BEACH VOLLEY : PLACETTE et RICHARD au rendez-vous des JO
Dans une ambiance survoltée au stade Tour Eiffel, Lézana Placette et Alexia Richard ont parfaitement entamé leurs JO en battant les Allemandes.
Côté masculin, Arnaud Gauthier-Rat et Youssef Krou auraient sans doute rêvé d’une meilleure entame pour leurs débuts olympiques.
Le soutien du public français, clairement une des bonnes surprises de ce début des Jeux Olympiques sur tous les sites de compétition, est une arme à double tranchant. S’il permet à certains de se surpasser, comme l’a par exemple raconté dimanche la judokate Amandine Buchard, qui s’en est servie pour aller arracher sa médaille de bronze, il peut aussi parfois paralyser, ce qui a été le cas lundi pour Youssef Krou et Arnaud Gauthier-Rat.
Opposés pour leur premier match des Jeux dans la poule F aux Américains Miles Evans et Chase Budinger, contre lesquels ils restaient sur trois victoires consécutives sur le Beach Pro Tour, les n°1 français n’ont jamais réussi à se libérer. Breakés d’entrée (3-7), malgré les bruyants « Allez les Bleus ! » descendant des tribunes du stade Tour Eiffel, ils ont livré un début de match crispé. Hormis lorsque, menés de dix points (7-17), ils sont revenus à cinq longueurs sur une bonne série au service de Youssef Krou (12-17), mais les Américains, supérieurs au service et au contre, grâce à l’ancien joueur de NBA qu’est Chase Budinger, ne se sont pas désunis pour remporter ce premier set (14-21).
Le début de deuxième a été plus équilibré pour les Bleus, mais une nouvelle fois, Budinger leur a fait mal au contre, permettant aux n°13 mondiaux de se détacher (6-12). Les Français ne les reverront plus, s’inclinant finalement 11-21 dans cette deuxième manche à sens unique. Au moment de commenter ce net revers, Arnaud Gauthier-Rat ne cachait pas que l’aspect émotionnel leur avait été fatal : « Quand tu rentres et que tu as 15 000 personnes qui crient pour toi, c’est très bien, mais tu ressens beaucoup d’émotion, tu es un peu déphasé, on n’est pas habitués à ça, c’est quelque chose en plus à gérer. »
« Entre l’émotion liée à ce premier match qu’on attendait depuis pas mal de temps et nos difficultés à s’adapter au terrain, on est passés à côté, ajoutait Youssef Krou. Il y a eu très peu de blocs de notre part, beaucoup d’aces de la leur, ils ont réussi à nous mettre en difficulté dans ces deux domaines. On n’a pas joué notre jeu. Maintenant, c’est passé, il faut réussir à switcher et à exprimer notre jeu demain. » Effectivement, les deux Bleus, qui ont vécu une sorte de bizutage olympique, n’ont pas le temps de ruminer cette défaite, puisque les attend dès mardi un affrontement contre les Espagnols Pablo Herrera/Adrian Gavira.
Le premier, 42 ans, est une légende du beach, puisqu’il dispute à Paris ses sixièmes Jeux consécutifs, médaillé d’argent à Athènes… en 2004 ! « Aujourd’hui, ce n’est plus une question de savoir si nos adversaires sont prenables ou non, sourit Arnaud Gauthier-Rat. On n’est pas dans de la stratégie, il faut juste qu’on arrive à être relâchés pour jouer notre beach-volley. C’est là qu’on va voir si on est bons ou pas, si on est capables de basculer rapidement d’un match où on est passés à côté à, dès le lendemain, un deuxième où on doit se servir de ce soutien pour qu’il devienne un avantage et non un inconvénient. » On n’aurait pas dit mieux.
Après les défaites inaugurales des paires Aline Chamerau/Clémence Vieira, dimanche, et Youssef Krou/Arnaud Gauthier-Rat, lundi après-midi, le beach-volley tricolore a débloqué son compteur sur les Jeux Olympiques, grâce à la victoire dans la soirée, dans une atmosphère une nouvelle fois bouillante (dans tous les sens du terme), de Lézana Placette et Alexia Richard sur le duo composé de la championne olympique de Rio, l’expérimentée Laura Ludwig (34 ans), et de Louisa Lippmann (29 ans).
Nullement perturbées par le contexte et la taille de ce stade qui intimide certains, les deux Françaises ont su d’entrée puiser de la force dans le public pour prendre les devants (4-2), avant de creuser l’écart en jouant l’intelligence de jeu et les espaces vides sur le terrain (8-3). Présentes en défense sur tous les ballons, elles bouclent la première manche (21-14), avant de prendre le score au début de la deuxième (8-5) et de se diriger vers le money-time en confiance, portées par une bonne qualité de service (18-14).
Les Allemandes ne l’entendent pas ainsi et se rebellent, inversant le score pour se créer une balle de set (19-20), aussitôt effacée par les Bleues qui enchaînent trois points de rang et concluent magnifiquement le match (22-20), au plus grand bonheur des 12 000 spectateurs. Une performance qui les place idéalement dans la poule F, avant d’affronter mercredi les Espagnoles Alvarez/Moreno, battues ce lundi par les favorites de la poule, les Suissesses Hüberli/Brunner.
Les réactions :
Alexia Richard : « On est très fières de cette entame contre notamment Laura Ludwig, qui est un nom incroyable dans le beach, une fille connue et reconnue, respectée, on est très fières d’avoir réussi ça à domicile, en plus devant le public français. J’ai eu des frissons tout le match, dès que je tournais la tête, je voyais tout le monde sourire, même quand on perdait un point, les gens nous encourageaient, le public français est vraiment bienveillant, je suis admirative de notre public. Je me suis dit que j’allais m’imprégner de ça pour qu’on ne soit pas que deux sur le terrain, mais des milliers contre deux filles. »
Lézana Placette : « On est une équipe qui aime beaucoup faire le show, on a joué souvent les Kings of the Court, où on utilise l’énergie du public, on a aussi joué deux tournois à Roland-Garros, on sait un peu les pièges de jouer à domicile, de vouloir trop bien faire. L’objectif était de jouer libérées, mais sans oublier que le vrai objectif n’était pas de faire le show mais de gagner, ce sera pareil pour tous les matchs qui arrivent. On avait joué cette équipe il y a moins de deux mois, on avait perdu parce qu’on était un peu sur la retenue, là, on s’est dit qu’il fallait prendre des risques et on a lâché les chevaux. On n’a pas réfléchi, mais en même temps, ce qu’on devait faire était très clair dans nos têtes, on était d’accord sur les stratégies. Sur ces Jeux, on sait où on veut aller, mais on ne grille pas les étapes, on veut déjà essayer de sortir de la poule. »









