TRAIL : Mile & Stone – Un accueil « plutôt positif », mais « beaucoup de pédagogie »
UTMB Group a annoncé fin avril une mise à jour de son index de performance, « afin d’en renforcer la précision, l’équité et la représentativité ».
Mais derrière la question technique, se cache une autre interrogation : qui doit détenir et administrer l’indice de référence du trail mondial ? Mile & Stone tente d’y voir plus clair.
Il a beau trôner au sommet de l’index UTMB sur longue distance (967), Jim Walmsley n’en restait pas moins critique envers cet outil en décembre : « On voit des différences parfois difficilement explicables entre des scores, cela crée une certaine méfiance et enlève de la crédibilité. Il y a encore du chemin avant que cela devienne un indicateur vraiment légitime« , nous confiait l’Américain après avoir reçu son Trail Running Award d’athlète de l’année 2025, récompense d’une saison au cours de laquelle il a explosé les compteurs au Chianti Ultra Trail by UTMB et aux championnats du monde de trail (médaille d’or sur le long).
Depuis la mise en service du nouvel index, les coureurs ont pu voir leurs anciennes performances réévaluées, globalement à la hausse. « L’accueil est plutôt positif, même si on manque encore de précision sur certains types de courses. Nous allons devoir faire encore beaucoup de pédagogie, car un modèle statistique est par nature imparfait », affirme Fabrice Perrin.
Triple vainqueur de la SaintéLyon, Thomas Cardin (Team Kiprun) a ainsi vu sa troisième victoire créditée de 30 points supplémentaires, passant de 901 à 931. « Cela confirme mes sensations ce jour-là, indique-t-il. Jusqu’à présent, la SaintéLyon était systématiquement sous-cotée. C’était flagrant en 2024 alors que j’avais devancé des athlètes aussi forts que Ben Dhiman et Andrzej Witek. On ne court pas pour avoir le meilleur indice, mais ça froisse quand tu fournis un effort que tu estimes maximal et que cela ne se répercute pas dans les scores ».
Ce n’est pas un détail. Alors que les amateurs s’en servent essentiellement pour estimer leur temps de course, l’index UTMB revêt un enjeu majeur pour les élites : il établit leur valeur sur le marché auprès des sponsors, détermine leurs conditions d’accès à beaucoup de courses et bien sûr leur qualification pour les finales UTMB à Chamonix. « Il semble que le taux de satisfaction soit pour l’instant en hausse, mais je soupçonne un effet placebo. Des insatisfactions émergeront peut-être quand cet index sera à son rythme de croisière », constate Anthony Saliou.
Cela n’a pas tardé : lors du Trail Alsace by UTMB (photo), le score (883) de Benjamin Polin, arrivé deuxième à l’issue d’une bataille avec le vainqueur américain Christian Allen, a fait réagir sur les réseaux sociaux : « C’est comme si tu sors une masterclass en philo, un truc de fou qui impressionnerait Socrate et que tu prends 11,5/20« , a ironisé le compte de référence Les Genoux dans le Gif.
L’intéressé ne verse quant à lui pas dans la polémique : « En réalité, on est partis prudemment, il manquait deux des favoris annoncés et Christian était en reprise. On s’est vraiment excités à partir du 15e ou 16e kilomètre. Et à partir de là, on a appuyé fort. Si on était partis plus vite, on aurait pu coter à 900. 883 n’est pas aberrant, c’est même mon record« . Et le Vosgien (Team New Balance) d’ajouter : « J’ai toujours eu beaucoup de détachement vis-à-vis de cet index. Ce qui m’amuse, c’est d’abord de gagner des courses ».
SOURCE : Mile & Stone N°75.
















