TRAIL : Mile & Stone – « On essaye de travailler avec l’ITRA »
UTMB Group a annoncé fin avril une mise à jour de son index de performance, « afin d’en renforcer la précision, l’équité et la représentativité ».
Mais derrière la question technique, se cache une autre interrogation : qui doit détenir et administrer l’indice de référence du trail mondial ? Mile & Stone tente d’y voir plus clair.
Il a beau trôner au sommet de l’index UTMB sur longue distance (967), Jim Walmsley n’en restait pas moins critique envers cet outil en décembre : « On voit des différences parfois difficilement explicables entre des scores, cela crée une certaine méfiance et enlève de la crédibilité. Il y a encore du chemin avant que cela devienne un indicateur vraiment légitime« , nous confiait l’Américain après avoir reçu son Trail Running Award d’athlète de l’année 2025, récompense d’une saison au cours de laquelle il a explosé les compteurs au Chianti Ultra Trail by UTMB et aux championnats du monde de trail (médaille d’or sur le long).
Au-delà des ajustements, une autre question s’impose : celle de la coexistence avec l’index ITRA, dont le mode de calcul est quasi identique. « Est-ce qu’il y a de la place pour deux index ? Non. La vraie question, c’est : quel index va créer le plus de confiance auprès des athlètes ?« , estime Anthony Saliou. L’UTMB ne cache pas ses velléités de réunification : « On ne veut pas entrer dans le débat sur quel index est le meilleur, insiste Fabrice Perrin. Notre préoccupation, c’est le manque de lisibilité de notre sport. On essaye de travailler avec l’ITRA et d’autres parties prenantes pour que, demain, il n’y ait plus qu’un index. Tout est discutable, la seule chose, c’est que l’index UTMB est au cœur de notre système de qualification des athlètes sur notre circuit ».
Contactée cette semaine par téléphone, la présidente de l’ITRA, Janet Ng, a botté en touche sur le sujet, nous déclarant « ne pas être en mesure de faire de commentaires pour le moment ». D’autres index existent par ailleurs, comme BeTrail ou la cotation VK trail de la Fédération française d’athlétisme, qui n’entend pas en changer : « Est-ce qu’un index associé à un organisateur, certes majeur, doit s’imposer à tous ? » s’interroge Adrien Tarenne, responsable des pratiques sportives et évolutives à la FFA. « Notre outil nous sert à qualifier les coureurs pour les championnats de France. A-t-on oublié des gens ? Je ne crois pas ».
Les athlètes sont quant à eux favorables à cet exercice de clarification : « On a tous intérêt à avoir un interlocuteur unique, confirme Thomas Cardin. Je serais personnellement plus favorable à une cote ITRA, qui n’est pas un organisme privé« . Même son de cloche du côté de Corinne Malcolm, membre active de la PTRA : « Beaucoup d’entre nous aimeraient voir l’ITRA — ou une entité indépendante — devenir le système de référence. Le fait qu’un organisateur privé soit le principal système de classement pose de nombreux problèmes pour les organisateurs indépendants ». Pour Frédéric Tranchand, « la logique voudrait que World Athletics (la Fédération internationale d’athlétisme) s’empare de l’outil ».
En toile de fond, apparaissent d’autres sujets, comme ceux du classement mondial et de la structuration de la lutte antidopage, ce qui fait dire à Fabrice Perrin : « Tout ne sera pas résolu du jour au lendemain, mais notre responsabilité à tous, c’est d’avancer ».
SOURCE : Mile & Stone N°75.


















