ATHLETISME : Le célèbre double sprint de Christine ARRON
La France a constitué une collection d’icônes de l’athlétisme.
Mais l’une des plus grandes est Christine Arron, qui a remporté l’or sur 100 m et 4×100 m aux Championnats d’Europe d’athlétisme de Budapest 1998. En vue de Birmingham 2026, qui se déroulera du 10 au 16 août, nous revenons sur 26 moments magiques des Championnats d’Europe d’athlétisme, y compris les performances dominantes d’Arron qui a remporté une double médaille d’or.
Le contexte
Cela faisait 36 ans que la France avait remporté l’or au 100 m messieurs, et aucune Française n’avait jamais remporté le titre européen. Mais lors des deux dernières éditions des championnats, ils n’ont pas eu de difficultés pour les médailles, avec trois médailles d’or et dix au total en 1990, puis quatre médailles d’or avec neuf médailles au total en 1994. Avant 1998, Arron n’avait pas remporté de médaille individuelle mondiale, mais avait participé au 4×100 m qui a décroché le bronze aux Championnats du monde d’athlétisme 1997 en Grèce, derrière les États-Unis et la Jamaïque.

En fait, ce n’est qu’en 1997 qu’Arron a commencé à s’essayer aussi au 100 m lors des grandes étapes, après s’être auparavant concentré sur le 200 m.
Mais lors de ces championnats du monde en Grèce, elle a couru le 100 m au lieu du 200 m et a pris la quatrième place avec 11,05, tandis que Marion Jones, plus tard discréditée par les États-Unis, a remporté l’or. Cette année-là, en 1997, elle avait baissé son record personnel sur 100 m de 11,77 en 1992 à 11,03, se plaçant instantanément parmi les meilleures au monde à seulement 23 ans.
Fait remarquable, Arron a commencé sa saison en plein air en 1998 avec 10,95, battant pour la toute première fois la marque magique des 11 secondes. Elle a ensuite couru sous les 11 ans à six autres fois avant les Championnats d’Europe d’athlétisme cette année-là, se consolidant comme une grande favorite pour la médaille.
Mais elle devait affronter la championne en titre, Irina Privalova de Russie, bien qu’elle n’ait pas encore couru aussi vite qu’Arron cette année-là, réalisant un meilleur temps de 11,04 avant de se rendre à Budapest.
Que s’est-il passé ?
Le premier jour des championnats, Arron a facilité les mouvements pour remporter confortablement sa série en 11,12, le troisième meilleur temps des séries.
Puis, le lendemain, elle est revenue pour les demi-finales, remportant à nouveau sa course mais cette fois avec moins de facilité, tout en restant confortablement avec 10,81, l’Ukrainienne Zhanna Pintusevich prenant la deuxième place derrière elle en 11,00. Après la deuxième demi-finale, remportée par la Grecque Katerina Thanou en 10,92, il a été confirmé qu’Arron était la plus rapide qualifiée tandis que la championne en titre, Privalova, s’est qualifiée quatrième avec 11,02.
Au moment de la finale, Arron a trouvé son chemin vers la voie cinq et s’est installée régulièrement dans ses blocs. Le favori du club, Thanou, a séparé la Française du Russe qu’elle tentait de détrôner. Le coup de feu part, et à 10 minutes Privalova était déjà sortie pour prendre la tête. Il semblait qu’à 50 m, la Russe l’avait fait, elle défendrait son titre avec succès. Mais la vitesse maximale incroyable d’Arron l’a balayant devant ses concurrentes, puis finalement Privalova avec un timing parfait pour la surprendre en remportant la victoire en 10,73.
De plus, elle avait battu le record du championnat et d’Europe en route vers l’or.
Bien que ses championnats ne soient pas encore terminés, elle reviendrait pour le 4×100 m en tant que seule équipe européenne à avoir remporté une médaille au 4×100 m l’année précédente. Mais en finale, la France était derrière l’Allemagne et la Russie lors du dernier relais de la victoire. Privalova, saisissant cette fois l’occasion de vaincre Arron, s’éloigna une fois de plus.
Quelques secondes plus tard, Arron était de retour sur l’épaule de Privalova, de manière similaire à la finale du 100 m qu’elle avait franchie pour décrocher l’or. Mais cette fois, l’équipe allemande a aussi surpris les Russes sur la ligne d’arrivée, propulsant Privalova à la troisième place.

Les conséquences
La France a remporté deux autres médailles aux championnats de 1998, l’argent au 4×100 m masculin et le bronze devant Jean Galfione au saut à la perche. Cependant, lors des éditions suivantes des championnats, la France devint une puissance, un héritage construit sur le succès d’Arron.
En 1999, elle a également fait partie de l’équipe du 4×100 m qui a amélioré son bronze mondial en médaille d’argent, battant notamment les grandes relais Jamaïque et les États-Unis. Puis, en 2002, elle a donné naissance à son premier enfant, avant de revenir sur la piste. Elle a également décroché l’argent au 100 m aux Championnats du monde d’athlétisme en 2003 et 2005, ainsi que le bronze au 200 m en 2005 et au 100 m en 2007. Arron a également mené l’équipe française à une médaille d’or emblématique aux Championnats du monde d’athlétisme 2003 devant un public local au Stade de France.

L’année suivante, elle est retournée en Grèce pour les Jeux olympiques de 2004 où elle a remporté l’or au 4×100 m, sa seule médaille olympique de sa carrière.
Malgré son succès mondial, ce n’est qu’en 2010 qu’elle retrouva son podium européen, où elle décrocha l’argent avec l’équipe 4x100m. Puis, en 2012, elle a annoncé sa retraite du sport à 39 ans car elle souhaitait avoir un deuxième enfant, insistant sur le fait que ce n’était pas parce qu’elle se sentait trop âgée ou qu’elle avait perdu la motivation. Elle a quitté le club avec l’une des plus grandes carrières de toute sprinteuse française de l’histoire.
SOURCE : European Athletics.
















