VOILE : Route du Rhum – Destination Guadeloupe – Une entrée en matière musclée
Si le départ s’est fait sous les meilleurs auspices, les premières 24 heures ont tenu toutes les promesses d’une bonne Route du Rhum – Destination Guadeloupe.
Les premiers incidents techniques et surtout le démâtage de Bleu Blanc Planète Location ont ponctué la matinée mais ont aussi montré que la course avait gagné en intensité et que les concurrents n’étaient pas partis pour une promenade de santé dans les alizés. Résumé de cette première journée de course.
Les faits du jour : chavirage de Francis Joyon (Vintage Multi) et démâtage de Quentin Le Nabour (Class40)
Cet après-midi, Francis Joyon s’est retourné à bord de son ORMA Océans. D’après les premiers éléments fournis par son équipe, le skipper n’est pas blessé. Une opération de secours, en concertation avec la direction de course, a été déclenchée avec le CROSS* de Jobourg et les autorités britanniques. Plus d’informations à venir sur notre site internet et nos réseaux sociaux.
Plus tôt, ce matin Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location) a lui cassé son mât alors qu’il évoluait dans le Top 5 des Class40. Le skipper va bien et n’est pas blessé. Après avoir sécurisé son bateau, il a fait route vers le port le plus proche.
Retour sur les dernières 24 heures
Après un départ plutôt calme, la nuit a fait accélérer la flotte et les pépins techniques se sont enchaînés toute la matinée. Si les catégories des Ocean Fifty et des Vintage Mono semblent pour l’instant épargnées, les autres classes ont toutes connu des revers.
EN ULTIM
Ce matin à 7h52 et à 400 milles au large de la pointe bretonne, alors qu’il se situait aux avant-postes de la course, Anthony Marchand (Actual Ultim 4) a rencontré un important problème technique sur son safran central qui s’est accroché à un élément extérieur et a entraîné un blocage critique du système de barre et une situation d’urgence intense à bord. Le skipper a immédiatement réagi avec sang-froid et maîtrise. « On est le lendemain du départ, c’est le genre de message qu’on redoute d’envoyer”, explique Anthony Marchand. “Ce matin encore, on était dans le match, en 3e position, dans le rythme avec un super début de parcours et des vitesses régulières à plus de 40 nœuds. Puis mon safran s’est accroché à quelque chose : le bateau a brutalement ralenti et fait un 180°”.
Grâce à une coordination étroite et immédiate avec son équipe technique à terre, la situation a été stabilisée en moins d’une heure. Le skipper en sécurité a pu sécuriser son embarcation. Cette avarie ne peut être réparée seul en mer. Le safran endommagé requiert une intervention collective sur un plan d’eau calme. “Je fais route vers l’Irlande”, a précisé Anthony, “à l’opposé de là où on veut aller, j’ai mis la course entre parenthèses. L’objectif désormais, c’est d’aller retrouver l’équipe, de ne surtout pas perdre ce safran, de mettre le bateau en sécurité, de faire un diagnostic et de voir s’il est possible de reprendre la course« .
Une équipe d’assistance technique retrouvera le marin et son trimaran dès demain après-midi en Irlande pour évaluer et réparer. Une décision sera prise à l’issue de cette phase.
EN IMOCA ET VINTAGE MULTI
Après leur collision hier, peu de temps après le départ, Romain Pilliard (Use It Again, Vintage Multi) et Violette Dorange (Initiatives Cœur, IMOCA) ont fait escale à Roscoff pour évaluer les dommages.
Les dégâts sont importants pour Romain Pilliard dont l’équipe technique a pris la route dès la nuit dernière pour Roscoff. Cet après-midi, Romain très déçu, a dû mettre sa course en stand-by. « Il y a une analyse des dégâts à faire qui est assez importante entre le bras avant et le bras arrière. Je ne sais pas si je vais pouvoir repartir. » Il espère pouvoir le déterminer d’ici ce soir.
À bord d’Initiatives Cœur, outre le foil tribord, la structure du bateau a été touchée, ce qui a provoqué une voie d’eau. Ses équipes sont venues la colmater afin de pouvoir ramener le bateau à Lorient pour réparer. “Le choc a été violent, dans cet état, impossible de traverser l’Atlantique”, reconnaît Violette Dorange.
Vidéo de Violette à bord d’Initiatives Cœur juste après la collision
EN CLASS40
Depuis le milieu de matinée, Marco Guerra (Imagin’Act-Socomec) rencontre des problèmes de quille, de voie d’eau et d’électronique. En concertation avec son équipe, il a décidé de faire une escale technique à Port-La-Forêt pour également vérifier des mouvements inhabituels sur la quille. Il est attendu vers 22h.
Le meilleur des vacations : « Sur le fil du rasoir »
Certes, durant les vacations, les skippers sont revenus sur le départ de la veille. « C’était exceptionnel », souligne Louis Burton (Armand Thiery, Ultim). Mais la beauté du moment a vite laissé sa place à une débauche d’énergie de chaque instant. « C’est maniable mais ça a été un départ très intense, ça fuse et c’est tonique », confie Élodie Bonafous (Association Petits Princes Quéguiner). Pour tenir le coup, malgré la compétition, tous savent qu’il faut se ménager. « Le jeu, c’est de parvenir à dormir le plus possible », confie Sidney Gavignet (le Cigare Rouge, Vintage Mono). « J’ai profité du long bord après les îles Scilly pour faire de petites siestes », abonde Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Tous affichent un visage concentré et déterminé, à en oublier presque qu’ils ne sont partis que la veille.
Paroles de skippers : « un bon bord de sanglier »
François Guiffant sur We Explore, Vintage Multi
« Je savais que je n’avais pas beaucoup navigué sur le bateau de Bilou, cette nuit c’est la reprise en main et c’est pas si simple. Va falloir trouver un peu de repos dans tout ça. Un bon début de Rhum sur la route du plancton ! ».
Robin Follin sur Solano, Class40
« Bienvenue sur la Route du Rhum, ça démarre sur les chapeaux de roues avec un bon bord de sanglier à 16, 17, 18, 20 nœuds. On est aux avant-postes, on se régale ! ».
Sidney Gavignet sur Le Cigare Rouge, Vintage Multi
« Salut la terre, ici, la nuit est bien noire, bien longue et bien froide. Mais quel plaisir de progresser si bien sur la route ! En vieux briscard, le Cigare Rouge semble connaître la route, il fait de son mieux dans les vagues, sous spi. Mais nous sommes bien ensemble, Le Cigare et moi. Nous savons que nous allons vers les Antilles ».
La vidéo du jour
En parallèle des nombreuses avaries, de petits moments incongrus se produisent parfois à bord, comme ce pigeon qui a décidé lui aussi de faire la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec Nicolas D’Estais à bord de Café Joyeux.

















