VOILE : Tiphaine RAGUENEAU : « Cette année, j’ai envie de franchir un cap »
Malgré une grave blessure à la main, la navigatrice Tiphaine Ragueneau repart à l’assaut de la Solitaire du Figaro avec une détermination intacte.
Une double vie entre terre et mer
Vétérinaire en milieu rural au quotidien et passionnée viscérale par la biologie marine, Tiphaine Ragueneau n’est décidément pas une femme ordinaire. À 33 ans, la navigatrice originaire de Pornichet mène de front un projet sportif d’une exigence absolue. Après avoir bravé les caprices de l’océan lors d’une première saison d’apprentissage l’an dernier sur le redoutable circuit Figaro Beneteau, elle s’élance à nouveau cette année sous les couleurs d’ORCOM. L’expérience acquise au contact d’un plateau particulièrement compétitif a forgé son caractère et aiguisé ses ambitions pour 2026.
« J’ai vraiment à cœur de faire mieux que l’année dernière et de montrer que j’ai progressé. La première saison en Figaro est toujours une année d’apprentissage : on découvre le niveau d’exigence, la gestion du bateau en solitaire et la densité du plateau. Cette année, j’ai envie de franchir un cap, d’être plus devant dans les classements et surtout de réussir à faire ma course, à assumer mes choix stratégiques et à mettre en application tout ce qu’on a travaillé depuis un an », a déclaré Tiphaine Ragueneau.
Le drame hivernal et la force de la résilience
Pourtant, la préparation de cette nouvelle campagne océanique a été violemment percutée cet hiver. Alors qu’elle s’entraînait intensivement avec le groupe Figaro de Lorient, un terrible incident est venu briser son élan à la sortie du port.
« Alors que je devais être remorquée, nous avons pris une violente rafale et mes doigts sont restés coincés dans un bout entre mon bateau et le zodiac. Cela a entraîné une section d’un tendon et une luxation ouverte. J’ai été opérée en urgence le jour même. Sur le moment, j’ai vraiment pensé que j’allais perdre une phalange, mais les chirurgiens ont effectué un travail incroyable pour reconstruire mon doigt. Aujourd’hui, ils sont plutôt optimistes et pensent que je pourrai retrouver ma force et mes sensations », raconte la skipper avec une lucidité saisissante.
Loin de s’avouer vaincue, la compétitrice transforme cette épreuve en véritable levier stratégique. « Évidemment, ne pas pouvoir naviguer pendant plusieurs semaines est frustrant, mais sur un projet comme le Figaro il y a énormément de choses à travailler en dehors de l’eau : la météo, l’analyse des parcours, les réglages ou encore l’optimisation du bateau. Je profite de ce temps pour préparer la saison différemment et arriver sur les courses avec une autre approche », souligne-t-elle.
L’Everest de la voile en ligne de mire
L’objectif majeur qui anime chaque minute de sa rééducation reste la légendaire Solitaire du Figaro Paprec. Le coup d’envoi de ce marathon des mers sera donné le 17 mai 2026 à Perros-Guirec, avant de faire escale à Vigo en Espagne, puis de revenir sur les terres de la navigatrice, à Pornichet, à la fin du mois de mai.
« La Solitaire est une course unique. Les bateaux sont quasiment identiques, donc la différence se fait vraiment sur le marin : les réglages, les choix stratégiques et la manière dont on gère le bateau et soi-même sur plusieurs jours. C’est une compétition extrêmement exigeante, mais aussi une aventure incroyable. On vit des moments très intenses, parfois difficiles, mais aussi des instants magiques sur l’eau. C’est ce qui donne envie d’y retourner. Cette année, il y a de grands skippers qui reviennent, Yoann Richomme, double vainqueur de l’épreuve, ou encore Nicolas Lunven… Se retrouver avec eux sur les mêmes courses et sur la même ligne de départ est forcément un peu impressionnant. Ce sont des skippers qui ont fait le Vendée Globe ou qui ont déjà gagné la Solitaire, donc ils connaissent parfaitement cette course. Mais c’est aussi très motivant de pouvoir se mesurer à eux. Et puis en voile tout peut arriver : on est tous humains ! », s’enthousiasme la navigatrice pornichétine.
Un calendrier haletant et un partenaire engagé
Avant d’affronter les ténors de la course au large, Tiphaine Ragueneau va retrouver le frisson de la compétition dès le 28 mars lors du Trophée Laura Vergne, à La Trinité-sur-Mer, une épreuve disputée en équipage avec de jeunes marins de l’APCC de Pornichet. Elle enchaînera avec le prestigieux Spi Ouest-France Banque Populaire Grand Ouest début avril, avant de s’aligner sur le Trophée Banque Populaire Grand Ouest à Concarneau mi-avril. Pour cette course en double, elle partagera la barre avec le médaillé olympique et expert du circuit, Pierre Leboucher.
Pour soulever des montagnes et repousser ses limites, la navigatrice peut compter sur le soutien indéfectible de son partenaire historique. Présent depuis six ans sur le circuit, le groupe ORCOM (www.orcom.fr) accompagne ce projet ambitieux pour la deuxième année consécutive. Acteur majeur français de l’expertise comptable, de l’audit et du conseil, fort de ses 1 650 collaborateurs et de ses 160 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise partage avec sa skipper des valeurs fondamentales d’engagement, de dépassement de soi et de performance. Une alliance puissante pour conquérir les flots et transformer chaque tempête en opportunité de victoire.
















