VOILE : Trin’40, le retour du solitaire saluée par les skippers
Après plus de trois ans sans course en solitaire en Class40, Achille Nebout (Amarris) retrouvait enfin l’exercice à l’occasion de la Trin’40.
Une reprise attendue, après avoir manqué plusieurs rendez-vous majeurs ces dernières saisons : « J’avais raté la Transat CIC en 2024 parce que je suis devenu papa, puis Les Sables-Horta l’année dernière après mon démâtage », confie-t-il.
Pour aborder cette première confrontation en solo, le skipper d’AMARRIS s’était préparé minutieusement tout au long de l’hiver, multipliant les navigations en solitaire afin de « retrouver les bons réflexes et le rythme spécifique du solo ».
Plus que le résultat pur, Achille Nebout s’était fixé un objectif clair : gérer son bateau et son énergie.
« Je voulais vraiment prendre soin du bateau et de moi, trouver mon rythme sans trop regarder les autres ».
Une stratégie assumée qui lui a permis de monter en puissance au fil des milles. « J’ai fini fort parce que j’avais bien géré mon rythme. Je n’étais pas du tout épuisé à l’arrivée, j’aurais pu continuer ».
Satisfait de sa gestion de course et de ses sensations, le skipper souligne également la qualité de cette première édition : « Une super course, avec une organisation très professionnelle et une direction de course qui a vraiment écouté les skippers ».
Convaincu par le format, il estime que davantage d’épreuves en solitaire auraient toute leur place dans le calendrier Class40 : « Pour les skippers qui visent la Route du Rhum, garder la main en solo est important ».
Une expérience réussie donc, qui servira déjà de base de travail en vue des grands objectifs à venir. Pour sa toute première expérience en solitaire en Class40, Thomas Jourdren, à bord de Trimcontrol, ressort de la Trin’40 avec des certitudes et beaucoup d’enthousiasme.
Le skipper a particulièrement apprécié le format proposé sur cette première édition : « Le parcours était le mix parfait entre du côtier et du large », souligne-t-il, évoquant également « une flotte de 30 bateaux très dense » offrant « du match à tous les niveaux ».
Des conditions météorologiques relativement clémentes sont venues compléter ce tableau idéal pour une entrée en matière en solitaire.
« C’était vraiment une belle épreuve, super intéressante à vivre ».
Au-delà du sportif, Thomas Jourdren insiste aussi sur la qualité de l’organisation mise en place par la Class40.
« Le fait que ce soit organisé par la Class40 rend l’épreuve encore plus adaptée aux coureurs », explique-t-il, déjà tourné vers l’avenir avec « vraiment hâte à la prochaine édition ».
Convaincu par l’intérêt du format, il milite également pour voir davantage de courses en solitaire au calendrier : « Une Trin’40 tous les ans, pas uniquement les années Route du Rhum, ce serait vraiment intéressant ».
Selon lui, ces rendez-vous permettent aux skippers de conserver des automatismes en solo tout en valorisant la flotte et ses projets. Cette première expérience lui a surtout permis de mesurer à quel point le solitaire diffère du double ou de l’équipage.
« Il faut réussir à trouver son rythme à bord, gérer son sommeil, son alimentation », détaille-t-il.
Mais la différence majeure reste l’intensité physique des manœuvres : « En solitaire, elles ne sont pas juste deux fois plus lentes, c’est largement plus que ça ».
Une gestion permanente de l’énergie et des décisions stratégiques qui rendent l’exercice particulièrement exigeant, mais aussi passionnant pour les skippers de la Class40. Huit ans après sa dernière course en solitaire, Sophie Faguet (Défi Solidaire avec Ellye et l’Arche) retrouvait ce format exigeant à l’occasion de la Trin’40. Une reprise particulière pour la navigatrice, qui disputait également sa première course en solo en Class40 avec un bateau récupéré seulement quelques semaines auparavant.
« J’appréhendais parce que cela faisait huit ans que je n’en avais pas fait et que c’était ma première en Class40 en solo», confie-t-elle. « Là où j’ai gagné en expérience et en sérénité, mon corps traîne aujourd’hui des problématiques que je n’avais pas avant ».
Finalement, toutes les craintes se sont rapidement dissipées au large. « Un ou deux jours avant le départ, tout le stress accumulé depuis la Transat Café L’Or s’est évacué pour laisser place à l’impatience et à l’excitation ».
Très vite, la navigatrice retrouve des sensations oubliées : « Sur le départ, je n’avais pas peur, j’étais à 200 % et focus. Un état que je n’avais pas ressenti depuis des mois ».
Elle évoque aussi une course particulièrement réussie, tant sur l’eau qu’à terre : « C’était génial. Une course organisée par la classe et des coureurs de la classe. C’était bienveillant, détendu et presque familial ».
Pour Sophie Faguet, cette Trin’40 a aussi confirmé tout l’intérêt du solitaire dans une préparation sportive : « C’est un super objectif de préparation. Ça force à mettre les bouchées doubles ».
Un format qu’elle distingue clairement du double ou de l’équipage : « En solo, tu dois gérer ta fatigue et ta lucidité et personne ne sera là pour le faire à ta place ».
SOURCE : NL Class40 n°39.

















