POLO : J-8 – Le polo s’invite dans l’été de Gstaad
Du 20 au 23 août, le polo investit le Saanenland pour l’un des rendez-vous les plus singuliers de l’été suisse et du circuit mondial de ce sport.
Grands joueurs, chevaux, élégance et art de vivre dans un décor qui semble tout droit sorti d’une carte postale. Dans une semaine exactement sera donné le coup d’envoi de la Hublot Polo Gold Cup Gstaad. Tout est en place pour le premier throw-in*, jeudi à 13H30.
La plupart des sports semblent faits pour les stades, et les stades ont été inventés pour les accueillir. Le polo est différent. Né autour de 600 av. J.C, dans les grandes plaines d’Asie, il a toujours eu besoin de grands espaces – une cancha peut représenter jusqu’à l’équivalent de cinq terrains de football – et semble trouver une dimension supplémentaire lorsqu’il se joue au cœur de paysages d’exception. À Gstaad, la nature lui offre l’un de ses plus beaux théâtres. Chalets de bois débordants de fleurs, prairies d’un vert presque irréel, sommets en toile de fond : à quelques minutes de la célèbre station, le Saanenland pourrait servir de décor à une version chic et contemporaine de Heidi. C’est dans ce paysage, sur un terrain posé au bord de la piste du Gstaad Airport, que les chevaux prendront possession des lieux du 20 au 23 août pour quatre jours de grand polo.
Le contraste fait depuis longtemps partie du charme du rendez-vous. Gstaad, l’une des stations les plus exclusives des Alpes, abandonne pour quelques jours son rythme habituel aux chevaux, aux maillets et aux bottes des joueurs. À quelques kilomètres des palaces, des boutiques de luxe et de ses rues pittoresques, où les équipes défileront vendredi (21 août à 16h00), le polo se vit ici en pleine montagne, dans une atmosphère à la fois élégante et étonnamment décontractée.
Un décor de cinéma
Le paysage lui-même a déjà fait carrière à l’écran. À Saanen, le petit pont de pierre que l’on emprunte pour rejoindre le terrain, rendu célèbre par Dilwale Dulhania Le Jayenge, immense classique du cinéma indien avec les stars de Bollywood Shah Rukh Khan et Kajol, continue d’attirer les admirateurs du film plus de trente ans après sa sortie. Un détail peut-être anecdotique, mais qui raconte assez bien le pouvoir d’attraction de cette vallée : ici, même un simple pont peut devenir iconique.
Pendant quatre jours, une autre scène se jouera quelques centaines de mètres plus loin. Quatre équipes de 14 goals, cent vingt chevaux, seize joueurs venus notamment d’Argentine et de Suisse et, au milieu d’eux, l’une des grandes figures du polo contemporain : Gonzalo Pieres Jr.
Une grande star de ce sport
Triple vainqueur de l’Open d’Argentine et encore finaliste à Palermo l’hiver dernier, l’ancien handicap 10, le grade suprême de ce sport, découvrira Gstaad pour la première fois. Son palmarès, avec 21 victoires dans les trois tournois de la Triple Couronne argentine et 34 grands titres entre Argentine, États-Unis, France et Angleterre, suffit à mesurer l’événement.
« Ce sera ma première participation à Gstaad que je suis impatient de découvrir et je m’en réjouis vraiment. Nous avons une équipe très compétitive et le but est clair : gagner ».
Et il ne vient pas en Suisse pour contempler les montagnes. À 43 ans, « Gonza » Pieres reste animé par les mêmes ambitions : après Gstaad, il retrouvera son frère Facundo et les cousins Antonio et Cruz Heguy pour tenter à nouveau de conquérir Palermo.
Finaliste l’an dernier, il ne cache pas son objectif :
« Nous voulons gagner l’Open d’Argentine. Ce serait un nouveau rêve qui se réaliserait ».
Le luxe de rester simple
C’est peut-être là que Gstaad cultive le mieux sa différence. Le rendez-vous attire champions, partenaires internationaux et invités du monde entier ; si les 1 342 places des espaces VIP sont déjà réservées depuis longtemps, de l’autre côté, l’entrée reste libre pour tous. On peut venir regarder quelques-uns des meilleurs joueurs du monde, déjeuner auprès des food trucks, flâner entre les stands ou profiter des animations avec les enfants sans billet d’entrée.
Une coexistence entre exclusivité et simplicité que le plus ancien des sports d’équipe cultive comme aucun autre. Autour du terrain se côtoient naturellement les petiseros, ces compagnons des chevaux qu’ils bichonnent, souvent issus de familles de gauchos, les grands joueurs, pour beaucoup également éleveurs de leurs propres chevaux, les capitaines des équipes et les capitaines… d’industrie, les habitués des palaces de Gstaad, quelques célébrités et un public familial venu simplement profiter du spectacle. Des mondes qui, ailleurs, se croisent rarement et que le polo réunit ici autour d’une même passion : le cheval.
Depuis vingt et un ans, Pierre Genecand veille sur cette drôle de mécanique. Ancien président du Concours Hippique International de Genève, cavalier de saut d’obstacles pendant quarante ans et toujours joueur de polo à 76 ans lorsqu’il rejoint l’Argentine, sa nouvelle passion équestre l’a conduit à prendre en main l’organisation de la Hublot Polo Gold Cup Gstaad avec la même énergie qui avait contribué à faire de Genève le concours indoor préféré des meilleurs cavaliers du monde.
Derrière l’image très raffinée de l’événement se cache d’ailleurs une organisation étonnamment artisanale : treize membres seulement composent le comité, dont beaucoup d’habitants de la région. À une semaine du coup d’envoi, tout est donc prêt. Reste l’imprévisible météo alpine.
Mais Pierre Genecand préfère sourire et, comme il aime à le répéter :
« La montagne est très belle aussi en été ».
Et du 20 au 23 août, elle le sera plus encore à Gstaad, sublimée par l’un des plus beaux spectacles que puisse offrir le cheval :
Le polo.
* Throw-in :
Coup d’envoi d’un match de polo. Les deux équipes se placent en lignes parallèles et l’arbitre lance la balle dans le couloir ainsi formé.

















