ATHLETISME : SZYMANSKI porte les espoirs de la Pologne à l’approche des championnats à domicile
L’attente a été exceptionnellement longue pour une nation si riche d’une tradition athlétique prestigieuse.
La Pologne n’a en effet plus remporté de médaille d’or mondiale depuis le triomphe de Paweł Fajdek au lancer du marteau lors des Championnats du monde d’athlétisme de 2022 en Oregon, aux États-Unis. En salle, la disette remonte encore plus loin, à Birmingham en 2018, lorsque l’équipe masculine de relais 4x400m et le coureur de 800m Adam Kszczot ont réalisé un doublé mémorable en or.
Ce week-end (20-22 mars), tous les regards sont tournés vers leur plus grand espoir de médaille d’or : Jakub Szymański.
Le spécialiste du 60 mètres haies arrive comme le visage des ambitions du pays hôte et sa meilleure chance de mettre fin à cette attente.
Invaincu en 11 courses
Sa préparation a été tout simplement irréprochable. Sur 11 courses cette saison (séries et finales confondues), il reste invaincu, une domination sans partage qui l’a propulsé du statut de prétendant européen à celui de véritable favori pour le titre mondial. Plus tôt ce mois-ci à Berlin, Szymański a confirmé ce statut avec force. En réalisant un chrono de 7,37 secondes, il a amélioré son propre record national de 0,02 seconde.
Ce n’était pas seulement le timing, mais aussi la manière : calme, maîtrisé et performant sous pression lors de sa dernière sortie avant les championnats.

Cette performance a couronné une progression constante au cours de l’année écoulée. Après avoir décroché l’or aux Championnats d’Europe d’athlétisme en salle d’Apeldoorn 2025, Szymański a connu la déception de ne pas atteindre la finale des derniers Championnats du monde en salle à Nanjing l’année dernière. Ce souvenir alimente désormais sa motivation. Il n’a jamais cherché à minimiser les attentes.
« Je me sens favori », a-t-il déclaré récemment.
« Je crois que je peux remporter l’or. »
Cette confiance n’est pas déplacée, mais le défi n’est pas simple non plus.
La menace américaine et les espoirs européens
Historiquement, cette compétition a été dominée par les États-Unis, dont les athlètes ont remporté 13 des 21 derniers titres mondiaux en salle. Malgré l’absence du champion en titre, Grant Holloway, la menace américaine demeure redoutable. Dylan Beard et Trey Cunningham ont également réalisé un temps de 7,37 cette année, partageant ainsi les meilleurs temps de la saison parmi les participants. Pourtant, le concours de cette année semble plus ouvert — et plus européen — que d’habitude. Le Français Wilhelm Belocian, médaillé d’argent en salle aux niveaux mondial et européen l’an dernier, apporte expérience et régularité, tandis que l’Espagnol Enrique Llopis, médaillé d’argent européen du 110 m haies, poursuit son ascension après de solides performances en championnat au cours des deux dernières saisons. L’Italien Lorenzo Simonelli, médaillé d’or du 110 m haies aux Championnats d’Europe d’athlétisme de Rome 2024, renforce encore la concurrence européenne.
Les espoirs du public local
Néanmoins, l’attention principale — et la pression — se concentrent sur Szymański. En compétition à domicile, devant un public polonais avide de ce moment tant attendu, il porte en lui bien plus qu’une simple ambition personnelle. Il représente l’opportunité de renouer avec le passé glorieux de la Pologne, de faire le lien entre la domination de Fajdek en plein air et les succès en salle de 2018. Il a l’avantage du terrain. Il est en pleine forme.
Il ne lui reste plus qu’à exécuter son plan : franchir cinq obstacles en moins de huit secondes, sous le regard de toute une nation.
SOURCE : European Athletics.


















