TRAIL : Sierre-Zinal sacre FLOREA et KIRIAGO au terme d’une bataille épique des GTWS
Sierre-Zinal, cinquième manche des Golden Trail World Series (GTWS) et course mythique souvent surnommée la « Cathédrale du Trail », a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses.
Sur les 31 km et 2.200 m de dénivelé positif de cette 53ème édition, disputée au pied de cinq sommets alpins dépassant les 4.000 mètres d’altitude, deux des plus grands noms du trail mondial se sont imposés.
Chez les femmes, Madalina Florea (Scott) a signé l’un des plus beaux succès de sa carrière en décrochant sa troisième victoire de la saison sur les Golden Trail World Series, après ses triomphes sur le Québec Mega Trail (Canada) et Salomon Pitz Alpine Glacier Trail (Autriche). La Roumaine s’est imposée au terme d’une course intense jusqu’aux derniers kilomètres. La tenante du titre, Caroline Kimutai (Salomon), a pris la deuxième place et Morven Goodrum (Windsor Slough Eton and Hounslow) est montée sur la troisième marche du podium.
Chez les hommes, Philemon Kiriago (Run2Gether On Trail) a conservé son titre et remporte une troisième victoire à Sierre-Zinal, après ses succès de 2023 et 2025. Le Kényan a également mené un nouveau triplé de Run2Gether On Trail, comme celui réalisé l’an dernier, devant ses coéquipiers Patrick Kipngeno, deuxième, et Michael Saoli, troisième.
FLOREA FAIT PARLER SON EXPÉRIENCE POUR S’IMPOSER À SIERRE-ZINAL
Madalina Florea a une nouvelle fois démontré toute l’expérience et la maîtrise acquises au cours de ses quatre saisons sur les Golden Trail World Series, en livrant une prestation aussi intelligente que parfaitement exécutée. Face à l’un des plateaux les plus relevés de l’année, la Roumaine a su garder son sang-froid, résistant aux nombreuses accélérations et offensives de ses adversaires.
La redoutable ascension entre Sierre et Ponchette, qui concentre près des deux tiers du dénivelé positif de la course avec 1.355 mètres de montée sur seulement 7,3 kilomètres, a rapidement opéré une première sélection. Morven Goodrum, championne d’Europe en titre de course verticale, s’y est particulièrement illustrée en remportant le segment de montée (1,2 km à 20,9 % de pente moyenne) en 12’12. Autour d’elle s’est alors formé un groupe de tête composé de sa compatriote Kirsty Dickson (Carnethy Hill Racing Club), Florea, Nienke Brinkman (Nike ACG) et Caroline Kimutai (Salomon).
Après Ponchette, les portions roulantes et les faux plats rapides ont donné lieu à une course particulièrement animée, marquée par de fréquents changements aux avant-postes. Goodrum est parvenue à se détacher à plusieurs reprises, mais Brinkman et Florea ont systématiquement réagi pour recoller au groupe de tête. La densité exceptionnelle du plateau féminin s’est également illustrée sur le segment sprint (1,7 km à -0,7 %), où Ruth Gitonga (Run2Gether On Trail) a signé le meilleur temps du jour en 6’08, au terme d’une belle remontée.
Fidèle à son tempérament offensif, Goodrum a multiplié les attaques pour franchir en tête l’emblématique Hôtel Weisshorn. Son avance n’a toutefois jamais dépassé les trente secondes. Sans céder à la précipitation, Florea est restée maîtresse de son effort, convaincue de ses forces et de sa parfaite connaissance du parcours.
Le dénouement s’est joué entre Nava, point culminant de l’épreuve à 2.424 mètres d’altitude, et Barneuza, où débute la longue descente vers Zinal. C’est sur cette section que la Roumaine a porté son attaque décisive. Profitant des portions rapides et rocailleuses précédant la descente, elle a créé un écart que personne n’est parvenu à combler. Derrière, la lutte pour le podium est restée intense, avec de nombreux changements de positions jusque dans les derniers kilomètres.
Florea s’est finalement imposée en 2h55min44s, décrochant ainsi sa troisième victoire de la saison. Dans le même temps, Caroline Kimutai a réalisé une spectaculaire remontée dans la descente, signant le meilleur chrono sur le segment de descente (1,1 km à -24,2 %) en 4’33. La Kényane a ainsi réduit un retard de plus de trois minutes à seulement 45 secondes sur la ligne d’arrivée pour s’emparer de la deuxième place.
Goodrum, qui a payé ses nombreux efforts offensifs, a néanmoins conservé la troisième place à 1min28s de la gagnante, récompensant par un podium mérité une prestation aussi généreuse que courageuse. À souligner également : les six premières concurrentes ont toutes franchi la ligne d’arrivée sous la barre des trois heures.
© GTWS / Koastal Forest
Très émue après son succès, Florea a dédié sa victoire à sa famille et à son équipe. « Je suis tellement heureuse que je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens en ce moment », a-t-elle confié. Ce succès confirme l’excellente dynamique de la Roumaine, déjà lauréate du classement général des Golden Trail World Series en 2025.
« Je n’arrive pas à y croire. J’ai besoin de me réveiller pour vérifier que c’est bien réel. Il y a tellement d’émotions en moi et tellement de travail derrière ce résultat », a-t-elle ajouté, les larmes aux yeux.
Grâce à cette nouvelle victoire, Florea conforte son avance au classement général avec 872 points, contre 614 points pour Kimutai.
UNE NOUVELLE DÉMONSTRATION DE FORCE KÉNYANE À SIERRE-ZINAL
Dès les premiers kilomètres, l’extraordinaire densité du plateau masculin s’est fait sentir, avec plus d’une vingtaine de coureurs regroupés en tête de course. Les premiers écarts se sont dessinés sur le segment de montée, situé à 2,3 kilomètres du départ. L’Allemand Julius Ott (HPC-Trimaster) s’y est imposé, mais le groupe principal, emmené par le rythme soutenu du Britannique Jakob Adkin (New Balance), est resté quasiment intact. Au passage à Chandolin, considéré comme le point médian officieux de la course, les dix premiers se tenaient encore en moins de deux minutes.
Adkin y a franchi le contrôle en tête, mais avec seulement sept secondes d’avance sur Philemon Kiriago et Patrick Kipngeno. Une marge insuffisante face à deux athlètes qui dominent depuis plusieurs années la légendaire « Course des Cinq 4000 ». Le duo kényan n’a d’ailleurs pas tardé à prendre les commandes de l’épreuve. Premier avertissement : le segment sprint, remporté par Kiriago en 4’55, prélude à un nouveau duel de haute volée entre les deux coéquipiers.
Le tenant du titre Kiriago et Kipngeno, considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs du trail mondial de ces dernières années, ont ensuite fait exploser la course. À l’emblématique Hôtel Weisshorn, ils comptaient déjà plus d’une minute et demie d’avance sur leur coéquipier Richard Omaya Atuya ainsi que sur Adkin, dont le départ très offensif commençait à peser dans les jambes.
Le sort de la course s’est finalement joué dans la descente vers Zinal. Kiriago y a une nouvelle fois démontré pourquoi il figure parmi les athlètes les plus complets du circuit. Entre ses qualités de descendeur et la fraîcheur accumulée après avoir fait l’impasse sur la manche autrichienne de la semaine précédente, pendant que Kipngeno luttait pour la victoire, le Kényan a trouvé les ressources nécessaires pour accélérer au moment décisif. Après avoir repris 15 secondes à son compatriote sur le segment de descente, il a encore accentué son avantage pour s’imposer en 2h26min24s.
Kipngeno a pris la deuxième place à 32 secondes, tandis que Michael Saoli a parachevé un nouveau triplé de Run2Gether On Trail en terminant troisième à 3min12s du vainqueur. Illustration parfaite du niveau exceptionnel de cette édition : à peine huit minutes séparaient les treize premiers coureurs à l’arrivée.
Après avoir conservé son titre, Kiriago n’a pas caché son attachement à une course devenue très spéciale pour lui :
« Je suis très heureux de gagner à nouveau à Sierre-Zinal. C’est ma deuxième maison », a-t-il déclaré, faisant également référence aux nombreux stages d’entraînement que son équipe effectue dans la région.
Le Kényan regarde déjà vers l’avenir :
« L’année prochaine, je serais de retour ».
Cette victoire relance également ses ambitions au classement général des Golden Trail World Series. Malgré son abandon à Sierre-Zinal, le Marocain Elhousine Elazzaoui (NNormal) conserve les commandes grâce à ses succès sur Zegama-Aizkorri (Espagne), Ledro Sky Trentino (Italie) et le Salomon Pitz Alpine Glacier Trail (Autriche). Il totalise 824 points, contre 648 points pour Kiriago.
Au classement par équipes, le doublé masculin signé par Philemon Kiriago et Patrick Kipngeno, combiné aux performances de Ruth Gitonga et Miriam Chepkirui, septième et neuvième chez les femmes, a permis à Run2Gether On Trail de remporter également le classement collectif en Suisse, à proximité de sa base d’entraînement de Kals am Großglockner, en Autriche.
CAP SUR L’ASIE POUR LE DÉNOUEMENT DES GOLDEN TRAIL WORLD SERIES 2026
Les Golden Trail World Series entrent dans leur phase décisive avec un triptyque asiatique qui emmènera les athlètes au Japon, en Chine et en Corée du Sud. Ce dernier chapitre de la saison mêlera découverte et tradition, avec deux nouvelles destinations au calendrier, Myoko Trail et Muju Trail, ainsi que le retour d’une épreuve emblématique du circuit : la Jinshanling Great Wall Trail Race.
Le premier rendez-vous est fixé au 20 septembre avec Myoko Trail (Japon). Longue de 23,6 kilomètres pour 1.935 mètres de dénivelé positif, l’épreuve débute sur le circuit des Golden Trail World Series avec un parcours inédit dessiné autour du Suginohara Ski Resort, l’une des destinations de montagne les plus réputées du pays.
Une semaine plus tard, le circuit fera escale en Chine pour une course unique en son genre, disputée sur l’une des Sept Merveilles du monde moderne. Le 27 septembre, la Jinshanling Great Wall Trail Race proposera 22,4 kilomètres et 1.653 mètres de dénivelé positif, offrant aux athlètes une ultime occasion de marquer de précieux points avant la Grande Finale.
Le dénouement de la saison se jouera ensuite en Corée du Sud, qui fera son entrée dans les Golden Trail World Series en accueillant la Grande Finale 2026. Située au cœur de la candidature sud-coréenne aux Jeux olympiques d’été de 2036, Muju Trail offrira un décor aussi spectaculaire qu’exigeant. Le parcours serpente entre crêtes montagneuses, pentes abruptes, forêts de conifères et passages rocheux techniques, tout en traversant des temples bouddhistes centenaires et certains des paysages les plus emblématiques du pays.
Avec 25,6 kilomètres et 2.294 mètres de dénivelé positif, l’épreuve se disputera le 24 octobre pour les femmes et le 25 octobre pour la course hommes. Contrairement aux saisons précédentes, la Grande Finale se résumera à une seule course décisive, au cours de laquelle les athlètes pourront récolter jusqu’à 300 points. Un format qui laisse la course aux titres totalement ouverte jusqu’au dernier week-end de compétition.
















