EQUITATION : La préparation des Bleus en ordre de marche à moins de 4 mois des championnats du monde
A l’occasion du Master Pro, championnats de France de saut d’obstacles, Frédéric Bouix, président de la Fédération Française d’Equitation, Sophie Dubourg, directrice technique nationale, et Edouard Coupérie, sélectionneur national pour le saut d’obstacles, ont effectué un point d’étape sur la préparation des couples de l’équipe de France.
Une Fédération investie pour la performance sportive
Après des Jeux de Paris 2024 réussis, la volonté a été de capitaliser sur les enseignements engrangés pour préparer aux mieux les grandes échéances suivantes, dont les prochains championnats du monde des sept disciplines FEI : Saut d’obstacles, concours complet, dressage, para-dressage, voltige, attelage et endurance.
A la suite de son élection à la présidence de la Fédération Française d’Equitation (FFE), fin 2024, Frédéric Bouix a fait le choix de la continuité en confirmant Sophie Dubourg dans ses fonctions de directrice technique nationale.
“L’héritage des Jeux se mesure aussi sur la volonté d’accompagner au mieux la préparation des collectifs tricolores. Les cavaliers ont bénéficié de soutien de partenaires privés et publics en vue de cette échéance et, si tout n’a pas été conservé, certaines initiatives perdurent, comme le soutien à sept cavaliers de concours complet, de la FFE et d’EquiAction, son Fonds de dotation, qui co-financent avec l’Agence nationale du Sport (ANS) des contrats de Sportif de Haut Niveau, portés par quatre Comités régionaux d’équitation différents (Normandie, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire) qui leur permettent de se concentrer sur leur sport, ou encore le soutien du Crédit Agricole pour le para-dressage”, a mis en exergue Frédéric Bouix.
Le renforcement de l’accompagnement se matérialise aussi par des staffs élargis de façon pérenne : Techniciens, préparation physique et mentale, vétérinaires et maréchaux-ferrants fédéraux pour effectuer un suivi longitudinal, nombreux stages fédéraux, etc. Ces moyens, mis dans des compétences d’experts, participent à la force du collectif. L’accent est mis sur l’échange et le partage entre toutes les disciplines afin de mutualiser les bonnes pratiques.
Un autre moyen de sécuriser les enseignements et la performance est le lancement du Plan Coach 2032, afin d’accompagner la montée en puissance de l’encadrement sportif, y compris chez les jeunes. Sophie Dubourg, directrice technique nationale, a réaffirmé la volonté de la Fédération “d’acculturer tous les entraîneurs privés à la formation continue.” Elle est revenue sur les premières Journées Fédérales des Entraîneurs, organisées en régions, qui permettront d’identifier des relais en région.
Le sport permet également de dynamiser toute la filière. La Fédération a fait le choix d’accompagner des collectifs nationaux dans toutes disciplines et dans toutes les catégories d’âge, dans la continuité des activités proposées par les 9000 clubs adhérents à la FFE.
Une équipe de France unie avec une préparation millimétrée
L’objectif fixé aux staffs fédéraux est de décrocher la qualification directe des équipes de France pour les Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028. Pour cela, il faudra faire partie des sept meilleures nations en saut d’obstacles, concours complet et para-dressage, et des six meilleures en dressage, hors Etats-Unis, automatiquement qualifiés en tant que nation hôte. De plus, les disciplines de la voltige et de l’endurance sont potentiellement médaillables, tandis que les Tricolores poursuivent leur progression en attelage, avec l’intégration de nouveaux athlètes, ce qui permettra de présenter une équipe complète.
Afin de mener à bien cet objectif, le mot d’ordre de la saison 2025 a été l’ouverture des collectifs dans toutes les disciplines afin de permettre à de jeunes athlètes d’engranger de l’expérience. Frédéric Bouix a salué l’implication des organisateurs de concours français qui soutiennent ainsi la préparation des Bleus, relevant notamment l’organisation de grands événements comme le Printemps des sports équestres ou encore trois CPEDI en France en 2026 à Pompadour (19), Fontainebleau (77) et Tremblay-en-France (93). On notera que la France est une nation équestre phare et premier organisateur mondial de concours internationaux.
Le rôle primordial des propriétaires de chevaux, qui font confiance aux cavaliers français, a été mis en lumière, avec l’exemple du haras des Coudrettes d’Emmanuèle Perron-Pette et Armand Pette, investis en saut d’obstacles, concours complet et depuis peu en voltige. Ils sont partie prenante de la performance et s’engagent pour le rayonnement de la France partout dans le monde à travers la signature à venir, pour les couples des listes longues pour les Mondiaux, la signature d’une convention tripartite – propriétaire, cavalier et Fédération – mettant l’accent sur l’importance de la transparence sur les sujets vétérinaires, le respect de l’éthique ou d’un suivi en préparation mentale quand le besoin a été identifié.
Ces listes longues sont actuellement en cours de réalisation par les binômes entraîneurs nationaux/cadres de la direction technique nationale et seront prochainement communiquées. “Les staffs fédéraux sont à l’écoute des besoins des couples et présents pour les accompagner, tant techniquement, humainement que financièrement”, a rappelé Sophie Dubourg qui a donné deux dates à retenir concernant ces championnats du monde : Engagements nominatifs le 6 juillet, avec douze à quinze couples selon les disciplines, et le 26 juillet pour les engagements définitifs (cinq couples).
Le Master Pro, rendez-vous incontournable de la saison sportive
Un focus a été fait sur la discipline du saut d’obstacles, à l’occasion du Master Pro organisé dans le cadre du Printemps des sports équestres, événement mis en œuvre par Sylvie Robert, présidente de GL events Equestrian Sport, et ses équipes.
Les championnats de France, et notamment dans la catégorie Pro Elite, sont un rendez-vous incontournable de la saison sportive depuis plusieurs années. Le staff fédéral encourage fortement les cavaliers à participer et effectue une revue des troupes.
“Avec mon adjoint Olivier Guillon, nous sommes présents pour observer tous les couples, dont certains que nous voyons moins régulièrement. Le championnat Pro Elite propose une épreuve de vitesse le premier jour puis un enchaînement qui se rapproche de ce que nous rencontrons en CSIO, avec une rivière. Pour les sélections par équipes, nous privilégions ceux qui ont pris part au Master Pro, ce qui participe à la valorisation de ce championnat”, précise Edouard Coupérie, sélectionneur national et chef d’équipe.
Il a rappelé que Nina Mallevaey, championne de France Pro Elite en titre, a effectué une demande spécifique avec ses propriétaires, acteurs majeurs du sport et engagés sur le circuit américain de la Major League, et qu’elle a été autorisée à ne pas concourir sur cette étape de sélection.
Les Coupes des nations, épreuves par équipes, seront structurantes jusqu’aux championnats du monde. Concernant sa stratégie pour les prochains mois, Edouard Coupérie a mentionné disposer de deux groupes – des couples aguerris, issus pour certains de l’ouverture faite aux jeunes cavaliers la saison passée, et des cavaliers expérimentés avec des chevaux qui doivent faire leurs preuves – soit une quinzaine de Tricolores.
“Le CSIO 5* de La Baule, avec sa Coupe des nations à domicile, sera l’un des derniers concours importants pour les couples en lice pour les Mondiaux. Il me permettra de jauger de l’état de forme de chacun et je souhaite avoir, à la suite, une idée de sélection élargie pour affiner le programme individuel de préparation des couples identifiés”, détaille Edouard Coupérie, qui a confirmé l’organisation d’un regroupement pour les cinq couples sélectionnés avant le départ pour Aix-la-Chapelle.


















