AUTOMOBILE : Rallye des princesses Richard Mille, « Et Dieu créa… les princesses » !

 

L’arrivée est triomphale. Applaudissements et ultimes rugissements mécaniques. Larmes et champagne coulent à flots sous les platanes de la Place des Lices.;;

 

Elles étaient près de 200 et on ne voit qu’elles. Toutes autant qu’elles sont !

Princesses émues, heureuses et comblées. Le classement ? Peu importe, pourvu qu’elles aient l’ivresse de l’arrivée ! Il y a plus d’un demi-siècle, à quelques foulées de sable blanc, Roger Vadim créa… la femme. Soixante-trois ans plus tard, Dieu a fini de créer les Princesses ! Elles avaient un rêve. Celui de partager une vieille et belle voiture ancienne pour relier Paris à Saint-Tropez. Ce 20e RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE était fait pour elles ! Le temps d’une semaine, s’offrir une folle échappée du quotidien. L’évasion ultime entre amies ou en famille. Mille sept cents bornes en l’espace de cinq jours et autant d’étapes. Et de Vendôme à la Place des Lices, même le jeu de la régularité, toujours exigeant, en valait certainement la chandelle. Aujourd’hui le GRAND PRIX DE SAINT-TROPEZ renvoyait une dernière fois les 91 équipages rescapés à leurs chères études. Trois ZR à parcourir jusqu’à Taradeau et le Château Saint-Martin, berceau du Paris-Saint-Raphaël, célèbre ancêtre de l’épreuve, avant le retour vers la perle de la Côte d’Azur. Suspense et frissons garantis ! Deux points, soit autant de secondes, séparant les deux premières du classement général avant l’ultime duel dans l’arrière-pays, chacun retenait son souffle…

DANS UN MOUCHOIR DE POCHE…

Gratzmuller/Laurent les Super Princesses

Près de 1.700 kilomètres parcourus depuis Paris et tout tient à un cheveu. Moins que rien. Quitte à avoir du suspense, autant le prolonger jusqu’au bout ! CAROLE GRATZMULLER et ELISA NOÉMIE LAURENT (Chevrolet Corvette Stingray n°56) comme MARIE PÉRIN et CATHERINE LABBÉ (VW Golf n°79) ont attendu la 19e et ultime Zone de Régularité de ce 20e RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE pour se départager. Signant exactement le même score (4 points) dans l’avant dernière joute, les deux équipages, principaux prétendants à cette 20e couronne, s’expliquent sur les ultimes kilomètres. Première sur la route et… à l’arrivée, la VW Golf solde son compte avec 8 points supplémentaires, tandis que la belle Américaine en reste à 4 unités, portant son avance à six points au classement final. De quoi combler de joie son équipage de Super Princesses ! Au final, c’est le chrono qui a joué les gendarmes à Saint-Tropez ! Une cinquième victoire pour CAROLE GRATZMULLER, une troisième pour sa co-pilote. Bravo les filles ! Sur la troisième marche du podium, ADELINE PAQUIERS et HELENA EUVRARD (AC Cobra n°100) ajoutent une deuxième médaille de bronze à un palmarès déjà incroyable en l’espace de trois participations. Merci et chapeau bas également pour MARINA ORLANDI CONTUCCI et VALÉRIE DOT (Lancia Beta Monte Carlo n°90) quatrièmes, qui animèrent la course en tête tout au long de cette incroyable semaine. CARINE MERLE et LAURE MENESSON (Austin Healey 3000 n°31) complètent le top 5 d’une 20e édition de très haute facture.

Séverine Loeb meilleure rookie !

Elles se sont inscrites parmi les dernières, au mois de janvier, profitant d’un désistement. SÉVERINE LOEB et DENISSA FONJALLAZ (Porsche 911 S n°70) sont passées par tous les stades d’émotion. De désillusions en bonnes surprises. Pénalisées par des appareillages de mesures défaillants, le duo de néophytes a bien failli se démoraliser au terme du premier jour. Puis vint la révélation. Deux, trois bons conseils. La base. Le retour aux sources de la régularité, dépourvue d’électronique. Subitement les performances se sont améliorées et le sourire est revenu. Comptant parmi les 40% de nouvelles venues sur cette édition 2019, Séverine et Denissa, qui décrochent finalement la 26e place finale et le titre de ‘meilleures rookies’ de ce 20e RALLYE DES PRINCESSES, n’en resteront pas là. L’an prochain, on s’en doute, elles débarqueront mieux armées et, surtout, plus riches d’une expérience incomparable…

FLASHBACKÂ : IL Y A 20 ANS…

Carole Gratzmuller : « La Coupe de Vichy, sous la pluie…»

Il y a 20 ans, presque jour pour jour, le RALLYE DES PRINCESSES entamait son odyssée sur les plus belles routes de France. Avec 18 voitures au départ, cette épreuve hors-normes brisait tous les stéréotypes, laissant les volant aux femmes dans une épreuve entièrement conçue pour elles, et par elles… C’est en 2001 que Carole Gratzmuller découvre le RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. La deuxième édition sera celle de la révélation pour la pilote aux 13 participations et plus que jamais détentrice du record de victoires (5). Ajoutez-y trois deuxièmes places et vous aurez compris que Carole est bel et bien la Super Princesse !

«J’ai découvert le Rallye des Princesses à bord de mon Austin Lehnam. Nous n’étions pas du tout préparées et… la voiture non plus. Au fur et à mesure du rallye, l’Austin a commencé à perdre en bouts de droite ou de gauche. Il a même fallu démonter le moteur, avant que les garde-boues se détachent sous les vibrations. Je me souviens avoir reçu la Coupe de Vichy, lors de notre arrivée dans la station thermale car nous avions effectué toute l’étape en décapotable sous des trombes d’eau. A l’arrivée, nous étions déjà heureuses de terminer à la 6e place et de recevoir la Coupe du Fairplay. Mais c’est là que j’ai compris ce qu’il faudrait faire pour gagner.» Et ce fut le cas, dès l’année suivante. Le début d’une longue série…

INTERVIEWS

Viviane Zaniroli (Fra/Organisatrice) : «Nous ne pouvions pas rêver plus belle semaine pour souffler les 20 bougies de ce RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. La météo juste parfaite, la course indécise jusqu’au bout et puis deux magnifiques lauréates qui incarnent parfaitement l’évolution de cette épreuve au niveau sportif. C’est un rallye par les femmes, pour les femmes et qui n’a plus rien à envier aux épreuves masculines les plus renommées !»

Tom Zaniroli (Fra/Directeur sportif) : « En 20 ans, le RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE a prouvé qu’il avait tout l’avenir devant lui. Le peloton d’une centaine d’équipages est composé à la fois de femmes expérimentées, mais également de jeunes recrues qui évoluent très vite, à l’image d’une pilote comme SÉVERINE LOEBÂ qui a prouvé, en l’espace d’une semaine, qu’il faudrait compter avec elle à l’avenir.»

Carole Gratzmuller (Fra/Corvette Stingray n°56 / 1ère ) : «Quelle semaine ! Ce fut vraiment d’une intensité rare. Nous avons été en tête depuis le premier soir, mais la lutte a été acharnée sur chacune des 19 ZR et tout s’est joué dans… les derniers mètres. C’est sans doute la plus belle de mes 5 victoires sur ce RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE, tant la lutte sportive a été intense. Je tiens également à remercier ma co-pilote, Elisa avec qui j’ai immédiatement retrouvé mes marques. Sa 3e victoire n’est certainement pas le fruit du hasard. On nous reverra certainement sur cette magnifique épreuve !»

Adeline Paquiers (Fra/Ford Cobra n°100) : « Un peu déçue, bien sûr, de ne pas gagner à nouveau, mais en regardant en arrière je me dis que nous pouvons être fières d’avoir terminé trois fois sur le podium en trois participations. Mais c’était vraiment une bataille intense. Hier nous avons touché à l’avant droit, ce qui a fortement affecté la direction. Notre voiture était devenue difficile à conduire sur les petites routes sinueuses de la région. Bravo à Carole et Elisa, elles ont fait du super boulot et elles méritent cette victoire.»

Séverine Loeb (Fra/Porsche 911 S n°70 / 1ère rookie) : «Il est clair que nous avions complètement sous-estimé l’aspect sportif de ce rallye. Nous pensions qu’il s’agissait d’une chouette balade entre filles. Mais nous avons très vite dû constater qu’en plus d’une aventure extraordinaire, ce RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE était un redoutable rallye de régularité au plus haut niveau. Ce n’est finalement qu’aujourd’hui, lors de la dernière journée, que nous avons compris qu’il valait mieux débrancher l’appareil qui nous donne la cadence. Il était complètement déréglé et personne n’a été en mesure de nous aider à le remettre en état. Dans ces conditions, c’est même un miracle que nous ayons réussi à terminer à la 26e place comme premières rookies. Il est d’ores et déjà très clair que Denissa et moi reviendrons nettement mieux armées l’année prochaine !»




AUTOMOBILE : MATRA, champion du monde, célébre ses 50 ans

Il y a un demi-siècle, Matra décrochait le titre en Formule 1, tant chez les constructeurs qu’au classement des pilotes avec Jackie Stewart.

 

Pour commémorer l’événement, Chantilly Arts & Elegance Richard Mille réunit neuf modèles de la marque, dont l’avant-gardiste MS 80 qui avait porté la France au firmament du sport automobile.

 

chantilly Arts & Elegance Richard Mille s’est donné, entre autres ambitions, celle de célébrer le savoir-faire français dans des univers aussi divers que l’art, la culture, ou la technique. Dans ce domaine, Matra occupe une place de choix tant la marque a révolutionné le monde du sport automobile à la charnière des années 1960-1970 en y introduisant des concepts inédits (châssis monocoque à réservoirs structuraux) et des méthodes de fabrications novatrices (issues de l’aéronautique). Forts de cette ingénierie, Matra et Jackie Stewart devenaient champions du monde de F1 il y a 50 ans, un exploit considérable tant les britanniques (Brabham, BRM, Cooper, Lotus, McLaren) régnaient alors sur la discipline. Matra, qui s’était lancée dans l’automobile en 1964, a traversé l’univers de la course telle une comète : en dix ans, la marque a décroché tous les trophées dont ceux du Tour de France Automobile (1970, 1971) et des 24 Heures du Mans (1972, 1973, 1974). Symboles des Trente Glorieuses et de la France qui gagne, les Matra font aujourd’hui encore la fierté d’une nation et laissent un souvenir impérissable à ceux qui, un jour, ont entendu le son strident de leurs V12 poussés à 10 000 tr/min. Le dimanche 30 juin 2019, c’est avec une fierté non dissimulée que les organisateurs de Chantilly Arts & Elegance Richard Mille présenteront neuf de ces voitures bleues à un public international.

MS 5 châssis 11 (1966-1967) – Jacky Ickx : « La Formule 3 pour apprendre, la Formule 2 pour s’aguerrir et la Formule 1 pour s’imposer ». Par cette phrase, Jean-Luc Lagardère résume l’engagement de Matra en compétition. La MS 5 marque la deuxième phrase du projet visant à dynamiser l’image d’une société spécialisée dans l’armement. Engagée par l’écurie Tyrrell, cette voiture permet à Jacky Ickx de devenir champion d’Europe de F2 en 1967. Concernant le châssis présenté à Chantilly, il s’est imposé par deux fois (Crystal Palace, Zandvoort) et a signé la pole position au Nürburgring avec un temps qui l’aurait placé 3ème sur la grille de départ du Grand Prix de Formule 1 !

MS 5 châssis 84 (1967) – Johnny Servoz-Gavin : En 1967, la cylindrée des F2 passe de 1 000 à 1 600 cc, diminuant sensiblement le gap avec les F1 de 3 000 cc. Ce rapprochement s’avère particulièrement significatif sur les circuits sinueux où les « petites » monoplaces se révèlent très maniables grâce à leur faible poids. C’est ainsi que Matra tente une incursion dans la discipline reine à Monaco, avec une monoplace issue de la classe inférieure. Aux essais, Johnny Servoz-Gavin se classe 11ème devant plusieurs F1 dont les deux BRM et la Ferrari 312 de Chris Amon ! Sa prestation en course est hélas des plus brèves, une panne d’alimentation l’arrête après un tour.

MS 9 châssis 01 (1968) – Jackie Stewart : Drôle de destin que celui de ce châssis « laboratoire » initialement destiné à des essais de suspension. Envoyé en Afrique du Sud pour des tests privés deux semaines avant le Grand Prix de F1, il est recouvert d’un apprêt vert censé dissuader l’équipe de toute velléité d’engagement en compétition… C’est sans compter sur des chronos très prometteurs ! La monoplace est équipée d’un réservoir d’essence additionnel bricolé au-dessus des genoux du pilote pour lui garantir une autonomie suffisante en course. Deuxième sur la grille de départ, en tête au premier tour, Jackie Stewart abandonne finalement sur casse moteur.

MS 11 châssis 03 (1968) – Henri Pescarolo : Première F1 entièrement française depuis 1956 (Bugatti T251, Gordini T32), la MS 11 inaugure le fameux V12 Matra. Le 1er juin 1968 avec Jean-Pierre Beltoise à son volant, elle se classe 2ème du Grand Prix des Pays-Bas derrière la Matra-Ford de Jackie Stewart… Et c’est bien là son problème. Le V12 au chant si mélodieux peine à s’imposer face au V8 anglo-américain. Confié à Henri Pescarolo en fin de saison 1968, le châssis exposé dans le domaine de Chantilly termine en queue de peloton des deux courses auxquelles il participe. Il convient de préciser qu’il ne bénéficie pas des évolutions de celui dévolu à Jean-Pierre Beltoise.

MS 10 châssis 02 (1968-1969) – Jackie Stewart : Le châssis présenté à Chantilly reste pour toujours associé à l’un des plus grands exploits de Jackie Stewart. Sixième temps des essais du Grand Prix d’Allemagne 1968, l’Ecossais sent venir l’opportunité le dimanche quand une pluie torrentielle s’abat sur le Nürburgring. Lui, qui souffre d’une fracture du poignet, sait que ces conditions ne peuvent qu’alléger la direction de sa voiture. En tête dès le premier passage, il compte 34 secondes d’avance sur Graham Hill au deuxième tour et plus de quatre minutes à l’arrivée ! Cette MS 10-02 lui permet également de remporter le premier Grand Prix de la saison 1969 en Afrique du Sud.

MS 80 châssis 03 (1969) – Jackie Stewart : Cette voiture, qui succède à la MS 10 dès le deuxième Grand Prix de la saison 1969, permet à Jackie Stewart de remporter six courses et son premier titre de champion du monde. Conçue par Bernard Boyer, c’est la seule F1 non-britannique – avec les Ferrari – à remporter un championnat du monde des constructeurs (les Renault 2005-2006, Red Bull 2010-2013 et Mercedes 2014-2018 ont été construites au Royaume-Uni). Elle est propulsée par un V8 Ford Cosworth, préféré par Lagardère au V12 Matra, en raison de ses défauts de jeunesse. Le châssis exposé à Chantilly est le monocoque gardé en réserve pendant la saison 1969.

MS 84 châssis 01 (1969) – Johnny Servoz-Gavin : La saison 1968 ayant vu de nombreuses courses se dérouler sous la pluie, plusieurs constructeurs étudient l’intérêt d’une transmission intégrale. A la demande pressante de Jackie Stewart, Matra construit une voiture expérimentale à quatre roues motrices utilisant des composants Ferguson. A son volant, Jean-Pierre Beltoise dispute le Grand Prix de Grande Bretagne où, handicapé par son bras gauche bloqué, il souffre de la lourdeur de la direction. La MS 84 est alors confiée à Johnny Servoz-Gavin qui termine 6ème au Canada, ce qui fait de lui le seul pilote de l’histoire à avoir marqué un point au avec une F1 à transmission intégrale.

MS 650 châssis 02 (1970-1971) – Pescarolo-Jabouille-Rives ; Larrousse-Rives : En 1970, Jean-Luc Lagardère décide d’engager deux Matra au Tour de France Automobile… Les prototypes des 24 Heures du Mans descendent dans la rue ! Les voitures sont mises en conformité avec le code de la route et immatriculées. Pendant neuf jours, la France s’enivre au son du V12 confié aux meilleurs pilotes tricolores : Jean-Pierre Beltoise, Patrick Depailler, Jean-Pierre Jabouille, Gérard Larrousse, Henri Pescarolo. Dans la ferveur générale, les MS 650 tuent tout suspense en remportant la course haut la main deux années de suite. Le châssis 02 se classe 2ème en 1970 puis 1er en 1971.

MS 120 C châssis 04 (1972) – Chris Amon : En 1971, Chris Amon commence sa collaboration avec Matra… par un exploit ! Une victoire au Grand Prix d’Argentine, course hélas disputée hors-championnat. Qu’importe, à n’en pas douter, la première « vraie » victoire des bleus en F1 n’est plus très loin. Mais le Néo-zélandais perd sa visière à Monza alors qu’il avait course gagnée. L’année suivante, il crève au 20ème des 38 tours du Grand Prix de France qu’il dominait. Le modèle est présenté à Chantilly dans sa configuration « Monaco 1971 », avec un aileron très caractéristique. Matra se retire de la F1 après cinq années de présence qui ont fait passer la France du sourire aux larmes.




AUTOMOBILE : Rallye des princesses, prêtes pour le sprint final !

Saint-Tropez, nous voilà ! Le raccourcis est un peu abrupte. L’eau turquoise du Lac du Bourget reflète l’horizon des sommets enneigés des Alpes. C’est par-là, Mesdames. Les Princesses s’élancent pour une étape marathon.

Plus de 400 bornes à avaler pour cette 4e et avant-dernière étape du RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. La ligne droite est bannie des road-books et les reliefs avoisinants invitent à l’ascension. Angoisse verticale pour mécaniques anciennes. Les moteurs surchauffent, les embrayages agonisent, les tambours battent de l’aile et les plaquettes font des claquettes. Montagnes et ruses diverses, certaines renoncent, mais la majorité se prend au jeu. Parfois au mètre près, avec le zéro pointé pour objectif ultime. Celles qui vont devant jouent les premières de cordée. Des Alpes en Provence les cols annoncent la couleur. Le vent souffle et annonce des remous au fil de la Durance. Sisteron offre un déjeuner haut-perché tout en charme et loin de la tourmente. La bataille va se poursuivre, acharnée. Les chênes lièges du massif des Maures restent stoïques face au bouchon des belles anciennes. Croisements délicats jusqu’à la Garde Freinet. Le classement général joue au jojo. Chez BERTAUD BELIEU au pied du podium, on débouche le nectar officiel des Princesses. Il ne reste plus qu’à dévaler sur l’objectif final. Do you, do you, do you Saint-Tropez ! Ce soir, après l’effort, c’est le réconfort. On profite. Place des Lices :  délices en terrasse, avant la partie de pétanque. Le temps d’une joute, on oublie tout. Tu tires ou tu pointes ?

PARQUETOUT A LANCÉ L’OFFENSIVE

L’arithmétique a ses tics… et ses tocs. Additions et soustractions à l’infini. Vingt-trois opérations et autant de prises de temps plus loin, la quatrième journée rend ses verdicts. Bien parties pour creuser l’écart tout en varappe sur la face Nord du Parquetout, CAROLE GRATZMULLER et ELISA NOÉMIE LAURENT (Chevrolet Corvette Stingray n°56) ont lâché prise en vue de l’arrivée de cette 4e et avant dernière étape. La chute est contrôlée. L’équipée ne dévisse pourtant pas. Au décompte de la journée, leurs dauphines, MARIE PÉRIN et CATHERINE LABBÉ (VW Golf n°79) signent une deuxième victoire d’étape d’affilée et remontent à deux points de leurs adversaires au classement général. Le GRAND PRIX DE SAINT-TROPEZ, ultime étape disputée demain en trois actes, promet d’être particulièrement disputée. Décrochées, respectivement à 11 et 15 points des leaders, ADELINE PAQUIERS et HÉLÈNE EUVRARD (AC COBRA n°100) comme MARINA ORLANDI CONTUCCI et VALÉRIE DOT (Lancia Beta Monte-Carlo n°90) demeurent en embuscade, mais viseront surtout à se disputer une place sur le podium final de ce 20e RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE.

 

FLASHBACK : IL Y A 20 ANS…

Marie-Claire Levouedec : « Au départ en sens inverse ! »

 Il y a 20 ans, presque jour pour jour, le RALLYE DES PRINCESSES entamait son odyssée sur les plus belles routes de France. Avec 18 voitures au départ, cette épreuve hors-normes brisait tous les stéréotypes, laissant les volant aux femmes dans une épreuve entièrement conçue pour elles, et par elles… En 2005, Marie-Claire Le Vouedec et sa maman Jacqueline découvrent le RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. Aujourd’hui, avec 15 participations au compteur, le duo breton compte parmi les équipages les plus fidèles de l’épreuve. Un regard dans le rétroviseur permet de mieux comprendre ce qui lie ce duo inséparable à la plus féminine des épreuves automobiles de l’hexagone.  «Nous avions loué une Alfa Roméo Duetto pour l’occasion », se souvient Marie-Claire, à nouveau inscrite sur cette 20e RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE à bord de leur Mercedes 190 SL n° 30. « Mais nous n’avions, ni l’une, ni l’autre, aucune notion de régularité. Nous ne savions même pas comment il fallait lire une road-book ! Cette-année-là, nous avons terminé avant-dernières, mais nous avons tellement aimé, à la fois l’ambiance et le parcours que nous nous sommes décidées à revenir l’année suivante, non sans avoir appris à mieux maîtriser notre course… »

 

DEMAIN : LE GRAND PRIX DE SAINT-TROPEZ 

Jeudi 6 juin :  Saint-Tropez – Taradeau – Saint-Tropez (214 km)

Pour cette 20e édition du RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE, il fallait marquer le coup ! Arrivées à Saint-Tropez ce mercredi soir, les Princesses embarquent pour un bouquet final de rêve. Trois ZR d’enfer dans l’arrière-pays pour un Grand Prix de Saint-Tropez qui s’annonce décisif jusqu’au… déjeuner. Gare à la montée vers le village haut-perché de Mons (ZR 18), l’avant-dernière Zone de Régularité du rallye, qui risque fort d’en devenir le juge de paix. Et quel autre lieu de déjeuner choisir pour cette édition anniversaire et souffler ses vingt bougies, que le Château Saint-Martin de Taradeau, berceau du rallye Paris-St-Raphaël ? Un retour aux sources essentiel avant le retour vers Saint-Tropez et le podium final dressé sur la célèbre Places des Lices avant la soirée de gala, organisée au Domaine Bertaud Belieu, au cœur des meilleures vignes du plateau de Gassin. Que la fête commence !

INTERVIEWS

Linda Morselli (Ita/Porsche 356 n°2) : « Ce RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE est vraiment une expérience extraordinaire. Aujourd’hui, à la veille de l’arrivée, nous sommes un peu fatiguées, donc nous roulons cool. J’adore piloter et ces routes sont magnifiques. Mais le gros du boulot est pour ma copilote. Nous avons mis trois jours pour comprendre tout l’appareillage de navigation. Finalement, nous serions prêtes à prendre le départ aujourd’hui ! Nous allons profiter à fond de cette dernière étape ! Ce rallye est nettement plus sportif que nous l’imaginions et si nous revenons l’année prochaine, il faudra que nous soyons totalement préparées. »

 Trui Vanhaelemeersch (Bel/Alfa Romeo n°33) : « C’est notre quatrième participation, mais nous ne voulions manquer cette 20e édition pour rien au monde ! Une erreur de navigation nous a coûté 800 points dès la première journée. Mais j’ai envie de dire qu’il y a des choses plus graves dans la vie ! Depuis tout allait très bien… jusqu’à ce matin. Notre voiture a chauffé et nous avons remarqué qu’il manquait du liquide de refroidissement. Heureusement un gentil spectateur a volé à notre secours et nous a refait le plein d’eau. Il va falloir surveiller la surchauffe moteur lors de la dernière étape… »

Geneviève Verhelst Grislain (Bel/MG B Roadster n°69) : «Après notre participation en 2016, nous rêvions de revenir. C’est une aventure extraordinaire. Nous nous sommes perdues le premier jour, ce qui nous a mis un handicap d’emblée. Depuis, jour après jour, nous remontons au classement. Ce matin nous étions 13es  et, franchement, nous rêvons de finir dans le top 10 final. C’est la bagarre quotidienne avec l’équipage qui nous devance au classement et qui part devant nous. A chaque arrivée, on fait les comptes et on se fait des petits signes. C’est vraiment très motivant. Il ne reste que quelques ZR, il va donc falloir tenir jusqu’au bout. Cette 3e place du jour est vraiment encourageante…»

Marie Mittou (Fr/Mercedes 190 SL n°15): « Nous sommes fatiguées. La régularité demande beaucoup de concentration. Heureusement nous nous connaissions bien avant le départ du rallye. Notre voiture a été impeccable depuis le départ de Paris. Hier nous pointions en 33e position au général, ce qui n’est vraiment pas mal pour une première participation. Nous avons appris énormément. Là nous savons comment utiliser les instruments de navigation. Nous avions fait le stage avant le départ, mais nous avons vraiment compris que depuis le départ de la course. »

Stephanie Brandys (Fra/Porsche 356 n°18): « Nos pare-chocs sont en bois car nous sommes parrainées par les bateaux Riva, les bateaux les plus élégants, pour un rallye élégant ! Qui plus est : la course finit à Saint-Tropez où l’on retrouve beaucoup de bateaux Riva. C’est notre premier RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE et nous vivons une belle aventure. Sportivement c’est très exigeant. Nous sommes étonnées du niveau sportif. Après les 1er jours, nous avons élevé notre niveau jusqu’à finir en 5e position lors d’une étape… »




AUTOMOBILE : Le rallye des princesses Richard Mille

L’Aventure pour femmes Modernes : 20e édition du 1er au 6 juin 2019.

 

LES PRINCESSES EN CAMPAGNE

Top départ ! Il est 8h30 sur la Place Vendôme et Paris s’éveille en ce dimanche estival au son des voitures d’antan. Clap 20! Le RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE s’élance pour 5 jours d’aventure goudronnée sillonnant la France dans toute sa splendeur. C’est parti pour près de 1.700 kilomètres de pure plaisir avec, en guise de mise en bouche, une première étape et quatre zones de régularité déjà techniques. Soleil et chaleur sont au rendez-vous, le mercure grimpe à vue d’œil à l’entame du premier ‘chrono’, largement écourté pour cause de compétition VTT. Mais qu’à cela ne tienne, les Princesses conservent moral, sourire et détermination. On ne lâche rien : la récompense est au bout de l’effort. Ça bosse dans la Beauce ! Orléans, autrefois ville des rois, déroule le tapis rouge dans sa campagne pour ces carrosses majestueux qui poursuivent leur périple vers les Châteaux de la Loire, avant de se laisser glisser sur les coteaux de Touraine. L’arrivée de cette première étape n’est plus très loin, les classements du jour commencent à prendre forme… Beauval joue les estivales, plus de 30 degrés au thermomètre : la première journée a été chaude, très chaude !

LES FAVORITES MÈNENT LA DANSE

Smartphones et calculettes. On débriefe la première étape, une coupe de champagne à la main. Les Princesses transformées en ‘Tsarines’ se font loquaces. Premiers récits, premiers faits d’armes. La journée fut riche en rebondissements. A commencer par la De Tomaso n°102 de RAOHMY HERAS et d’INGRID PEETERS qui s’immobilise, boîte de vitesses cassée dans la ZR1. Heureusement, l’équipage mexicano-belge pourra repartir dès demain matin à bord d’une AC Cobra. Toutes feu, toutes flammes au départ, INES ALARD et CAROLINE DE VILLAUCOURT évitent que leur Austin Healey n°32 parte en fumée dès la ZR2. En tête du classement général provisoire, cette première étape s’est révélée très acharnée. Et ce soir à Beauval, les cinq premiers équipages se tiennent en 14 points, confirmant que ce 20e RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE s’annonce plus serré que jamais ! Parties parmi les dernières, ce matin de la Place Vendôme ADELINE PAQUIERS et HÉLÈNE EUVRARD (AC Cobra n°100) pointent en tête au classement du jour (33 points). Les lauréates de l’édition 2018 devancent de 2 petits points, le duo italo-français formé par MARINA ORLANDI CONTUCCI et VALÉRIE DOT (Lancia Beta Montecarlo n°90). Avec 37 points au terme de cette première journée,  CAROLE GRATZMULLER et ELISA NOEMIE LAURENT (Chevrolet Corvette Stingray n°56) et INÈS et BÉRÉNICE COHEN (Porsche 911 SC n°94) partagent la troisième place, dix points devant l’Alfa Romeo Spider n°92 d’AMÉLIE BOUGRIER et PATRICIA BOUTIER.

 

 

FLASHBACK : IL Y A 20 ANS…

Hermine de Clermont-Tonnerre : « Dans un champs, face aux gendarmes ! »

Il y a 20 ans, presque jour pour jour, le RALLYE DES PRINCESSES entamait son odyssée sur les plus belles routes de France. Avec 18 voitures au départ, cette épreuve hors-normes brisait tous les stéréotypes, laissant les volant aux femmes dans une épreuve entièrement conçue pour elles, et par elles… Hermine de Clermont-Tonnerre, styliste, actrice et auteur française, mais également membre éminente de la jet-set parisienne était au départ, cette année-là de cette toute première édition du RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. « J’étais engagée aux côtés de la  Hélène de Yougoslavie à bord d’une Austin Healey. À l’époque, la régularité était un concept plutôt abstrait. On ne savait même pas qu’il fallait s’occuper des métrés. Lors de la première étape, nous étions complètement perdues. Franchement, nous ne savions plus du tout où nous étions ! Subitement, au milieu d’un champs, nous avons aperçu une estafette de gendarmerie qui venait d’attraper des voleurs de poules. Nous avons roulé jusqu’au milieu du champs en friche pour les rejoindre et leur demander de nous remettre sur la bonne route !  Heureusement que les Zaniroli ont répondu au téléphone pour nous dire vers quel patelin nous devions nous rendre.»

DEMAIN : TEMPO ET GORGES PROFONDES !

Etape 2 : Beauval-Audes-Vichy (325 km)

Le RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE, c’est aussi du sport. Et justement, là, va y en avoir ! A peine le temps d’avaler le café qu’il va falloir trouver le bon tempo pour une valse à mille temps entre changements de direction et pièges de navigation. La Champagne berrichonne déroule ses atouts et expose ses Châteaux en route pour le déjeuner servi en grandes pompes au Château des Crêtes. Aux pilotes de se cracher dans les gants après le dessert en abordant le Puy-de-Dôme, terrain de jeu de l’après-midi avec, comme cerise sur le gâteau, une ultime ZR totalement inédite. Sensations garanties sur le promontoire des Gorges de Chouvigny. Des montagnes russes avant de rallier Vichy pour se laisser bercer par la quiétude de la station thermale.

INTERVIEWS

Caroline de Villaucourt (Fra/Austin Healey n°32) : « Au départ de la deuxième ZR, j’ai subitement perdu mes instruments navigation. J’’étais en panique. En même temps nous avons senti une odeur bizarre avec un peu de fumée. Nous avons cru qu’il s’agissait de nuages de poussière. Puis, quelques kilomètres plus loin, les instruments ont fonctionné à nouveau, mais l’odeur et… la fumée devenait intense. Nous avons compris que c’était un début d’incendie à l’arrière. En nous arrêtant nous avons vu des flammes sortant du coffre. Tout a été très vite, mais heureusement nous avons réussi à éteindre ce début d’incendie en l’espace de quelques secondes. Je possède également une Austin Healey. On va nous la descendre, ici dans la région d’Orléans et nous pourrons reprendre le rallye dès demain… »

Marie Mittou (Fra/Mercedes 190 SL n°15) : «C’est notre premier RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE, donc il y avait une pression supplémentaire, ce matin au départ de Paris. La voiture s’est mise à ratatouiller un peu, mais grâce à l’intervention des mécaniciens nous avons pu repartir sans souci… Mais bon, avec l’apprentissage de la régularité, cela nous a valu une grosse dépense d’énergie. Après une demi-journée, nous sommes déjà crevées ! »

Corinne Daire (Fra/MG B n°45) : « Grosse émotion au départ ce matin de la Place Vendôme. C’était grandiose ! On a mis un peu de temps pour se caler au départ, mais vu que nous avions fait nos devoirs hier soir, on a tout de même réussi à s’en sortir. C’était vraiment tel qu’on l’imaginait. On a bien pris le contrôle de nos instruments de mesure. De plus on effectue ce début de rallye dans notre région, même si nous ne sommes pas tout à fait d’ici… »

Fanny Adam (Fra/Citroën Traction n°21) : « Nous sommes très fières de piloter la voiture la plus ancienne du rallye. Cette Traction de 1952 évoque l’histoire et célèbre à merveille les 100 ans de Citroën. Notre toute première étape sur ce RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE fut à la fois difficile et très amusante. Nous découvrons la régularité. Je crois que nous finissons 72e de la première ZR et… 9e de la suivante. Donc nous évoluons vraiment dans le bon sens. Ma co-pilote Françoise est militaire donc elle est très organisée pour ce genre de choses. »

Valérie Jacob (Fra/Pontiac Superchief n°14) : «Nous avons à coup sûr la plus grande voiture du rallye ! Cette Pontiac Superchief de 1957, je l’ai achetée aux Etats-Unis. Ce fut un véritablement un coup de foudre ! Elle était dans son état d’origine, avec les freins tambour. Ce n’est pas vraiment la voiture idéale pour participer à un rallye de régularité. C’est une boîte automatique, le compteur de vitesse est en miles et lorsque nous abordons une épingle, il faut s’y reprendre à deux fois. Avec ces handicaps nous ne pouvons briguer les premières places, mais nous espérons néanmoins figurer honorablement au classement final.