TRAIL : Mile & Stone – Le trail espagnol, les formats courts pris d’assaut
Avec plus de 2 000 courses et un nombre de pratiquants qui ne cesse de croître, l’Espagne s’impose comme un acteur majeur du trail running, troisième marché en Europe selon l’ITRA.
Mais derrière cette expansion, le modèle n’a pas encore atteint sa pleine maturité. Entre la Transvulcania le week-end dernier et Zegama Aizkorri ce week-end, Mile & Stone vous en dit plus.
Les formats courts pris d’assaut
Si l’Espagne attire de plus en plus les pratiquants, ceux-ci privilégient encore les distances accessibles. Sur ce point, les données de l’ITRA sont éloquentes : 39 % des dossards se concentrent sur des formats semi-marathon, quand le 100 miles ne capte que 2 % du peloton, soit 1 528 finishers par an (contre 14 291 en France). Sur les 5 843 participants inscrits à la Transgrancanaria en mars, la Classic de 125 km ne rassemblait que 1 006 coureurs, quand le marathon en a attiré 1 804, le format half 1 239, la croissance la plus forte revenant à la Promo (12 km), en hausse de 107 % en un an.
Xavier Pocino, directeur d’UTMB Iberia, confirme cette tendance : « La course qui fonctionne bien aujourd’hui est le 50K, le 100M, c’est encore un peu juste”. La filiale de l’UTMB a d’ailleurs lancé un nouveau format de 75 km sur Val d’Aran pour inviter les coureurs à passer à la distance supérieure, les 1 400 dossards du 50K étant pris d’assaut.
Autre particularité de la discipline en Espagne, elle reste très masculine – 22,8% de pratiquantes contre 29,7% en France, selon les données ITRA -, ce qui s’explique notamment par l’histoire du pays. « Jusqu’à la fin du franquisme, la culture patriarcale était prédominante, les femmes devaient rester à la maison. Seuls les hommes et les plus riches pouvaient participer à des événements sportifs », rappelle Juan Carlos Granado. « La génération de ma mère fait désormais du sport, mais la transition est lente”, note de son côté Laura Font, trentenaire qui dirige l’agence de communication Lymbus. « Les choses commencent à bouger, remarque cependant Jan Margarit Solé, qui a passé dix ans chez Salomon en tant qu’athlète. Même si elles restent très minoritaires, certaines athlètes touchent désormais des contrats à six chiffres ; et à l’occasion des Mondiaux de Canfranc, la fédération espagnole d’athlétisme a récompensé les vainqueurs, qu’ils soient hommes ou femmes, avec la même prime de 40 000 euros ».
SOURCE : Mile & Stone N°74.
















