BRIDGE : Franck RIEHM : « Le bridge agit comme un antidote à l’hyperconnexion et à la solitude »
Le président de la Fédération Française de Bridge voit dans ce jeu de cartes un puissant outil de management et un remède à l’isolement social.
Loin des salles feutrées et des idées reçues, le bridge se révèle être un outil aux multiples facettes, adapté aux défis du 21ème siècle. Pour Franck Riehm, président de la Fédération Française de Bridge (FFB) et de la World Bridge Federation, mais aussi cofondateur de la chaîne de restaurants Flam’s il y a 35 ans, ce jeu de cartes est bien plus qu’un simple loisir. Il y voit une école de la décision, un vecteur de lien social et un atout pour le développement cognitif.
Une véritable école de management
Fort de sa double expérience de chef d’entreprise et de dirigeant fédéral, Franck Riehm dresse un parallèle saisissant entre la table de bridge et le comité de direction. Pour lui, la pratique de ce jeu forge des compétences directement transposables dans le monde professionnel.
« C’est une vraie école de management. Au bridge, on décide en permanence. On apprend à analyser très vite, à hiérarchiser ce qui compte vraiment, puis à trancher sans attendre d’avoir toutes les certitudes », détaille Franck Riehm.
Il insiste sur le fait que cette discipline développe des réflexes essentiels pour tout entrepreneur ou manager : la gestion du stress, la lucidité sous pression et la capacité à maintenir une vision stratégique dans un environnement incertain. Au-delà des compétences individuelles, le bridge rappelle une leçon fondamentale du leadership.
« On ne gagne jamais seul. Tout repose sur la qualité de la paire, la confiance et la compréhension de son partenaire », souligne-t-il.
Un antidote à la solitude et à la dispersion
Face aux maux contemporains que sont l’hyper-connectivité, la solitude croissante et la fragmentation de l’attention, Franck Riehm positionne le bridge comme une solution concrète et accessible.
« Le bridge agit un peu comme un antidote à l’époque actuelle : hyper-connexion permanente, solitude, dispersion de l’attention. En club, on coupe tout. On pose le téléphone, on s’assoit face à quelqu’un, et on recrée du lien », affirme le président de la FFB.
Ce jeu impose un cadre qui favorise l’échange et la coopération, y compris entre des personnes qui ne se connaissent pas. Il constitue également un formidable outil de santé cognitive, particulièrement pour les seniors, en stimulant la mémoire, la concentration et la logique. Mais les jeunes ne sont pas en reste.
« Pour les jeunes, c’est une alternative très concrète aux écrans : un jeu exigeant, intelligent, mais profondément social », ajoute-t-il.
Vision 2030 : dépoussiérer l’image et élargir l’audience
À l’horizon 2030, l’ambition de Franck Riehm est de transformer la perception du bridge en France. Il s’agit de le rendre plus moderne, plus vivant et surtout plus accessible, loin des stéréotypes élitistes qui lui sont parfois associés.
« Il faut ouvrir largement les portes du bridge et casser les clichés qui l’entourent encore », lance-t-il.
La stratégie consiste à positionner le bridge comme un outil utile à la société. D’une part, en l’intégrant dès le milieu scolaire pour transmettre des compétences de réflexion et de coopération. D’autre part, en renforçant sa présence dans les villes pour attirer les jeunes actifs et contribuer à rompre l’isolement, confirmant ainsi son rôle de ciment social intergénérationnel.
via PA Sport.

















