avril, dans le port de Concarneau, à quelques mètres des ateliers de MerConcept.
La Route du Rhum (départ le 1er novembre 2026) constituera le principal objectif de l’année de son skipper Tom Laperche.
Chaque remise à l’eau marque le départ d’une nouvelle aventure, enrichie des leçons précédentes, surtout après une belle victoire. Rappelons que dans la nuit du 5 au 6 novembre 2025, le Trimaran SVR‑Lazartigue, skippé par Tom Laperche et Franck Cammas, avait remporté la 17e Transat Café l’OR entre Le Havre et Fort‑de‑France en Martinique, l’une des épreuves les plus importantes de l’univers de la course au large. Quelques jours pour ramener le bateau dans son port d’attache à Concarneau et le chantier d’hiver pouvait commencer. Il s’est achevé ce vendredi avec la remise à l’eau. La Route du Rhum, en novembre prochain, mobilisera toutes les énergies dans les prochains mois.
Tom Laperche : « Entrer dans une dynamique de solitaire »
« Tom, comment as-tu vécu cette période de chantier ?
Par rapport à l’adrénaline de la compétition, il faut avoir un peu de patience. En revanche, c’est aussi une période passionnante avec tous les travaux engagés, toute la réflexion, toute la projection pour la suite, tous les échanges avec des personnes très compétentes comme les architectes et les cabinets, tout ce que l’on a fait en simulateur etc. Il y a aussi les échanges avec Franck (Cammas) qui fait partie des meilleurs sur la conception de bateau. C’était super intéressant. Je me suis aussi appliqué sur la préparation physique. J’ai eu des semaines très sportives pour essayer de passer un cran supplémentaire car sur les solitaires et sur ces bateaux, la dimension physique n’est pas anodine. Cela demande une vraie préparation avec vélo, course à pied, séances en salle. J’ai aussi fait pas mal de séjours en montagne avec du ski de rando. J’adore ça. Quand on rêve de faire du large en solitaire, les grands espaces sont forcément attirants.
Que change la victoire sur la Transat Café l’Or, pour toi mais aussi pour tes adversaires ?
Pas grand-chose ! C’est une nouvelle année. Tout le monde a fait évoluer son bateau. Mais le solitaire nivelle aussi un peu la performance du bateau. En effet le résultat dépend beaucoup de la manière dont les skippers gèrent leurs efforts et leur capacité à attaquer. Le fait d’avoir gagné conforte juste ma routine de préparation, l’aspect mental de l’approche de la course et la façon de vivre ces moments. Il faut se servir du bagage de 2025 et transposer en solitaire, ce que nous avons fait en double. Ça ne changera rien non plus pour les autres. Tout le monde se connait. Nous sommes peu, et tous les skippers ont beaucoup d’expérience. Je suis même celui qui en a le moins. Tout le monde est conscient des forces et des faiblesses de chacun. Ils savent très bien ce qu’il faut faire ou ne pas faire. C’est du haut niveau.
Quel est le programme des prochains mois ?
En avril, nous avons deux ou trois semaines de navigation avec le Trimaran SVR-Lazartigue pour valider les évolutions de cet hiver et nous remettre à jour avec la version 2026. Nous irons ensuite avec Banque Populaire et Actual en Méditerranée. Il y aura de belles confrontations. L’objectif sera d’avoir un bateau déjà proche de son plein potentiel. Nous aurons ensuite des opérations de relations publiques à Marseille, Naples, Barcelone et Cascais. Il y aura forcément moins de dimension sportive mais nous allons profiter de ce temps passé sur le bateau pour bien réfléchir aux différents aménagements. Début juin, je ramènerai le bateau à Concarneau, seul, pour la qualification à la Route du Rhum. Au retour, l’objectif sera d’avoir une vraie liste des éventuelles évolutions à faire. Il n’y aura ensuite plus de retour en arrière. On entrera vraiment dans une dynamique de solitaire avec la Route du Rhum dans le viseur.
En juillet, la Drheam Cup nous offrira de belles confrontations en équipage avec les autres Ultim. Fin septembre, à Lorient, les 24h Ultim en solitaire seront un beau galop d’essai qui peut ressembler à un début de Route du Rhum, avec beaucoup de manœuvres à effectuer. Nous aurons enfin un rapide chantier de vérification de tous les systèmes pour que le bateau soit à 100% et tout beau à Saint-Malo pour le départ ».
Nouveaux foils et nouveaux safrans
Les travaux de ce chantier d’hiver ont porté sur deux axes principaux en vue de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe.
Nouveaux foils. Ils doivent permettre d’améliorer le comportement du bateau surtout aux allures portantes. « C’était un axe de progression par rapport aux autres allures notamment au près où le bateau excelle », explique Franck Cammas, directeur sportif et développement. Ces foils offriront plus de stabilité et aideront le travail du solitaire. « Il n’y a pas de grosses différences au niveau visuel mais le travail s’est davantage situé sur les sections et la cambrure ».
Nouveaux safrans. Plus profonds et avec une plus grande surface dans l’eau, ils permettront un meilleur contrôle du bateau. « C’était un facteur limitant car nous ne pouvions pas voler assez haut et avec une bonne attitude sur le nez, explique le directeur sportif. L’objectif de tous ces travaux est d’améliorer la stabilité et donc la performance et d’augmenter notre capacité à mieux contrôler le bateau pour trouver de meilleurs réglages ».
La période du chantier a aussi permis de tout démonter et de tout checker. Des améliorations ont aussi été apportées sur l’aérodynamisme afin de gagner quelques points de trainée et ainsi aller plus vite.
Une mobilisation générale
Si le Trimaran SVR-Lazartigue a rejoint les ateliers de MerConcept à son retour du la Transat Café l’OR, les évolutions avaient été anticipées depuis bien plus longtemps. « Globalement, entre la conception et la construction, les nouveaux foils ont nécessité 18 mois de travail et les nouveaux safrans près de 15 mois, explique Antoine Gautier, chef de projet. Les foils ont été conçus chez VPLP (6 mois avec 2 personnes plus Martin Fischer et Mathieu Durand), et construits chez CDK Technologies (un an avec 6 à 8 personnes). Les safrans ont également été imaginés par VPLP (2 personnes) et construits à 100% chez MerConcept (3 à 4 personnes depuis septembre). Et il y a aussi bien évidemment la vingtaine de personnes de l’équipe SVR-Lazartigue ». Le renfort de la plateforme au niveau de l’arrière des flotteurs pour recevoir ces safrans plus profonds a également mobilisé 4 à 6 personnes pendant trois mois dès le retour du bateau.


















