VOILE : 2027, l’année du premier tour du monde à la voile pure par l’Arctique ?
Personne ne l’a encore tenté, il a osé l’imaginer.
Nicolas Marcillaud, navigateur encore méconnu du grand public s’est lancé dans une aventure follement audacieuse : un tour du monde à la voile pure (sans moteur) par l’hémisphère Nord. Pour cette tentative, Nicolas a opté pour un parti-pris radical : donner une seconde vie à un voilier de course existant et l’adapter pour l’Arctique. Condition préalable au grand départ, cet été il emmènera au Groenland Paradox, un bateau spécialement (re)conçu pour ce périple, pour un test grandeur nature.
Le tour du monde par le Pôle Nord, une histoire qui s’écrit aussi vite que le changement climatique…
La fonte des glaces en Arctique ouvre un nouvel océan et libère des rives sauvages. En conséquence de la hausse des températures, au fil des années, moins de glace se forme en hiver et davantage fond en été. Au Nord du Groenland, du Canada ou de la Sibérie, la fonte de la banquise rend navigable la mer qui était gelée.
Les dates clés du tour du monde par l’hémisphère Nord :
1999 : premier tour du monde ininterrompu par le brise-glace Kapitan Dranitsyn.
2010 : Deux équipages effectuent le premier tour du monde ininterrompu en voilier avec moteur.
2007 et 2015 : les deux passages les plus techniques de navigation, le passage du N-0 et du N-E, sont réalisés à la voile par respectivement Sébastien Roubinet et Guo Chuan.
2026 : l’évolution très rapide des conditions de glace permet d’envisager un tour complet à la voile pure.
Les prémisses du projet…
Dès 2021, Nicolas mûrit l’idée de cette navigation épurée, à l’impact environnemental minimal, à la fois un défi aventureux et technique.
Des simulations basées sur les images satellites des glaces et les archives de données météo confirment la faisabilité théorique de cet itinéraire jamais encore tenté. Plusieurs de ses pairs, parmi des navigateurs arctiques renommés comme Sébastien Roubinet ou Thorleif Thorleifsson, partagent son intuition. La préparation commence, avec une expédition aux allures exploratoires. Plusieurs zones du parcours sont encore mal cartographiées. Les deux passages du Nord-Ouest puis du Nord-Est s’annoncent particulièrement complexes en navigation.
Parallèlement, le bateau est choisi pour l’expédition : c’est à bord de Paradox que Nicolas partira faire le tour du monde par le Nord. Convaincu qu’un exploit sportif peut se conjuguer avec une sobriété environnementale ambitieuse, Nicolas fait le choix de donner une seconde vie à un bateau existant, de recourir à du matériel de réemploi autant que possible. Une démarche singulière dans l’univers de la voile sportive et professionnelle.
Nicolas Marcillaud, un navigateur encore méconnu…
“Passer par le Nord, c’est emprunter un raccourci fascinant pour faire le tour du monde à la voile. C’est aussi m’enfoncer au coeur de l’Arctique, rencontrer l’inattendu et m’adapter en permanence : les glaces en perpétuel mouvement, la météo et la cartographie incertaines. Je m’y engage pour être surpris chaque jour et pour tenter d’apprivoiser discrètement cet océan arctique, sans jamais chercher à l’affronter” confie Nicolas.
Diplômé de Sciences Po Paris, Nicolas aurait pu avoir une toute autre histoire. C’est finalement vers le monde de la voile, ou plus précisément, son univers aventureux et exploratoire, qu’il se tourne. Skipper spécialisé dans les hautes latitudes, Nicolas a déjà
Date de naissance : 22 octobre 1994
Parcours maritime :
-2020 : Traversée de l’Atlantique Nord en équipage -2021-22 : Exploration en Arctique, voile et montagne -2022-25 : Navigations en tant que skipper professionnel en Arctique
Paradox, un trimaran de course au destin extraordinaire…
Quel bateau choisir pour un tour du monde par l’Arctique ?
Alors que les bateaux naviguant sur ces latitudes extrêmes sont habituellement choisi en fonction de leur robustesse, Nicolas choisi pour son projet un voilier radicalement différent : un multicoque, par essence léger et sportif. Le cahier des charges est singulier : il doit être rapide, bien toilé pour les longs calmes de l’Arctique, marin pour les deux plus tumultueuses de l’Atlantique Nord, maniable pour se faufiler entre les glaces, échouable n’importe où et surtout, robuste et réparable avec les moyens du bord quoi qu’il arrive.
Nicolas repère Paradox en février 2025. Alors en Sardaigne, ce trimaran de course a déjà vécu de multiples vies : construit en 1997 pour Alan Grace, il remporte dans sa classe plusieurs victoires dont la Round Britain and Ireland et la Fastnet, échappe de peu à la destruction après avoir été éperonné par un autre bateau en 2005, pour finalement revenir sur les podiums et cesser définitivement sa carrière en 2016.
Convaincu d’avoir trouvé le bateau idéal, Nicolas l’achète et le convoie jusqu’à Lorient. Le chantier démarre en août 2025.
La préparation du bateau pour son périple, un chantier d’envergure – Sobriété et réemploi
En chantier depuis presque un an, Paradox a été entièrement mis à nu. L’équipe a patiemment oeuvré pour rénover et renforcer le trimaran. L’objectif : faire de ce bateau de course le véhicule d’expédition idéal pour les eaux du grand Nord. Et avec une contrainte forte : miser au maximum sur du matériel de seconde main. Les enjeux principaux d’adaptation du bateau : simplification des manoeuvres, sa capacité d’échouage, réparabilité, renforts structurels, propulsion humaine, systèmes de sécurité, protection du cockpit, modification gouvernail etc.
Et cet été ? Test en grandeur nature !
Aujourd’hui, l’objectif de préparation de Paradox est quasiment atteint. Après une mise à l’eau prévue début mai, une première expédition en solitaire, dans le nord du Groenland de mi-juillet à mi-septembre 2026, va permettre de mettre à l’épreuve le bateau et les choix techniques. L’enjeu : vérifier le comportement de Paradox en condition arctique, jouer avec les glaces, valider les adaptations et sa capacité à être manoeuvré en solitaire, avant de peaufiner sa mise au point durant l’hiver !
Le projet en résumé
L’objectif : faire le tour du monde par l’hémisphère Nord en 1 saison à la voile pure (sans moteur)
Camp de base du bateau : Lorient
Mise à l’eau prévue de Paradox : 11 mai 2026
Navigation au Groenland pour tester le bateau été 2026
Tentative prévue du tour du monde par l’Arctique : juillet – septembre 2027
EN CHIFFRES
L’ITINÉRAIRE –
9 000 miles nautiques : la distance du tour du Monde par l’hémisphère Nord
3 mois : durée de l’expédition prévue en été 2027
0 : le nombre de fois que cet itinéraire a déjà été réalisé à la voile pure ou en solitaire
LE BATEAU –
Moins de 2 tonnes : le poids de Paradox
10 mètres : longueur de Paradox
30 ans : l’âge de Paradox en 2027 pour son périple de tour du monde !


















