TRAIL : Mile & Stone – Lionel MARSANNE : « On veut que Cimalp reste à sa place »
17 ans après avoir succédé à son père à la tête de Cimalp, Lionel Marsanne a fait de la marque une success-story, récemment doublement récompensée lors du Trophée Meilleure Marque 2026, et forte d’un chiffre d’affaire aujourd’hui de 20 millions d’euros pour une soixantaine de salariés.
Tout n’a pour autant pas été facile pour l’entrepreneur, qui évoque pour Mile & Stone l’histoire et l’ambition de l’entreprise drômoise.
Comment une marque indépendante comme Cimalp fait-elle face à la concurrence de géants du secteur outdoor, comme Salomon, Hoka, Asics et autres ?
« Quand on voit, notamment sur la chaussure de trail, les moyens considérables mis par ces marques, on a l’impression d’être arrivés dans la Formule 1 alors qu’on était en rallye, mais ça nous challenge. Et je considère que dans la vie, il y a toujours des avantages à être petit, ça pousse à penser autrement, à trouver des solutions différentes, à aller sur des plus petits marchés, que ces marques ont moins d’intérêt à investir. A l’inverse, je pense que l’erreur serait de vouloir les concurrencer sur des marchés plus importants, l’ambition n’est pas d’aller sur des univers éloignés, qui feraient perdre un peu de sens à la marque. On veut que Cimalp reste à sa place, c’est-à-dire une marque de montagne. La montagne est extrêmement populaire auprès des jeunes générations, avec énormément de sports, le marché est très dynamique, notamment celui du trail qui a encore de très beaux jours devant lui. Donc on veut rester concentrés sur nos univers, vouloir trop se diversifier peut être un risque pour la marque. C’est d’ailleurs aussi pour ça qu’on est restés à Valence [Cimalp s’est installé en avril dans un nouveau siège social, baptisé Le Refuge, pour un investissement de 10 millions d’euros, NDLR] et qu’on ne s’est pas dit qu’il fallait aller à Annecy ».
Vous avez un team d’athlètes, comment fonctionne-t-il ?
« Nous avons une cinquantaine d’athlètes, dont la moitié de trail, on les choisit avant tout sur l’état d’esprit. Ils viennent chercher chez nous pas spécialement du financier mais un état d’esprit de famille et de cohésion d’équipe. Ils ont tous un peu le même profil psychologique, à l’instar de Maryline (Nakache), à savoir que ce sont des gens humbles qui cherchent à se dépasser et courent sans regarder s’ils sont premiers ou quatrièmes. Ils reflètent bien le profil de nos clients, hyper passionnés et sérieux dans leur pratique, qui ne recherchent pas forcément la performance extrême et les victoires, mais sont intéressés par leur progression, le fait de faire mieux à chaque fois ».
Quelles sont vos ambitions à cinq/dix ans ?
« J’aimerais bien qu’on puisse faire 50 % de notre chiffre d’affaires dans la chaussure, et 50% à l’export, sachant qu’aujourd’hui, on fait 25% hors de France, principalement en Espagne, Italie et Allemagne, trois marchés à peu près équivalents. Si on y arrive, on pourrait approcher des 100 millions d’euros, même si ce n’est pas un objectif que j’affiche, parce que je n’ai jamais voulu mettre de pression sur l’équipe avec des objectifs chiffrés. On veut juste continuer à bien faire notre travail et à développer de beaux produits ; si c’est le cas, les chiffres viendront naturellement ».
SOURCE : Mile & Stone N°70.


















