VOILE : NL Class40 n°35 – Une dynamique collective affirmée
À l’aube de la saison 2026, plusieurs skippers entrent dans une phase clé de leur projet.
Changement de bateau, bateau neuf ou arrivée dans la classe, ces différentes trajectoires racontent toutes une même chose : l’envie d’être sur la ligne de départ le 1er novembre prochain pour la Route du Rhum Destination Guadeloupe. Focus sur quatre projets qui illustrent cette dynamique.
Thomas Lurton, un nouveau cap assumé
Pour le skipper de Quiberon, la saison 2026 est clairement tournée vers la Route du Rhum. “Tout le programme s’articule autour de cette échéance”, explique t’il, bien décidé à monter progressivement en puissance au fil des courses du calendrier Class40. Après deux saisons passées à bord du Class40 n°100, le changement de support s’est imposé comme une évidence. Habitué des bateaux pointus, il a fait le choix de passer sur un scow, le Class40 n°166 (ancien Crosscall).
“J’avais le sentiment que mon côté compétiteur ne pouvait plus s’exprimer pleinement. Ce changement répond à une vraie envie de franchir un cap”.
Dans une classe ou “le niveau est aujourd’hui extrêmement élevé”, Thomas Lurton souligne la professionnalisation croissante de la Class40, tant sur le plan technique que sportif. Conscient de l’opportunité que représente ce nouveau bateau, il assume désormais une ambition claire : “Aujourd’hui, je n’ai plus d’excuse, l’enjeu est de rester dans la groupe principal et de performer sur la durée.”
Axel Tréhin, construire pour performer
Engagé de longue date en Class40, Axel Tréhin aborde 2026 avec un projet aussi ambitieux que rare : la construction de son propre bateau, un Lift V3, avec la Route du Rhum Destination Guadeloupe en ligne de mire. Un défi avant tout collectif : « Ce bateau n’est pas que le mien, il y a énormément de monde qui travaille dessus, notamment l’équipe de Marc Lombard et Gepeto », souligne-t-il.
La construction avance selon le planning, avec une phase clé actuellement en cours : la mise en peinture. « On a volontairement pris le temps sur le pont, pour être sûrs que tout soit prêt avant de peindre », explique le Morbihannais.
L’assemblage pourra ensuite s’accélérer : « On a quasiment tous les éléments, maintenant c’est un gros puzzle à mettre en place ». Si le bateau sera prêt sportivement, le défi est aussi économique. « Mon premier objectif, c’est déjà de pouvoir être au départ des courses », confie Axel Tréhin, avant d’assumer pleinement la suite : bien figurer au classement et exploiter tout le potentiel de son Class40. Dans une flotte toujours plus relevée, il se montre enthousiaste : « Plus il y a de niveau, plus on est challengé, et plus les performances sont intenses émotionnellement à vivre ».
Matéo Le Calvic, apprendre et voir plus loin
À 25 ans, Matéo Le Calvic franchit une nouvelle étape en rejoignant la Class40, après quatre années en Classe Mini. « Ce qui me plaît dans la course au large, c’est de pouvoir aller loin, de jouer des coups météo, de ne pas rester coincé entre les cailloux », explique-t-il. Un état d’esprit qui l’a naturellement conduit à passer sur un bateau plus grand, tout en conservant son partenaire principal, l’AFPF.
Le skipper a rapidement trouvé son support, le Class40 n°185, signé aux Antilles pour optimiser l’entraînement hivernal. « Les choses sont allées très vite, en quatre jours le bateau était signé », raconte-t-il. Accompagné de son co-skipper Pierre Boulin, il aborde cette nouvelle aventure avec humilité.
Pour lui, la Class40 est « la cour des grands », une classe homogène et compétitive où « chaque détail permet de jouer sur la performance ». Son programme 2026, dense et formateur, doit avant tout lui permettre de gagner en maturité au large : « L’objectif, c’est de prendre en main le bateau et de le faire marcher du mieux possible ».
Alexis Loison, un nouveau défi de haut niveau
Récent vainqueur de La Solitaire du Figaro, et de la Rolex Fastnet Race, Alexis Loison rejoint la Class40 avec l’ambition de se confronter aux autres pointures de la classe. Habitué du très haut niveau, il vient chercher en Class40 un nouveau terrain de jeu, dans une flotte dense où la concurrence est rude. « J’ai choisi la Class40 pour plusieurs raisons. En plus d’être une classe dynamique, son niveau est très élevé et elle permet l’accès à des courses prestigieuses comme la Route du Rhum, la Transat Café L’Or, mais aussi à des épreuves très disputées aux formats variés, comme la Normandy Channel Race ».
S’il arrive dans cette classe avec beaucoup d’humilité, Alexis Loison peut s’appuyer sur une solide expérience en course au large. « Même si je me sens complètement bizuth en arrivant dans cette classe, j’ai quand même trois transats, deux Normandy Channel Race et un aller-retour aux Açores. Je sais un peu à quoi m’attendre. »
Les Class40 sont réputés pour être des bateaux très physiques, où la moindre erreur se paie comptant. Anticipation, précision et endurance sont essentielles pour en exploiter tout le potentiel. « Il faut savoir très bien anticiper les manœuvres, notamment les changements de voile. Les carènes scow tapent énormément à certaines allures, mais ce sont aussi des bateaux extrêmement rapides. Je m’attends à de sacrées sensations à bord de ce petit monstre »
Pour cette première saison, Alexis Loison affiche des ambitions élevées. Son objectif principal est clair : viser le podium sur la Route du Rhum. Une performance qui passera par une préparation méticuleuse. « L’idée est d’arriver avec un bateau prêt techniquement, calibré et fiabilisé. La préparation sera la clé ».
Au-delà du défi sportif, Alexis Loison se reconnaît pleinement dans l’esprit de la Class40. « Même si les bateaux sont très différents en termes de design, j’ai le sentiment que ce sont avant tout les marins qui font la différence, et c’est quelque chose auquel je suis très attaché ».
Globe40 : les Class40 à l’épreuve des mers du Sud
Engagés sur le Globe40, les skippers ont confronté leurs Class40 à des conditions parmi les plus exigeantes de la planète. Les retours confirment la solidité, la stabilité et le potentiel de performance des bateaux.
Djemila Tassin, un bateau rassurant et performant
À bord de Belgium Ocean Racing – Curium, (Lift V2 – plan Lombard), Djemila Tassin, qui faisait duo avec Benoît Hantzperg lors de la quatrième étape, a pu juger la performance du Class40 entre Sydney et Valparaíso.
« Le bateau s’est super bien comporté. La houle était longue et rangée, donc il n’y a pas eu de situation casse-bateau ».
Si une avarie est venue rappeler la difficulté de l’exercice, avec la casse d’un spi lors d’un planté, le reste du parcours s’est déroulé sans incident majeur. « Le bateau était super bien préparé. Pour le reste, ce n’était que des petits détails d’usure normale ».
Dans ces conditions exigeantes, l’engagement est total. « Pendant les dépressions, le bateau allait très vite, avec des moyennes élevées. La tension est permanente, et ce n’est pas simple de se reposer », confie la skipper.
Sur le plan technique, le Lift V2 s’est montré rassurant. « J’ai été vraiment surprise par la stabilité du bateau. » Capable d’évoluer dans la mer forte avec de la toile, il a permis de rester proche de son potentiel : « On restait à plus de 90 % des polaires, sans jamais passer en mode survie. »
Antoine Carpentier, entre puissance et gestion
À bord de Crédit Mutuel, (MAXI 2 – plan David Raison), Antoine Carpentier a retrouvé des sensations proches de celles vécues en multicoque.
« On intègre très vite que les bateaux sont limités par l’état de la mer, et pas forcément par la force du vent ».
Les scow peuvent tenir des moyennes très élevées même dans une houle courte. « Le record a encore été battu, alors que les conditions n’étaient pas parfaites ».
Face à cette puissance, la gestion reste primordiale. « Les bateaux sont très puissants, il faut savoir lever le pied. » Côté vie à bord, le quotidien reste éprouvant : « Tout devient compliqué : écrire un mail, faire un café, manger ou dormir ». Un engagement total, à l’image de ce que la Globe40 impose aux skippers et à leurs bateaux.
L’ACTUALITÉ DU MOIS
27 Janvier : Legallais Team Voile a remis un chèque de 10 000 € à la Fondation du CHU de Caen, en soutien à ses actions en faveur de l’amélioration de l’accueil et de la prise en charge des patients.
28 Janvier : Maccaferri Futura présente son programme 2026, avec la Route du Rhum et le championnat Class40 comme objectifs majeurs, et l’arrivée d’Alberto Bona et Francesco Bruni aux côtés de Luca Rosetti.
5 Février : Goulven Marie et Jean-Pierre Coutayar seront en duo cette saison à bord du Class40 n°98.
5 Février : Le Class40 Les Invincibles est actuellement en chantier chez NautyMor à Hennebont. Au programme : refit complet, optimisations de performance et d’ergonomie, avec une remise à l’eau prévue début mars.
6 Février : RTsys Group renouvelle son soutien pour la saison 2026, aux côtés du projet Les Invincibles de William Mathelin-Moreaux, avec la Route du Rhum en ligne de mire.
7 Février : Ouverture des inscriptions pour la Paprec 600 Saint-Tropez. (lien)
9 Février : Le Class40 VSF Sports a été remis à l’eau à Lorient après son chantier d’hiver.
14 Février : Le Class40 Amarris a retrouvé l’eau pour son grand retour. Derniers jours de préparation avant de mettre le cap sur le Portugal pour un stage d’entraînement intensif.
17 Février : Le Class40 Solano s’élancera le 23 février sur la Caribbean 600, avec Robin Folin, accompagné de Pierre Quiroga et Maxime Bensa, pour un tour des îles des Caraïbes.
18 Février : Jules Bonnier naviguera en Class40 pour la saison 2026 sous les couleurs de Plastic Odyssey.
19 Février : Départ de la 5ᵉ étape depuis Valparaíso ! Soleil et brise au rendez-vous pour les Class40, cap au sud vers le mythique Cap Horn avant de remonter l’Atlantique Sud en direction du Brésil.
20 Février : Le chantier Neo Sailing Technologies lance la construction du Class40 d’Alexis Loison. Après 20 ans sur le circuit Figaro, Alexis passe au Class40 avec un bateau sur mesure signé Lombard
22 Février : Escale technique forcée au Chili pour Belgium Ocean Racing – Curium. Victimes de deux avaries majeures (drisse de J1 rompue et chariot de grand-voile hors service), Jonas Gerckens et Corentin Douguet, leaders de la Globe40, ont dû se dérouter vers les côtes chiliennes seulement trois jours après le départ de la 5e étape.
23 Février : Départ de la RORC Caribbean 600 pour un parcours de 600 milles dans les Caraïbes. (la cartographie).
24 Février : C’est reparti pour Jonas Gerckens et Corentin Douguet qui ont repris la mer à bord du Class40 Belgium Ocean Racing – Curium. Cap de nouveau sur le mythique Cap Horn pour la suite de cette 5ᵉ étape du Globe 40.


















