EQUITATION : Championnats du Monde FEI d’Aix-la-Chapelle (GER) – Quentin JABET champion du monde de voltige, le Squad en argent
De la joie, des larmes, des sourires et beaucoup d’émotions : il y en aura eu tout au long de cette journée, aussi bien en voltige qu’en concours complet.
Lors de cette avant-dernière journée de la première semaine des championnats du monde, la France ouvre son compteur de médailles avec de l’or mondial en voltige, dans la catégorie individuelle Hommes. Le seul titre qui manquait encore à Quentin Jabet ! C’est avec Estado*IFCE (propriété de l’Institut français du cheval et de l’équitation), longé par l’écuyer du Cadre Noir Loïc Devedu, qu’il est allé le décrocher. Et pour enfoncer le clou, le squad tricolore décroche également l’argent.
En concours complet, après un cross particulièrement sélectif, l’équipe de France recule à la 6e place, mais deux Tricolores figurent dans le Top 8 individuel. Rien n’est encore perdu : le dénouement se jouera demain après-midi dans le Main Stadium.
Voltige : Quentin Jabet, Loic Devedu et Estado*IFCE sur le toit du monde
Cette journée était très attendue, aussi bien par les voltigeurs et le staff fédéral que par leurs supporters. Car aujourd’hui se jouaient les premiers titres de champions du Monde !
Et Quentin Jabet, associé à Estado*IFCE et longé par Loïc Devedu, l’a fait en décrochant haut la main le seul titre individuel qui manquait à son palmarès ! Après un léger incident hier lors du programme technique, avec un cheval qui était repassé au trot, le trio s’est parfaitement repris et a dévoilé tout son talent dans son programme libre, cet après-midi, dans un Stadium comble.
Cette ambiance, portée par un public venu en nombre, a sans doute aussi permis à notre voltigeur de libérer tout son potentiel, aussi bien sur le plan technique qu’artistique. Et quelle émotion lorsque les notes se sont affichées ! Quentin Jabet passe la barre symbolique des 9 points avec une note de 9,122 aujourd’hui, portant son cumul à 8,794 points.
L’or semblait alors à portée de main, mais il fallait encore attendre le passage du leader depuis hier, le Néerlandais Sam Dos Santos. Avec une note de 8,449 points et un cumul final de 8,508 points à l’issue des trois programmes, le trio français pouvait enfin laisser couler les larmes de joie et se laisser aller aux accolades.
La médaille de bronze est décrochée par l’Allemand Bela Lehnen.
Un titre individuel qui manquait au palmarès de Quentin Jabet, âgé de 23 ans. Déjà vice-champion du monde en individuel en 2022 et 2024, champion d’Europe en 2023 et 2025, ainsi que double vainqueur de la finale de la Coupe du monde ces deux dernières années, il décroche enfin le titre mondial tant convoité.
Mais avant le passage de Quentin Jabet, Ruben Delaunay, associé à Orlof de Condé, propriété de Yannick Kersulec et longé par ce dernier, a été le premier à entrer en piste dans le clan tricolore. Il a une nouvelle fois livré une prestation réussie. Dans la continuité de son programme technique d’hier, il obtient aujourd’hui la note de 8,521.
Au cumul de ses trois programmes, le trio termine ces championnats avec une moyenne de 8,259, qui lui permet de prendre la 5e place du classement final. Une magnifique manière pour Ruben Delaunay de mettre un terme à sa carrière de voltigeur.
Dorian Terrier, associé à Corazon Gran, propriété de Christina Hubert et longé par Benita Golze, a lui aussi régalé le public avec son programme libre, récompensé par une note de 8,469. Avec un score cumulé de 8,247 points à l’issue de ces trois jours de compétition, le voltigeur français termine à une très belle 6e place.
Le squad tricolore, vice-champion du monde
Et pour clôturer cette journée, ce n’est pas une médaille, mais bien deux médailles que la délégation tricolore décroche aujourd’hui en voltige !
Le Squad, composé de Jeanne Braun, Ruben Delaunay, Quentin Jabet, Lambert Leclezio, Tom Menand et Dorian Terrier, associé à Furst Fridolin*HDC (propriété du Haras des Coudrettes) et longé par Sirine Abousaïd, a livré une nouvelle très belle prestation lors de son second programme, comptant pour 60% de la note finale.
Noté à 8,541 points par les juges, le collectif français termine ces championnats avec un score cumulé de 8,200 points et décroche ainsi le titre de vice-champion du monde, comme en 2022 à Herning (DEN) derrière l’Allemagne (8.477 points) et devant l’Autriche (7.9 points). Une excellente prestation pour l’équipe, qui a connu quelques évolutions forcées de composition et associée depuis seulement six mois à Furst Fridolin*HDC !
Demain, ultime journée de cette première semaine des championnats du monde. Une semaine qui s’achèvera avec le second Libre du Pas de Deux, à partir de 9h30.
· À 10h46 en numéro 11 – Théo Gardies et Noély Thibaudat, sur Sir Sensation, propriété de Théo et Mathieu Gardies, Marielle Garcia Gardies et Noély Thibaudat, et longé par Sirine Abousaïd.
La Coupe des nations est quant à elle programmée à partir de 12h. Dans cette dernière épreuve, chaque pays présente une équipe composée de deux individuels et du « squad ». Les deux individuels désignés par le staff fédéral sont Quentin Jabet et Dorian Terrier. Jeanne Braun, Ruben Delaunay, Quentin Jabet, Lambert Leclezio, Tom Menand et Dorian Terrier, sur Furst Fridolin*HDC, propriété du Haras des Coudrettes, longé par Sirine Abousaïd.
Concours complet : Rien n’est perdu avant le saut d’obstacles
35 000 spectateurs avaient fait le déplacement au complexe de la Soers, à Aix-la-Chapelle, pour assister à cette journée de cross tant attendue. Ils n’ont pas été déçus ! De l’avis des cavaliers et des staffs, le parcours imaginé par le chef de piste italien Giuseppe della Chiesa s’annonçait particulièrement sinueux et exigeant. Avec ses 28 obstacles, dont 9 combinaisons, ses 5 600 mètres à parcourir à 570 m/min et son temps optimum fixé à 9 min
50 s, le défi était de taille.
Et le cross a tenu toutes ses promesses. Du premier départ, donné à 9h15, au dernier cavalier en piste en fin d’après-midi, cette journée nous aura fait passer par toutes les émotions.
Premier dans la boîte de départ pour l’équipe tricolore, Benjamin Massié et Figaro Fonroy (propriété d’Aurélie Losin – Groupe 1 FFE), 63e après le dressage, avaient pour rôle d’ouvrir le bal. Malheureusement, la journée de nos quatre mousquetaires n’a pas commencé de la meilleure des manières. À la troisième combinaison, située en numéro 9 du parcours, le couple a chuté, heureusement sans aucune gravité.
Un début d’épreuve déjà riche en rebondissements puisque la Grande-Bretagne, en tête, et la Nouvelle-Zélande, 4e au provisoire, perdaient elles aussi leur premier coéquipier.
La journée s’annonçait donc longue et pleine de suspense, puisque hormis l’Allemagne, les trois autres nations du quatuor de tête, dont la France, n’avaient désormais plus aucun droit à l’erreur.
Un message parfaitement entendu par Alexis Goury et Je’Vall (propriété de Michel Mitius, Fanny Goury et de son cavalier – Groupe 1 FFE), 10es avant de s’élancer sur ce cross. Parti plus que motivé, le couple, qui signait l’an passé la meilleure performance française aux championnats d’Europe de Blenheim (GBR) avec une 6e place, a réalisé une prestation de haute volée. Les 28 obstacles ont été franchis avec assurance et sans difficulté et seuls quelques points de temps dépassé – 6,4 points au total – sont venus s’ajouter au score acquis au dressage, portant leur total à 34,9 points.
Troisième duo au départ de ce cross en début d’après-midi, Gaspard Maksud et Zaragoza (propriété de Martin Thurlow et Jane Young – Groupe 1 FFE) ont poursuivi sur la lancée avec une jument allante et particulièrement à l’aise sur ce parcours. Le couple réalise un magnifique tour, quasiment dans le temps optimum et sans faute aux obstacles, avec seulement 4 secondes de temps dépassé (9’54 pour 9’50). Installé en Grande-Bretagne, Gaspard Maksud signe une très belle performance et peut lever haut le poing sur la ligne d’arrivée !
De quoi redonner de l’espoir à la France avant le passage de son dernier pilote : Nicolas Touzaint, associé à Diabolo Menthe (propriété de Mézard Sports et Françoise Niclaus – Groupe 1 FFE).
Le cavalier angevin, multi-médaillé lors de différents championnats et Jeux olympiques, déjà présent il y a vingt ans lors des Mondiaux sur ce même site et véritable pilier de l’équipe de France, avait une mission claire : rentrer sans encombre. Car sur ses épaules reposait en grande partie le devenir de l’équipe de France. Une responsabilité qu’il sait parfaitement assumer et qu’il a prouvé à maintes reprises.
Le couple boucle finalement son parcours avec du temps dépassé, mais malheureusement, un obstacle frangible est tombé en fin de parcours, sur l’élément C de la combinaison numéro 24. Avec 10,4 points de temps et 11 points pour le MIM tombé, Nicolas Touzaint et Diabolo Menthe, 6es après le dressage, reculent à la 38e place au classement individuel.
Une déception individuelle, mais l’essentiel est préservé pour l’équipe de France, qui reste dans la course avant le dénouement de demain. Car il y aura bien sûr une médaille à aller décrocher, mais également une qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 à aller chercher. Les sept premières nations, à l’exception des États-Unis, déjà qualifiés, décrocheront en effet leur précieux sésame pour cette échéance olympique.
Côté classement individuel, Astier Nicolas, associé à Alertamalib’Or (propriété d’Aliette Forien, Pascal Ravery, Astier Nicolas et Paul Nicolas – Groupe 1 FFE), a lui aussi déroulé un cross parfait. Le cheval, sacré champion du monde à l’âge de 7 ans et né chez Renaud et Marie-Christine de Laurière, n’a concédé que deux secondes sur le temps optimum.
Astier Nicolas réalise ainsi une belle remontée, passant de la 23e à la 8e place au classement individuel avec 31.1 points.
Finalement, ce cross aura rebattu les cartes pour un grand nombre de nations, à l’exception des deux leaders à l’issue du dressage. La Grande-Bretagne, avec seulement trois cavaliers ayant bouclé le cross, conserve sa pole position avec 75,6 points et devance l’Allemagne, qui compte quant à elle ses quatre équipiers toujours en lice, avec 90,4 points au total.
La Suisse, 5e après le dressage, réalise la belle opération du jour en remontant de deux places pour s’installer sur la troisième marche provisoire, avec 106,5 points. Elle ne compte toutefois plus que trois cavaliers en lice.
La France, de son côté, rétrograde de la 3e à la 6e place, avec un total de 113,9 points.
Mais les écarts restent très serrés et tout reste à jouer demain !
Du côté du classement individuel, le multi-médaillé allemand et champion olympique en titre, Michael Jung, associé à FischerChipmunk FRH prend la tête du classement en bouclant l’un des six parcours maxi de l’épreuve, avec un score de 23 points. La deuxième place provisoire revient à la Britannique Rosalind Canter, triple vainqueure du mythique CCI 5*-L de Badminton (GBR) avec Lordships Graffalo. Elle aussi signe un parcours maxi et termine le cross avec un score de 23,4 points. Deuxième après le dressage, la championne d’Europe 2025, Laura Collett (GBR), associée à London 52, recule d’une place (23,6 points).
Deux cavaliers français figurent dans le Top 8 : Gaspard Maksud et Zaragoza sont 7e, Astier Nicolas et Alertamalib’Or 8es. Alexis Goury et Je’Vall pointent quant à eux à la 17e place.
Plus loin au classement, Nicolas Touzaint et Diabolo Menthe occupent la 38e position.
Deux étapes encore importantes attendent demain l’ensemble des couples et des nations encore en lice.
La première aura lieu dès 7h, avec un temps de familiarisation avec la piste en herbe du Main Stadium, avant la seconde inspection des chevaux, prévue à 9h30.
Le dénouement aura ensuite lieu à partir de 13h avec le troisième et dernier test : le saut d’obstacles. C’est l’Allemand Frank Rothenberger, qui officiera également comme chef de piste du saut d’obstacles la semaine prochaine, qui sera chargé de dessiner le parcours.
Ils ont dit – Voltige
Quentin Jabet
« C’est le titre qui me manquait et que j’attendais depuis un bon moment. Mon père m’a justement dit ce matin que les compétitions où j’étais le meilleur étaient les plus difficiles. Ma prestation d’hier m’a rappelé pourquoi j’avais envie d’être là et pourquoi j’avais envie de gagner ce titre. Je suis donc très fier de mon équipe, de mon trio, de Loïc Devedu et de mon cheval. On a réalisé un programme exceptionnel. J’ai pu montrer qui j’étais, je pense,
pendant ce tour. C’est ce qui a fait que j’ai gagné et j’en suis donc très content. Il reste encore potentiellement d’autres médailles à décrocher. Je me suis fait très plaisir. J’étais vraiment focus sur la musique et avec mon cheval. Les sensations étaient géniales et j’ai donné le meilleur de moi-même. Estado*IFCE est champion du monde avec deux voltigeurs différents, ce qui n’est pas si courant dans la discipline. Merci encore à Lambert et à l’IFCE ».
Loic Devedu, longueur d’Estado*IFCE
« C’était encore une fois incroyable, et merci à Lambert Leclezio et l’IFCE de nous avoir prêté le cheval. Le tour d’hier nous a mis une petite claque, ce qui m’a permis de vraiment faire attention et de rester vigilant. Aujourd’hui, tout était juste parfait et nous sommes champions du monde ! ».
Ruben Delaunay
« Après les imposés le premier jour, j’étais loin au classement à la 16e place. J’effectue une belle remontée à la 5e place. Je suis très content de mon cheval et de mon longeur, qui ont fait un très bon travail sur l’ensemble de la compétition. Je suis très fier pour tous ceux qui me soutiennent et pour le staff qui nous entoure. Je me suis fait plaisir sur ce libre, notamment avec la musique que j’avais imaginée pour aller avec. Ma carrière en voltige
s’arrête à présent. J’ai d’autres priorités dans ma vie, je vais notamment poursuivre mes études en intégrant une école d’ingénieur en construction en septembre. Les championnats du monde, avec ceux organisés en 2014 chez moi en Normandie, me faisaient rêver, j’ai désormais accompli ce rêve ».
Dorian Terrier
« J’ai pris beaucoup de plaisir et j’ai cherché à être régulier sur l’ensemble du programme. J’espère avoir montré quelque chose de très joli à regarder, et de différent artistiquement ! Je suis très content de cette semaine et du travail qui a été fait avec le cheval. Le bilan de ces championnats est très positif.
Pour la suite de ma carrière, je ne me suis pas trop projeté. Si je suis convié, participer à une finale de Coupe du Monde, avec un format différent, peut me tenter. Je vais d’abord finir correctement cette semaine avec l’équipe et être le plus performant possible avec mes coéquipiers. Je vais essayer d’emmagasiner le plus d’énergie possible pour l’équipe.
Aujourd’hui, l’ambiance est vraiment magnifique dans le Stadium ».
Tom Menand et Dorian Terrier, membres du Squad
« C’est une très longue journée qui s’achève pour les voltigeurs qui doublent en individuel et en équipe. Dès la détente, nous avons senti la connexion entre chacun. Cela nous a permis d’oublier la fatigue physique et nous avons ensuite déroulé comme nous savons le faire, avec confiance les uns envers les autres. Dans ce Libre, nous avons essayé de rester nous-mêmes et de montrer ce que nous dégageons tous les jours : la joie, la bonne humeur et la convivialité entre nous. Nous sommes très contents d’être vice-champions du monde.
Tout le collectif était vraiment en osmose, aussi bien avec le cheval qu’avec le staff. La médaille de Quentin, juste avant notre épreuve, nous a vraiment soudés. Le cheval était avec nous et nous avons tous pris du plaisir. Nous remercions Emmanuèle Perron-Pette, du Haras des Coudrettes, de nous accompagner dans ce projet et de nous faire confiance avec le cheval. Nous avons énormément travaillé avec lui et ce n’était pas forcément gagné.
Cette médaille d’argent est ce qu’on aurait pu souhaiter de mieux. Nous sommes très fiers du travail de Sirine Abousaïd et du staff auprès du cheval, mais aussi de tout le groupe, avec des changements en cours de saison. C’est un groupe qui s’est recomposé, mais nous avions tous déjà travaillé ensemble, ce qui nous a aidé. Nous avons une pensée également pour Louis et Zoé Da Silva, qui se sont blessés ».
Manon Moutinho, sélectionneuse et entraîneure
« C’est une très belle journée, évidemment, avec deux médailles. Quatre ans après la médaille de Lambert Leclezio, il fallait aller la chercher, surtout après la saison de Quentin.
C’est magnifique et amplement mérité. Il a déroulé un programme magnifique aujourd’hui.
J’avoue que je la voulais aussi pour lui, pour Loïc Devedu. Ils sont passionnés par cette discipline et par le sport. C’est également amplement mérité pour Estado*IFCE. Merci à l’ensemble du staff et à tous ceux qui les entourent et les soutiennent.
Concernant l’équipe, c’était encore plus difficile d’aller chercher une performance, car ils sont beaucoup plus nombreux et il faut que toutes les planètes s’alignent. De plus, cela n’a pas été simple cette année, avec la blessure de Zoé, puis celle de Louis. Cela a créé des émotions, pas forcément toutes joyeuses ou faciles à vivre. Je tiens à remercier Zoé Da Silva, Louis Dumont et Baptiste Terrier, car ils font entièrement partie de l’équipe et cette médaille leur est également dédiée. Ils ont participé à tout le processus et c’est très important. Nous sommes une grande équipe, avec le staff et les neuf voltigeurs. Le cheval est arrivé au sein de l’équipeassez tardivement, donc nous avons géré au mieux. Cette performance confirme aussi les choix que nous avons faits. Cette médaille d’argent, il fallait aller la chercher et il y avait quand même de grosses équipes en face de nous.
Le Pas de Deux a tout pour réussir demain, au regard de leur superbe saison. C’est un honneur de les accompagner dans ce projet.
Dans la Coupe des nations, tout reste encore à faire demain. L’équipe sera la même, avec le même cheval et Sirine Abousaïd à la longe. Ce sont Quentin Jabet et Dorian Terrier qui participeront à la Coupe des nations, au regard de leur régularité cette saison et selon les avis de chacun des membres du staff. C’est une décision collégiale ».
Romain Bernard, chorégraphe
« Je suis très fier des voltigeurs qui sont allés au bout de leur projet artistique. Tout ce que nous avons construit au cours de l’année s’est concrétisé aujourd’hui sur la piste. C’est une vraie fierté en tant que chorégraphe, même si j’ai forcément un petit goût amer au niveau des notes, notamment pour l’équipe, que j’ai trouvé un peu basses. Après, c’est le sport, et les Allemands étaient plus forts. Nous décrochons une belle deuxième place et nous réitérons nos performances de Berne et de Herning. Le titre de Quentin est fabuleux, il a littéralement dansé ! La French Touch, c’est justement le juste équilibre entre des athlètes fabuleux et des danseurs qui ne se limitent en rien dans ce qu’ils sont capables de donner.
Nous travaillons au sol comme si nous étions sur un parquet de danse et, ensuite, ils transposent tout cela de manière magnifique sur le cheval. C’est aussi très culturel. Cela fait des années que nous travaillons comme cela et c’est formidable de les voir s’épanouir avec cette ouverture et cette idée de partage. Ils appréhendent désormais leurs programmes comme de véritables spectacles. Nous avons choisi de fonctionner comme une compagnie de danse. C’était une superbe année ! ».
Sébastien Langlois, entraineur national chevaux
« Mon rôle est d’accompagner les longeurs dans leur travail technique, notamment sur le travail monté et le travail à la longe. À cela s’ajoutent également d’autres activités, comme le travail à pied, mais aussi la gymnastique à l’obstacle. Globalement, je suis vraiment satisfait du comportement des chevaux, parce que ce n’est pas forcément une piste facile, notamment en raison de son environnement extérieur, du public, des décors et des lumières.
Ce n’est pas forcément quelque chose que l’on rencontre en CVI au cours de la saison sportive. Je suis donc vraiment ravi, car les chevaux se sont très bien comportés. Les longeurs ont réussi à rester calmes au milieu de la piste et surtout à garder cette connexion avec les chevaux pour les guider et permettre aux athlètes de performer au mieux.
Dans notre préparation, nous avons la chance de participer aux présentations publiques duCadre noir de Saumur. Pendant la période hivernale, puis à l’approche des grandes échéances sportives, nous mettons justement les chevaux en situation à ces occasions. Je remercie l’IFCE pour cette possibilité. Enfin, il y a une bonne cohésion et un bon collectif en voltige. Nous avons cette capacité à bien communiquer, avec notamment un point tous les
matins aux écuries et le soir également. C’est un vrai point fort ».
Ils ont dit – Concours complet
Benjamin Massié
« Je suis tombé relativement doucement avec Figaro Fonroy. Le cheval va bien et moi aussi. Il était bien mais n’a pas très bien sauté le coffin. Il n’a pas fait un très bon saut et cela lui a un peu coûté. Il l’a quand même franchi donc je pense qu’il s’est un peu inquiété après. Ce qu’il a fait ensuite sur le brush ne lui ressemble pas du tout, et c’était un peu le même profil d’obstacles. Ensuite, il a glissé dans la descente.
Je suis extrêmement déçu pour mes coéquipiers. Je n’ai pas trop les mots et j’espère que cela va aller. J’avais un rôle d’ouvreur que je devais remplir correctement, ce que je n’ai pas réussi à faire ».
Alexis Goury
« Je savais que ce test serait un test taillé pour mon cheval. Je n’avais pas plus de pression dans le sens où je le connais. Cependant il peut se passer plein de choses lors d’un championnat du monde…
J’ai essayé de faire confiance à mon cheval, de prendre du plaisir et de rester relâché. Pour tous les tests, c’est important pour mon cheval qui est sensible. Il peut vite faire un mauvais saut et se crisper, ce qui dérègle la suite. J’avais à cœur de le ménager sur ce parcours pour que tout se passe au mieux. Pour ma part, j’ai pris tous les tracés directs. J’avais une totale confiance en mon cheval, qui était très concentré. Il s’est promené, même si nous avons pris un peu de temps dépassé. C’est une chance de pouvoir monter un cheval d’une telle qualité sur le cross.
Ce tour a confirmé ce que nous avions vu lors des reconnaissances. Le coffin en n°8 et la combinaison qui suit sont à soigner.
Avant de partir, Jean-Luc Force m’a raconté une petite histoire. Aux championnats du monde à Jerez de la Frontera en 2002, Cédric Lyard qui était l’ouvreur était tombé.Jean-Luc était à ma place, en numéro 2, et ils avaient terminé avec la médaille d’argent à la fin ! Il faut rester concentré et continuer à donner notre maximum ».
Gaspard Maksud
« Nous avions pour consigne de rentrer sans faute après l’incident de Benjamin. Alexis a fait son travail et Jean-Luc nous a laissé prendre les meilleures décisions que nous pensions être les bonnes pour nos chevaux. J’ai pris l’option longue sur le coffin, car j’ai voulu assurer; cela me rajoute quelques secondes. J’ai également pris une deuxième option longue en fin de parcours, car c’était important de terminer sans faute. Malgré cela, nous ne prenons que quatre secondes de temps dépassé. Je suis très content, d’autant que Zaragoza était encore en pleine forme après la ligne d’arrivée. Contrat rempli et devoir accompli ! ».
Astier Nicolas
« Mon cheval de 16 ans m’a régalé et a été impeccable. En début de parcours, il n’était pas toujours très attentif, mais il s’est reconcentré assez rapidement. Nous avons tout fait en avançant. Nous avons grandi ensemble et nous avons essayé de taquiner le chronomètre.
C’est un cheval fiable, un partenaire exceptionnel. Nous nous sommes bien préparés avec différents galops et j’en ai bénéficié aujourd’hui.
Pour demain, nous ne sommes plus des jeunes premiers [rires]. Il faut désormais récupérer, passer l’inspection et bien sauter dans le stade. La route est encore longue, alors que tout cela se joue dans 24 heures ! ».
Nicolas Touzaint
« J’ai toujours eu du mal avec les MIM et cela ne va pas me réconcilier avec [rires]. Je suis déçu car le cheval a fait le cross qu’il devait faire. Les consignes étaient d’assurer à tout prix pour l’équipe. J’ai avancé sans prendre de risque. Si j’avais dû jouer une carte pour l’individuel, je serais parti plus vite, mais je voulais tout sécuriser.Mon cheval a été irréprochable. Il connaît son métier et est d’une franchise incroyable. Je me suis régalé et je le connais par cœur. Il a un cœur aussi gros que lui. En fin de parcours, il a sauté un peu moins bien : je touche la première pointe et il décroche la deuxième. Cela fait partie du jeu et il finit très bien. J’ai joué ma carte et je n’ai aucun regret.
Par équipes, les points sont relativement serrés, donc le podium se jouera sûrement demain avec le concours hippique, qui nous donnera la fin de l’histoire. J’aimerais vraiment qu’on ramène une médaille.
Tout le monde s’est serré les coudes après la chute de Benjamin. Mes coéquipiers ont fait des parcours magnifiques. Cela m’a motivé et je ne voulais surtout pas les laisser tomber ».
Jean-Luc Force, sélectionneur national
« Le bilan est un peu mitigé, car il y a quelques petits éléments qui nous pénalisent. Il y a notamment eu l’incident de Benjamin Massié en début d’épreuve, qui ne nous a pas bien lancés. Les autres ont bien couru et ont assuré. Bravo à eux, car c’est une épreuve difficile.
Elle s’est vraiment révélée comme on l’avait imaginée : très sélective, avec la possibilité de faire des choix. Il fallait déjà rentrer, tout en ne prenant pas trop de temps. Concernant Nicolas Touzaint, on ne peut rien lui reprocher. Ce MIM nous fait reculer un peu au classement, mais les cartes ne sont pas encore totalement redistribuées. Demain, il y a encore deux épreuves. De nombreuses équipes ne comptent plus que trois couples, donc ce n’est pas fini. Nous avons de superbes pilotes et de très bons chevaux. Ils ont montré que les Français étaient opérationnels sur le cross. Concernant Astier Nicolas, qui court en individuel, il a fait un tour magnifique ».
Cédric Lyard, adjoint au chef d’équipe et intervenant cross
« Les Français n’ont pas démérité et nous avons manqué d’un peu de réussite. Les cavaliers ont très bien monté. Benjamin est parti en numéro 1 et son cheval a peut-être été un peu ému sur le coffin. Il a tenté, car il aurait pu prendre l’option sur ce brush, mais il avait pour consigne d’aller tout droit partout afin de donner des informations aux autres. Alexis Goury a fait un très beau parcours, alors qu’il n’avait pas un rôle simple. Il prend un peu de temps, mais il a parfaitement fait son travail. Gaspard Maksud, malgré ses deux options, a été très rapide et réalise également un très beau tour. Astier Nicolas a fait un tour magnifique, comme à son habitude. Pour Nicolas Touzaint, le MIM est tombé, mais il aurait aussi pu ne pas le faire. Le cross était vraiment un cross de championnats du monde, avec beaucoup d’options. J’avais prédit cinq parcours maxi, il y en a finalement eu six. Nos cavaliers n’ont pas démérité et on ne va rien lâcher jusqu’à demain ».















