TRAIL : Mile & Stone – Xavier THÉVENARD : « Si je finis sans encombre le 90 km du Mont-Blanc, je pourrai m’estimer guéri »
Après avoir combattu durant cinq ans une forme chronique de la maladie de Lyme, Xavier Thévenard, 38 ans, fera son grand retour en ultra-trail à l’occasion du 90 km du Marathon du Mont-Blanc, le 26 juin.
Si le « Petit prince du Mont-Blanc » triple vainqueur de l’UTMB (2013, 2015, 2018), ne prétend plus courir à très haut niveau, il conserve ses partenaires et un énorme capital sympathie. A sa grand surprise, comme il le confie à Mile & Stone.
Tu as annoncé récemment ta participation au 90 km du Mont-Blanc. Est-ce synonyme de la fin de ton combat contre la maladie de Lyme ?
La galère a commencé il y a cinq ans en 2021, quand j’ai commencé à abandonner toutes les courses. L’année 2023 a été la pire, jusqu’à ce que j’aille en Allemagne pour me faire soigner. J’ai ensuite petit à petit remonté la pente jusqu’à la fin de mon traitement fin 2025. Les analyses étaient de mieux en mieux, le docteur qui me suit commençait à envisager l’arrêt du traitement, mais c’est moi qui ai décidé de le faire, j’ai préféré ne pas attendre et stopper la prise d’antibiotiques au long cours. Plus le temps passe, plus je suis en confiance, maintenant, mon organisme a été bien secoué, donc si je finis sans encombre ce 90 km du Mont-Blanc, je pourrai m’estimer guéri.
Tu as réalisé un défi en ski de 24 heures le 17 mars. Dans quel but ?
Il y avait deux aspects : d’abord kiffer, ensuite voir comment se comporterait mon corps après plusieurs années de traitement. J’avais déjà eu des signaux positifs : tout l’hiver, je m’étais entraîné tôt le matin, entre 5h30 et 8h30, je voyais que j’arrivais à enchaîner. Et pour mon 38e anniversaire (le 8 mars), comme je n’avais rien au planning, je me suis fait un petit délire de 10 heures en faisant 38 km de ski skating, 38 km de ski classique, 38 km de course à pied et enfin 38 km de vélo. Bam ! Je n’avais pas couru de tout l’hiver. J’ai eu quelques courbatures, mais j’ai bien récupéré, je me suis donc dit que c’était le moment de faire ce projet de 24 heures en ski de fond auquel je réfléchissais depuis un an. Tout s’est décidé rapidement. Mon père m’a aidé à farter les skis, j’ai embarqué tout l’écosystème du ski nordique autour de chez moi, c’était un beau moment de partage.
Tu as totalisé 221 kilomètres pour 13 200 mètres de D+. Qu’en as-tu retenu ?
J’ai surtout été content de constater que je n’ai pas rechuté ensuite. Au contraire, les jours suivants, j’ai même surcompensé. Dans la foulée, j’ai pu faire le Trail trait Morbier, près de chez moi, sur 42 km, une distance un peu courte pour moi. Après cinq années sans véritable dossard, je ne m’en suis pas si mal sorti (6e). La vraie victoire a été la rapidité de ma récupération. Du coup, j’ai eu envie de revenir sur une distance qui me correspondait mieux avec ce 90 km du Mont-Blanc qui est presque un ultra, vu le dénivelé (6200m D+). C’est complètement différent du ski, mais je me suis bien préparé.
SOURCE : Mile & Stone N°76.
















