EQUITATION : Championnats du Monde FEI d’Aix-la-Chapelle (GER) – Alexia PITTIER vice-championne du monde de para-dressage, Nina MALLEVAEY
Clap de fin de deux semaines de compétition à Aix-la-Chapelle (GER) en ce dimanche 23 août, et jour de finale dans les trois disciplines : para-dressage, attelage et saut d’obstacles.
Que d’émotions dans le clan tricolore puisque les champions d’Europe, Alexia Pittier et Sultan 768, s’offrent un titre de vice-champions du monde en Freestyle Grade IV. Du côté du saut d’obstacles, excellente finale pour Nina Mallevaey et Dynastie de Beaufour, seules représentantes tricolores au départ, qui remontent à la 8e place. Enfin, en attelage, la France a conclu au 6e rang après de bonnes prestations dans la maniabilité. La France repart donc avec 5 médailles de ces Mondiaux, après les 4 – dont 2 en or – acquises la semaine passée en voltige. Quentin Jabet et Loïc Devedu, en tant que champions du monde, étaient d’ailleurs présents pour la cérémonie de clôture, en fin de journée.
De l’argent pour Alexia Pittier en para-dressage !
Les huit meilleurs couples de chaque grade se sont retrouvés pour une épreuve libre, appelée “Freestyle”. Trois des quatre couples tricolores avaient obtenu leur billet au cumul des deux premières épreuves, le Para Grand Prix A et le Para Grand Prix B. Une inspection des chevaux a validé le bon état de forme de ceux-ci avant cette ultime reprise.
Alexia Pittier et Sultan 768 confirment parmi l’élite mondiale
En piste à 14h06, Alexia Pittier (33 ans, Drumettaz-Clarafond – 73) et Sultan 768 (11 ans, hongre Hanovrien, propriété de Sylvie Pittier, Arthur Boutron et de sa cavalière – Groupe 1 FFE) arrivaient en confiance sur cette épreuve libre : champions d’Europe en titre, ils avaient signé lors de leur dernière compétition de préparation, à Hagen (GER), une 2e place avec 78.892 %, leur record personnel.
Tout le clan tricolore étaient derrière eux et le couple a réalisé une nouvelle démonstration. Avec une magnifique reprise fluide et harmonieuse, les 5 juges leur ont octroyé une moyenne de 78.645 %, ce qui leur permettait de prendre la tête du classement provisoire.
L’Américaine Kate Shoemaker, déjà titrée en individuel et par équipes cette semaine, a finalement ravi le titre avec Vianne. Passés en avant-derniers, ils ont été crédités de 83.305 %, laissant à Alexia Pittier et Sultan 768 une très belle médaille d’argent.
Derniers au départ, Vladimir Vinchon (52 ans, Ahuillé – 53) et Pégase Mayenne (13 ans, hongre Oldenbourg, propriété de Maud Vinchon et de son cavalier – Groupe 1 FFE) sont passés par toutes les émotions. Le cavalier, victime d’une chute sans gravité à la détente, n’avait pas dit son dernier mot en entrant en piste. Au contact des meilleurs depuis les Jeux de Paris 2024, le couple a réalisé un très bon début de reprise sur des airs de Jean-Jacques Goldman. Tous les supporters tricolores y ont cru jusqu’au dernier coin, où Pégase Mayenne s’est tendu… C’est finalement avec une belle moyenne de 76.385 % que les deux complices sortent de piste. Une 5e place qui a néanmoins un petit goût amer, tant Vladimir Vinchon et Pégase Mayenne tournent autour de leur première médaille !
Le bronze a été pour l’Allemande Helen Brandt sur Vulkan Vegas IB (78.005 %).
Une fin de championnat positive pour Chiara Zenati
Chiara Zenati (23 ans, Saumur – 49) & Zeus de Malleret*IFCE (propriété de l’Institut français du cheval et de l’équitation – Groupe 1 FFE) ont terminé leurs premiers championnats du monde sur une bonne note.
Le travail du duo, en construction depuis deux ans avec l’écuyer du Cadre noir Sébastien Goyheneix, leur school-rider, commence peu à peu à porter ses fruits au plus haut niveau. Le hongre de 14 ans a montré plus de sérénité qu’il y a deux jours dans l’épreuve par équipes. Sur des notes de musique électro (To let myself go de The Avener) et pop (Señorita de Shawn Mendes et Camila Cabello) notamment, le couple a réalisé une prestation prometteuse pour leur première libre en grand championnat – il n’avait pas réussi à se qualifier dans la Freestyle l’année dernière aux championnats d’Europe d’Ermelo (NED).
A la clé, c’est avec une moyenne de 75.740 % et une cinquième place finale que Chiara Zenati et Zeus de Malleret*IFCE quittent l’Allemagne ! Le podium a été le même que lors de la première épreuve individuelle mercredi : la Néerlandaise Rixt van der Horst repart avec une seconde médaille d’or sur Eisma’s Royal Fonq N.O.P (83.120 %), tandis que le tenant du titre, le Danois Tobias Thorning Joergensen, se pare d’argent aux rênes de sa nouvelle monture Blue Hors Zackorado (79.940 %). L’Italienne Francesca Salvadè est en bronze avec Escari (79.587 %)
Saut d’obstacles : Nina Mallevaey clôture ses premiers championnats du monde avec une 8e place
Nina Mallevaey remonte au 8e rang après la première manche
16e au provisoire, Nina Mallevaey (26 ans, Coutiches – 59) était la seule représentante tricolore à figurer parmi les 25 meilleurs qualifiés pour la finale individuelle, associée à Dynastie de Beaufour (13 ans, jument Selle Français, propriété de Rein Family LLC. et Tara Dow-Rein – Groupe 1 FFE).
Dans une première manche à rebondissements, la n°8 mondiale a réalisé une démonstration ! Tout au long des 13 obstacles et 16 efforts, le clan tricolore a retenu son souffle… Et c’est avec un sans-faute, l’un des 6 enregistrés sur ce tour, que toutes deux quittent l’immense piste en herbe, conservant leur score de 5.93 points et remontant à la 8e place. Une performance XXL qui leur a assuré une place parmi les 12 meilleurs appelés pour la seconde manche et les plaçait parmi les couples potentiellement médaillables, à 2.35 points du bronze !
Nina Mallevaey parmi les meilleurs mondiaux
C’est à 16h20 que les hostilités ont repris, sur un nouveau tour de 12 obstacles pour 15 efforts, toujours concocté par le chef de piste attitré du CHIO d’Aix-la-Chapelle, l’Allemand Frank Rothenberger.
Nina Mallevaey, élève d’Helena Stormanns et seule femme avec l’Allemande Sophie Hinners au départ de ce dénouement final, a une nouvelle fois fait preuve d’un admirable sang-froid. Dynastie de Beaufour, née chez Eric Levallois et propriété de la famille Rein, fidèle soutien de la cavalière française, était toujours en grande forme. Le couple a été piégé par l’oxer n°4, commettant sa deuxième barre de la semaine, avant de conclure avec un point de temps dépassé supplémentaire, portant son total à 10.93 points cumulés et laissant s’échapper le bronze. C’est avec une très belle 8e place finale que la Nordiste d’origine, qui partage désormais son temps entre les Etats-Unis et l’Europe, repart donc de ses premiers championnats du monde. S’il fallait le confirmer, la jeune génération tricolore a montré tout au long de la semaine une belle équitation et qu’elle est bien au niveau des tous meilleurs !
Le Suisse Steve Guerdat a abordé la dernière manche seul en tête avec 0.86 point et a remporté le seul titre individuel qui lui manquait sans faire tomber une seule barre ! Il est sacré avec Dynamix de Belheme, jument Selle Français née chez Frédéric Aimez, déjà championne d’Europe et vice-championne olympique. Le jeune belge, Thibeau Spits, crève l’écran et monte sur la deuxième marche avec Impress-K van’t Kattenheye Z (5.60) d’un podium complété par le Britannique Harry Charles (LT Holst Freda – 7.17).
A l’issue de la maniabilité, les Bleus conservent leur 6e place en attelage
Dès 8h20, l’ultime épreuve de maniabilité a pris place dans le Stadium 2. Les concurrents avaient 20 “portes” (cônes surmontés de balles), dont certaines composées de plusieurs éléments avec un tracé en forme vague, à franchir dans un temps limité (185’’), sans rien renverser. Dans le cas contraire, une balle à terre ajoute 3 secondes de pénalité. L’habileté du meneur, la bonne condition physique, la franchise et la souplesse des chevaux sont les clés de la réussite de cette dernière épreuve, dans laquelle les Français se retrouvent régulièrement aux avant-postes.
C’est une véritable maniabilité de championnat qu’a proposé le chef de piste Alexander Flocke et son équipe, technique et tournante, avec un temps serré.
De belles prestations pour les Français
Franck Grimonprez (56 ans, Lesquin – 59) a été le premier en piste pour l’équipe de France, à 9h20. Il avait choisi le même team qu’en dressage : Pucci, James Bond J, Claus 65 et Dream Catcher FRH (tous propriétés de leur meneur). Il a montré un très beau début de tour, fluide, avant que la trajectoire ne se désorganise légèrement, entraînant deux fautes sur les portes 14 et 15, soit 6 secondes de temps ajoutées. L’équipage a également dépassé le temps imparti, qui a été l’une des difficultés du jour, pour terminer avec 25.34 points. Franck Grimonprez achève son premier championnat international en attelage à quatre chevaux avec 244.48 points au total (38e) mais surtout une expérience précieuse et des pistes de travail pour continuer à évoluer avec des chevaux qui présentent un immense potentiel.
Deuxième équipier, Benjamin Aillaud (50 ans, Réalville – 82) avait le n°31 de la liste de départ avec Famoso, Fiasco, Fruto, Fez (tous propriétés de leur meneur). Performant sur ce format au cours de la saison, le team a réalisé une très belle maniabilité, fluide et rapide. Malheureusement, un petit manque de chance sur l’avant-dernière porte a ajouté 3 secondes de pénalité à l’équipage tricolore… qui termine avec un bon score de 8.85 points, soit la 10e meilleure maniabilité du jour. Avec un total de 192.32 points, Benjamin Aillaud conclut ses 15e championnats au 19e rang.
Anthony Hordé (49 ans, Domart-sur-la-Luce – 80) a fermé la marche pour l’équipe de France, aux guides de Fernando, Jupiter, Melvin et Nigel (tous propriétés de l’EARL La Vallée de la Luce). Avec deux fautes, aux portes 2 et 20, l’attelage termine sa maniabilité avec 9.96 points, soit la 15e place du jour sur cette épreuve. Avec un total de 182.98 points, le meneur achève ses 11e championnats au 16e rang finale, signant le meilleur classement individuel tricolore.
Engagé en individuel, Maxime Maricourt (38 ans, Ouville-la-Bien-Tournée – 14) s’est élancé en fin de matinée avec Marcus Van Hapert (propriété de Lancelot Marx) ainsi qu’Image, Karamba V.D.B et Nicolaas tous trois propriétés de leur meneur). Un quatuor plein d’énergie qui a demandé une bonne dose de concentration au Normand, qui a malheureusement fauté aux portes 7C et 13. En progression constante, il ajoute 21.37 points à son compteur aujourd’hui, soit un total de 211.50 points sur le championnat (29e).
6e place pour la France
Les deux meilleurs scores sur chaque épreuve sont pris en compte pour le classement par équipes. Aujourd’hui, ceux d’Anthony Hordé et Benjamin Aillaud ont été conservés.
L’équipe de France, soutenue par Maison Poursin et emmenée par le sélectionneur national Félix-Marie Brasseur, sacré champion du monde ici même il y a 20 ans sous les couleurs de la Belgique, termine à la 6e place avec un total de 356.19 points et à seulement 1.28 point des Etats-Unis, 5e.
Avec une maniabilité parfaite de Bram Chardon, la seule de la journée, les Pays-Bas s’imposent finalement avec 315.13 et conservent leur titre acquis en 2022. L’Australie, portée par le nouveau champion du monde Boyd Exell – pour la 8e fois consécutive, un record – est en argent (317.25). Comme à Pratoni, la Belgique complète le podium (325.52).
En individuel, la maniabilité confirme le podium provisoire de la veille et on retrouve derrière Boyd Exell (142.64) le Belge Dries Degrieck (148.85), gagnant en début d’année de la finale Coupe du monde FEI à Bordeaux (33) et le multi médaillé américain Chester Weber (156.77).
Ils ont dit – para-dressage
Alexia Pittier
“Définitivement, je crois vraiment que cette reprise est vraiment notre préférée. Je suis très heureuse parce que Sultan me montre qu’il est toujours là, toujours présent, et j’ai beaucoup de chance de l’avoir à mes côtés et que tout le monde le soit également. On est entouré d’une équipe et d’un staff incroyables. Entre nous, les quatre cavaliers, on s’est soutenus du début à la fin de la compétition et cela compte énormément. Aujourd’hui, je me suis vraiment fait plaisir avec lui. Ce n’était pas facile car il y a beaucoup d’ambiance mais malgré tout il est resté avec moi, et c’est ce qui rend ce moment si fort. Cette musique a beaucoup de sens pour nous. Nous l’avons construite avec Fanny et le compositeur pour raconter notre histoire. Elle parle du lien qui nous unit, de l’amour que l’on se porte et de ce que nous sommes ensemble. Quand nous entrons sur cette piste, nous avons l’impression d’être les rois du monde. C’est toujours un immense plaisir de partager ce moment avec mon cheval et avec le public. Notre premier objectif était d’obtenir la qualification pour Los Angeles, et il est atteint. C’était l’essentiel. La médaille, c’est la cerise sur le gâteau. Mon objectif aujourd’hui, c’était d’être capable de danser avec mon cheval, et c’est exactement ce que nous avons réussi à faire. J’ai abordé chaque journée de la compétition avec le même état d’esprit : tout donner, ne rien lâcher, parce que chaque jour compte”.
Vladimir Vinchon
“Ce n’est pas la fin que j’espérais, mais c’est le sport. Avec les chevaux, il faut accepter que tout ne se passe pas toujours comme prévu. Mon cheval, lui, était vraiment très bien. En revanche, moi, je n’étais plus dedans : j’avais mal partout, au cou, au dos… C’était une fin de championnats du monde compliquée. Malgré tout, je suis très content de mon cheval et très content de notre reprise. Avec les fautes que j’ai faites, obtenir de telles notes, c’est plutôt positif. Je retiens surtout que nous avons tout ce qu’il faut pour la suite. J’ai une équipe exceptionnelle autour de moi, une groom fantastique, un entraîneur hors pair et un cheval exceptionnel. Tous les ingrédients sont réunis. Bien sûr, je suis déçu de cette fin de concours, mais cela ne remet rien en cause. Maintenant, on va regarder vers l’année prochaine”.
Chiara Zenati
“Après le deuxième jour où Zeus de Malleret*IFCE était vraiment contracté, je l’ai senti vraiment avec moi aujourd’hui. Il a été présent tout au long de la reprise et m’a beaucoup aidée, même s’il est resté regardant par moment. Je change de libre avant chaque grande échéance. Celle-ci a été créée après les Jeux de Paris 2024. Il y en aura une nouvelle en vue des Jeux de Los Angeles. On va y ajouter un degré de difficulté supplémentaire. Le fait d’avoir mis moins d’éléments techniques sur celle-ci me permet de le garder concentré. De plus, notre couple est en construction depuis deux ans, c’était un choix logique. Nous avons donc du travail qui nous attend cet hiver. Le bilan général de ces championnats du monde est plutôt positif. Mon cheval était bien décontracté le premier jour. Maintenant, on va supporter Alexia et Vladimir, puis ce sera l’heure de rentrer et de prendre un peu de repos”.
Fanny Delaval, cheffe d’équipe
“Nous repartons avec une médaille d’argent et une qualification, qui était notre premier objectif. Nous espérions une médaille et nous savions qu’il serait très compliqué d’aller chercher l’Américaine Kate, qui domine aujourd’hui la discipline. En revanche, décrocher l’argent devant l’Allemande était un vrai objectif et un immense bonheur. C’était très serré, mais je pensais que c’était possible et ça l’a été. Techniquement, nous étions très proches. Je pense que la différence s’est faite sur l’artistique, avec ce programme auquel nous tenons énormément parce qu’il raconte l’histoire d’amour entre Alexia et son cheval. C’est une musique qui a beaucoup de sens pour nous et c’est une vraie satisfaction de voir qu’elle a été appréciée. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de parler de nos ambitions du bout des lèvres : nous repartons avec une médaille d’argent mondiale et c’est une immense satisfaction. Pour Vladimir, la chute a évidemment pesé. Il a fait preuve d’un courage incroyable en remontant en piste, mais c’est un guerrier et cela ne m’a pas surprise. Il a fait ce qu’il a pu, même si je pense qu’il souffrait encore. Il réalise malgré tout un très beau championnat, notamment sur les reprises imposées. Sur la Freestyle, il a encore une marge de progression, mais c’est une épreuve où il va continuer à gagner en expérience. Je retiens aussi la progression de Chiara, qui gagne une place et termine cinquième avec une prestation de qualité. Là aussi, il reste des axes de progression, mais c’est une très belle paire. Il y a un an, Chiara n’était pas qualifiée pour la Freestyle des championnats d’Europe ; aujourd’hui, elle termine cinquième. Cela montre que le travail accompli porte ses fruits. Maintenant, nous allons continuer à travailler avec sérénité. La qualification est acquise et nous pourrons aborder les championnats d’Europe avec davantage de liberté, peut-être prendre un peu plus de risques et aller chercher, je l’espère, de nouvelles médailles. Je tiens à souligner le travail de Carlos Lopes, notre consultant formateur à nos côtés depuis de longues années et qui accompagne la progression de nos athlètes humains comme équins ainsi que les entraîneurs privés”.
Ils ont dit – saut d’obstacles
Nina Mallevaey
“Je suis super contente de Dynastie, elle n’a rien loupé. Je suis un peu moins contente de moi car j’aurais vraiment aimé terminer avec une médaille, sans ma faute nous étions troisièmes. Je vais avoir du mal à la digérer, il va falloir que je vive avec. Notre dynastie a été incroyable tout au long du championnat et j’espère que nous aurons la chance d’en vivre d’autres. Elle mérite vraiment d’obtenir une médaille dans un grand championnat et j’espère que je pourrais la lui apporter un jour. Elle a été assez régulière sur l’ensemble du championnat, je n’ai rien à lui reprocher. Elle donne tout, tout le temps. On a eu affaire aux plus gros parcours qu’on peut avoir en termes de technicité, de tracés, de hauteur, pouvoir compter sur une telle jument est un véritable avantage. Je ne sais pas si je croiserais beaucoup de chevaux comme elle dans ma carrière. Steve Guerdat, qui est sacré champion du monde aujourd’hui, est un idéal pour beaucoup et un exemple pour tout le monde. Je l’ai vu quand j’étais petite avec Nino des Buissonnets. Il a réalisé une démonstration cette semaine”.
Edouard Coupérie, sélectionneur national
“Nina était déçue puisque sans cette faute, elle terminait sur le podium. Au cours de cette finale, il y a eu des retournements de situation incroyables. Harry Charles était 23e et a terminé en bronze, donc tout était possible. Je suis vraiment satisfait de la manière dont Dynastie de Beaufour a sauté et de l’équitation montrée par Nina. C’était vraiment du très grand sport. Pour l’avenir, c’est fantastique. Nous avons obtenu notre sélection olympique. Sur cette semaine, on est globalement à notre place. Nous avons encore beaucoup d’efforts à faire pour grimper plus haut. Nous avons deux ans pour préparer les Jeux olympiques et je sens une grande motivation de la part de tous les cavaliers. J’ai commencé à échanger avec des propriétaires aussi pour essayer de motiver tout le monde et qu’on aille encore plus loin ensemble. C’est important de fidéliser les propriétaires. Éventuellement, si on trouve de nouveaux chevaux, j’en serais ravi, mais il s’agit aussi de garder les nôtres. C’est sur la durée que les couples vont se souder et se bonifier”.
Ils ont dit – attelage
Benjamin Aillaud
“Si le parcours était taillé pour mes chevaux, avec les nombreux virages, cela m’a obligé à tout faire au galop car ils ont moins d’amplitude que certains chevaux, qui peuvent eux rester au trot. Je suis donc obligé d’attaquer fort. Je m’amuse vraiment beaucoup avec ces chevaux, qui sont super généreux. Avant de faire de l’attelage à quatre à partir de leurs 12 ans, ils ont parcouru le monde pour faire des spectacles en liberté. Ils ont 16 ans maintenant, ramènent les points qu’ils devaient ramener en dressage et réalisent un bon marathon et une bonne maniabilité. Je prépare un nouveau team de juments, elles ont 6 ans et je leur laisse le temps de grandir tranquillement. Concernant le bilan des championnats, il y a une bonne équipe en construction. L’arrivée de Franck nous amène des points en dressage, ce qui est nécessaire avec l’évolution actuelle de notre sport. L’équipe fonctionne bien, avec Anthony on commence à se connaître par cœur. Franck a beaucoup performé en paire à très haut niveau. Il est en train d’apprendre et, nous, on a envie qu’il progresse donc on l’aide de notre mieux. Maxime est en train de progresser sur les trois tests. En attelage à quatre, le chemin est long et complexe, c’est beaucoup de technique, de sensations, de réflexes à acquérir”.
Anthony Hordé
“Comme au marathon, je pars avec prudence. Le début est très difficile, l’enchaînement du 1 au 4 était assez court. Sur la porte n°2, je ne suis pas assez centré et les timoniers ont manqué de réaction, ce qui entraîne une faute. J’ai senti que mes chevaux n’étaient pas tout à fait réveillés, mais c’était le but de les calmer à la détente pour ne pas entrer avec trop d’énergie. Après, j’ai mis du rythme puisque je n’ai plus le droit d’être en retard. Les chevaux étaient très agréables à mener malgré les difficultés. Les encouragements du public boostent, c’est un petit plus bienvenu. Je ne fais pas d’exploits sur ces championnats du monde, je suis dans mes points en dressage et dans mes classements de marathon. Bien sûr, j’aimerais pouvoir faire un peu plus, mais être capable de faire ce qu’on fait toute l’année est déjà bien. Il n’y a déjà pas eu de contre-performance, les chevaux sont restés dans un bon état de forme. Le bilan reste positif. Franck nous a boosté l’équipe. Avec Ben, depuis quelques années, on était un petit peu le duo de l’équipe et on n’avait pas un dressage qui nous permettait d’aller chercher cette cinquième ou sixième place dès le départ. Cela motive pour les années à venir et cela remet du baume au cœur ; avoir été en haut du classement le temps de quelques passages, c’est toujours sympathique”.
Franck Grimonprez
“On savait que la maniabilité serait compliquée, elle était très axée techniquement sur des demi-cercles et des cercles, ce qu’on a bien préparé à l’échauffement. L’enchaînement 13-14-15 était subtil. J’avais des instructions précises : prendre large pour consolider les acquis sur le dressage. Mon contrat est rempli, c’est dommage pour les fautes. Mon passage a permis de donner des références aux collègues sur le temps, je pense que c’est faisable. On va croiser les doigts pour l’équipe et individuellement pour tous les copains. J’ai confiance en eux. Merci encore au staff pour cette première sélection en attelage à quatre. J’ai une feuille de route qui est très claire. On va renforcer le piquet de chevaux et consolider l’équipe. C’est un bel hiver de travail qui nous attend. Techniquement, on a beaucoup appris lors de cette saison. Nous avons une superbe équipe, meneurs et staffs, et nous avons vécu un très bon championnat”.
Maxime Maricourt
“On est aux championnats du monde et le chef de piste a fait en sorte de proposer une maniabilité sélective. L’objectif était que mes chevaux prennent de l’expérience. On a réalisé notre meilleur concours de l’année. C’est agréable de voir l’évolution des chevaux. Ils sont bien dans leur tête et en forme, pas fatigués du marathon et encore plein d’énergie aujourd’hui, comme on a pu le voir ! Le team est jeune, moi aussi encore, c’est positif pour la suite. Je suis très content de mes championnats. Les chevaux vont passer deux mois au pré, et moi je vais souffler un vrai coup aussi. Je suis vraiment motivé à passer un palier l’année prochaine, descendre les points du dressage. On a été régulier cette année et on sait que l’on peut faire mieux. On a vraiment réalisé de bons marathons, nous allons effectuer un travail de fond pour que les timoniers aient plus de puissance. Pour la maniabilité, il y a une grande marge de progression et il n’y a pas de secret, il faut pratiquer encore et encore”.
Félix-Marie Brasseur, entraîneur national
“Je crois qu’on peut vraiment être heureux de ce championnat. Je veux d’abord saluer le parcours de Franck, qui termine avec un très beau parcours. Les chevaux allaient bien et c’est très positif. Maxime, de son côté, a réalisé sa meilleure maniabilité de l’année, ce qui confirme sa progression. Quant à Anthony et Benjamin, ils ont été dans la continuité de toute leur saison. C’est dommage pour cette dernière balle d’Anthony, qui nous coûte la cinquième place, mais je ne vais certainement pas lui en vouloir. Le parcours était difficile, un vrai parcours pour les chevaux comme pour les meneurs, et il a été très bien négocié. Il faut retenir tout le positif. Si, la prochaine fois, nous évitons cette dernière petite balle et que nous continuons à progresser en dressage, nous pourrons alors jouer dans les cinq premières places. Nous avons une très belle équipe en construction et cela promet de belles choses pour les années à venir. Franck est encore au début de son parcours à ce niveau et je suis convaincu qu’il va continuer à progresser. Je fais aussi confiance à Sébastien Vincent, qui prépare un attelage à 4 également pour l’an prochain et saura accompagner cette dynamique. De son côté, Maxime doit continuer à faire évoluer ses chevaux et les conserver suffisamment longtemps pour poursuivre ce travail de progression. Nous avons un vrai potentiel collectif et il faut continuer à construire dans cette direction. Quant au CHIO d’Aix-la-Chapelle, nous y sommes présents chaque année depuis plusieurs saisons, donc nous y serons naturellement de retour l’an prochain”.

















