TRAIL : Mile & Stone – Plus de paramètres, une exploitation affinée
UTMB Group a annoncé fin avril une mise à jour de son index de performance, « afin d’en renforcer la précision, l’équité et la représentativité ».
Mais derrière la question technique, se cache une autre interrogation : qui doit détenir et administrer l’indice de référence du trail mondial ? Mile & Stone tente d’y voir plus clair.
Il a beau trôner au sommet de l’index UTMB sur longue distance (967), Jim Walmsley n’en restait pas moins critique envers cet outil en décembre : « On voit des différences parfois difficilement explicables entre des scores, cela crée une certaine méfiance et enlève de la crédibilité. Il y a encore du chemin avant que cela devienne un indicateur vraiment légitime« , nous confiait l’Américain après avoir reçu son Trail Running Award d’athlète de l’année 2025, récompense d’une saison au cours de laquelle il a explosé les compteurs au Chianti Ultra Trail by UTMB et aux championnats du monde de trail (médaille d’or sur le long).
Huit mois de travail et de nombreux tests ont été nécessaires pour rafraîchir l’index. Dans son entreprise, l’UTMB a pu s’appuyer sur sa large base de données (55 575 courses, 3,8 millions de coureurs) et sur l’expertise d’un collège d’athlètes, membres pour certains de la Pro Trail Runners Association (PTRA). Champion du monde 2025 de trail court, Frédéric Tranchand a participé à ces travaux : « On donnait notre avis sur les défauts et les améliorations nécessaires. À chaque nouvelle version de l’algorithme, on nous demandait si les nouveaux scores correspondaient davantage à notre ressenti ».
Concrètement, la philosophie de l’indice n’a pas changé. Quels que soient la distance et le dénivelé de l’épreuve, il s’agit toujours d’établir un score de performance grâce à un modèle statistique fondé sur la connaissance des participants. Dans cette nouvelle version, « on a augmenté le nombre de paramètres pris en compte et affiné l’exploitation des données« , résume Fabrice Perrin. Des critères comme la densité d’athlètes de haut niveau, la technicité du parcours et l’altitude sont désormais intégrés au calcul. Et l’échantillon de coureurs référence retenus pour calculer les index est désormais resserré autour d’un nombre de profils réputés « fiables » sur un type de course précis.
Le sujet reste technique et complexe, mais l’UTMB a soulevé le capot de son nouvel indice dans deux articles publiés sur la plateforme medium.com : « Ils ont ouvert dans une certaine mesure, c’est-à-dire qu’ils ont expliqué leur méthode statistique, ce qui n’est pas le cas des autres index, décode Anthony Saliou, data scientist au sein du laboratoire de performance sportive, Enduraw, qui a vulgarisé l’outil dans une de ses publications. Il reste des zones de flou mais en tant que data scientist, je ne peux que me satisfaire de cette transparence ».
SOURCE : Mile & Stone N°75.

















