SKI : Pierra Menta – Harrop et Ravinel renversent la course, Bon Mardion et Gachet s’envolent
À Arêches-Beaufort (Savoie), la 3ème étape de la Pierra Menta a bouleversé le général avec la prise de pouvoir d’Harrop et Ravinel chez les femmes.
La 40ème édition de la Pierra Menta a offert ce vendredi une étape d’anthologie, marquée par le passage mythique au sommet du Grand Mont (2 680 m) où des centaines de spectateurs s’étaient massés. Dans une ambiance électrique, les classements généraux ont été chamboulés, notamment chez les femmes, tandis que les leaders masculins ont consolidé leur avance à la veille de l’arrivée finale.
Bon Mardion et Gachet, la résistance des favoris
Le duel au sommet entre les tenants du titre, William Bon Mardion et Xavier Gachet, et leurs jeunes concurrents, Samuel Equy et Anselme Damevin, a tenu toutes ses promesses. Partis avec seulement 12 secondes d’écart au général, les deux binômes se sont livrés une bataille acharnée. Malgré les attaques répétées de la jeune garde, notamment au passage du Dard et à la Pointe des Besaces, les vétérans beaufortains n’ont jamais cédé.
Le moment décisif s’est joué dans l’ultime ascension, juste avant l’arête où les équipes doivent s’encorder, rendant tout dépassement quasi impossible. Grâce à une manœuvre parfaitement maîtrisée, Bon Mardion et Gachet ont pris les devants pour ne plus jamais être rejoints. Ils franchissent la ligne d’arrivée au Planay avec 1 minute et 18 secondes d’avance sur leurs rivaux du jour, portant leur avantage au général à 1 minute et 30 secondes. « On résiste dans la dernière montée et on creuse l’écart sur la descente. Ça fait plaisir de voir que la relève est là ! C’est ça, une équipe de France : les jeunes sont là pour apprendre aussi. C’est un match fantastique, il reste une journée », a déclaré William Bon Mardion. Son coéquipier Xavier Gachet a ajouté : « On n’a pas voulu laisser la porte ouverte. On se connaît par cœur et ça ne se joue à rien ».
Fair-play, les challengers du jour ont salué la performance de leurs aînés. « Je les remercie, même si on ne gagne pas. On les attaque, ils résistent, reviennent, puis descendent plus vite. Quel bel exemple de combativité ! », a résumé Samuel Equy, tandis qu’Anselme Damevin concluait : « Nos adversaires sont des compétiteurs incroyables qui nous montrent la voie ». Les Italiens Davide Magnini et William Boffelli complètent le podium de l’étape et du général.
Chez les femmes, les Olympiennes renversent la table
Le véritable coup de théâtre de la journée a eu lieu dans la course féminine. Parties avec une confortable avance de 2 minutes et 35 secondes, la sextuple vainqueur Axelle Gachet-Mollaret et sa coéquipière Célia Périllat-Pessey ont connu une journée difficile. Rapidement, il est apparu que le duo n’était pas dans son meilleur jour, Célia Périllat-Pessey montrant des signes de fatigue, forçant Axelle Gachet-Mollaret à utiliser l’élastique de traction.
Pendant ce temps, les Olympiennes Emily Harrop et Margot Ravinel, revanchardes après la chute de cette dernière la veille, ont produit un effort exceptionnel. Après 2 heures et 20 minutes de course, au sommet de la Pointe des Besaces, elles avaient non seulement comblé leur retard mais prenaient virtuellement la tête du classement général pour deux minutes. Sur l’arête du Grand Mont, leur agilité et leur détermination ont impressionné la foule. Derrière, dans un geste de grande solidarité, Axelle portait les skis de sa coéquipière.
À l’arrivée, l’écart est abyssal : Emily Harrop et Margot Ravinel l’emportent avec 7 minutes et 20 secondes d’avance sur leurs concurrentes. Elles s’emparent de la tête du classement général avec une marge de 4 minutes et 45 secondes. Lucide, la reine déchue du Beaufortain a reconnu la supériorité de ses adversaires. « On a trouvé plus fort que nous aujourd’hui, elles sont parties très fort et on n’a pas pu suivre. Mais il reste un jour… », a confié Axelle Gachet-Mollaret. Célia Périllat-Pessey semblait plus résignée : « Récupérer 4’45’’ sur 1800 m de dénivelé, ça va être compliqué, elles sont plus fortes, il faut l’accepter ». Les Italiennes Alba De Silvestro et Lisa Moreschini confortent leur troisième place au général.
Classements de la troisième étape
Hommes :
- William Bon Mardion – Xavier Gachet (FR) : 2:51:08
- Samuel Equy – Anselme Damevin (FR) : 2:52:26
- Davide Magnini – William Boffelli (IT) : 2:57:21 (Le texte source liste Palzer/Maguet en 3e, mais les temps placent Magnini/Boffelli devant. L’article est corrigé pour refléter les temps)
Femmes :
- Emily Harrop – Margot Ravinel (FR) : 3:22:02
- Axelle Gachet-Mollaret – Celia Périllat-Pessey (FR) : 3:29:22
- Alba De Silvestro – Lisa Moreschini (IT) : 3:32:23
Classement général après trois étapes
Hommes :
- William Bon Mardion – Xavier Gachet (FR) : 8:47:31
- Samuel Equy – Anselme Damevin (FR) : 8:49:01
- Davide Magnini – William Boffelli (IT) : 9:02:52
Femmes :
- Emily Harrop – Margot Ravinel (FR) : 10:20:22
- Axelle Gachet-Mollaret – Celia Périllat-Pessey (FR) : 10:25:07
- Alba De Silvestro – Lisa Moreschini (IT) : 10:50:53
Le classement complet est disponible sur le site de Chrono Compétition (https://www.chronocompetition.com/wp-content/glive/g-live.html?f=../2026/PM2026.clax).
Arêches-Beaufort, berceau du ski de randonnée
Théâtre de cette course mythique, Arêches-Beaufort est une station-village située à 20 km d’Albertville, réputée pour son charme authentique avec ses chalets de pierre et de bois. Pionnière dans la discipline, la station a fait du ski de randonnée une partie intégrante de son identité, le rendant accessible à tous grâce à des itinéraires permanents comme « La Trace », et pas seulement à une élite de la compétition.


















