VOILE : Sam DAVIES et Paul MEILHAT en 3e position de la Transat Jacques Vabre
L’IMOCA Initiatives-Cœur se fait une place au soleil.
A retenir :
- Option sud parmi les leaders
- Une trajectoire impeccable et un monocoque en parfait état de marche
- 20 nouveaux enfants cardiaques sauvés
- En attendant l’autoroute des Alizés, célébration d’Halloween à bord (IMAGES)
Pas de week-end prolongé pour les skippers de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, les duos sont à pied d’œuvre pour faire avancer leur machine de l’autre côté de l’Atlantique. Partis du Havre il y a 4 jours, ils filent à vive allure vers le Brésil. À bord d’Initiatives-Coeur, Sam Davies et Paul Meilhat tiennent le rythme en tête de course avec leur bateau de près de 10 ans, optimisé. Le duo mixte pointe à la 3ème position de la flotte des IMOCA (au classement de 15h). Parfois les plus rapides, et souvent les plus justes dans leur trajectoire.
Tout va bien, et même très bien, du côté du monocoque aux cœurs géants. Bien que les marins ne s’économisent pas, trempés et meurtris par cette première partie de course, le bateau atteint des records de vitesse et démontre tout son potentiel. Ces dernières 24h le long des côtes portugaises puis marocaines ont été plus calmes, Sam et Paul en profitent pour reprendre des forces, grappiller quelques heures de sommeil, faire sécher ce qui doit l’être, mettre de l’ordre dans la cabine, faire un check-up du bateau et même filmer les dauphins locaux !
Ce matin, Sam nous écrivait ces quelques lignes : « Avec le vent et l’état de la mer plus calme, il devient possible de faire quelques petits bricolages ici et là pour réparer (ou tenter de réparer !) le dessalinisateur et l’AIS. A part ça, tout va bien, tout est en parfait état de marche ! Nous avons hâte de voir le soleil, cela fait maintenant 5 jours que nous vivons dans le brouillard et la bruine. Les navigations de nuit se déroulaient sans lune, par nuit noire, on ne voyait pas l’horizon entre le ciel et la mer, un peu comme naviguer à l’aveugle! Les étoiles apparaissent maintenant et nous avons Orion pour nous guider. Je peux aussi voir le petit scintillement des feux de navigation de notre sistership Banque Populaire à bâbord. »
Côté stratégie, ils ont choisi une route « à l’intérieur du virage » un peu plus risquée que celle de leurs concurrents du peloton de tête. Ils ont ainsi pu bénéficier d’un angle avec le vent plus favorable pour accélérer et d’un cap plus approchant par rapport à l’arrivée. Le risque est toutefois de trouver des vents plus faibles en étant plus proches du centre de l’anticyclone. Les prochaines heures sont décisives, tout dépend du déplacement de cet anticyclone. S’il descend ou s’approche un peu de la flotte, Initiatives-Coeur risque d’être davantage ralenti que ses concurrents, s’il remonte un peu et permet à Sam et Paul de garder du vent tout en bénéficiant de la rotation du vent au moment d’empanner vers les Alizés, leur option continuera de payer.
Dans les Alizés à partir de ce soir le long des côtes africaines, le rythme va considérablement s’accélérer dans les jours qui viennent. Il faudra éviter les sorties de route qui pourraient générer de la casse, tout en négociant au mieux le passage au large ou à l’intérieur de l’Archipel des Canaries. Et s’accrocher à ce groupe des favoris dont Apivia et Charal se sont un peu échappés ce soir tout en gardant un œil sur Hugo Boss et ses complices de l’option Nord.
Pour réussir cette cavalcade atlantique rien de mieux qu’un petit déjeuner de champion, c’est une Sam souriante qui arborait fièrement son bol rose de porridge. Un sourire qu’on doit aussi au soutien à terre : la communauté d’internautes s’est encore agrandie ! Rappelons que chaque course est l’occasion d’une campagne de sensibilisation en faveur de Mécénat Chirurgie Cardiaque. A chaque nouvel abonné de la page Facebook et Instagram Initiatives-Cœur, les sponsors-mécènes (Initiatives, K-LINE et VINCI Energies) donnent 1€ à l’Association.
Le cap des 200 enfants sauvés par le projet pourrait bien être atteint pendant cette transatlantique. Déjà 20 enfants vont pouvoir bénéficier de la chirurgie qui leur sauveront la vie. Une vague d’optimisme ressentie par nos skippers qui ont passé avec brio les obstacles de ce début de course : le départ sur un plan d’eau encombré, la Manche avec son trafic maritime dense… La route jusqu’au Brésil est encore longue, c’est aussi autant d’occasion de sauver de nouveaux enfants !


















