CYCLISME : Mobilité – L’association Nice à Vélo se mobilise pour sauver le tunnel cyclable du Congrès
L’association Nice à Vélo lance une pétition, qui a déjà recueilli plus de 2200 signatures, pour conserver l’usage cyclable du tunnel du Congrès.
Alors que le débat sur l’avenir de la mobilité niçoise s’intensifie, l’association Nice à Vélo tire la sonnette d’alarme. En réaction à l’éventualité d’une réouverture du tunnel de la rue du Congrès à la circulation automobile, elle a lancé une pétition pour sanctuariser cet axe devenu essentiel pour les cyclistes et utilisateurs de trottinettes. Selon elle, un retour en arrière sacrifierait la sécurité des usagers, la santé publique et le dynamisme économique local.
Une pétition au succès fulgurant
Mise en ligne le samedi 18 avril, la pétition a connu un démarrage spectaculaire. Le cap des 1000 signatures a été atteint en moins de 48 heures. À ce jour, le compteur a dépassé les 2200 soutiens, une dynamique qui illustre l’attachement des usagers à cette infrastructure sécurisée. Ce plébiscite est perçu par les organisateurs comme un message clair envoyé aux décideurs sur les attentes des habitants en matière de mobilité douce. La mobilisation se poursuit en ligne, où la pétition reste accessible sur le site de l’association (www.niceavelo.org/tunnel).
La sécurité et l’efficacité au cœur des arguments
Pour Nice à Vélo, le tunnel n’est pas un aménagement de confort mais une infrastructure de sécurité vitale. Il permet aux usagers des modes actifs d’éviter un carrefour particulièrement anxiogène en surface, où ils seraient contraints de traverser six voies de circulation à fort trafic. « Pour les milliers de personnes à vélo et à trottinette, le tunnel n’est pas un luxe, c’est un bouclier », martèle le communiqué de l’association. Au-delà de la sécurité, l’ouvrage offre une performance indéniable : il garantit une liaison directe, protégée et fluide, avec un temps de trajet constant. Il joue également un rôle pédagogique, en offrant un environnement sécurisé permettant aux familles et aux touristes de s’initier aux déplacements urbains à vélo.
Un quartier apaisé, une économie dynamisée
Les défenseurs du tunnel cyclable insistent aussi sur les bénéfices pour les riverains et les commerçants du quartier. Sa fermeture aux voitures a permis de stabiliser le niveau sonore et d’améliorer la qualité de l’air. Une réouverture créerait, selon eux, un « appel d’air massif », un phénomène de trafic induit ramenant des milliers de véhicules et leurs nuisances sous les fenêtres des habitants. L’association s’attaque par ailleurs à une idée reçue tenace en affirmant que les mobilités douces sont un atout pour le commerce de proximité. « Un automobiliste traverse le quartier ; un cycliste ou un piéton s’y arrête », argumente-t-elle, s’appuyant sur une enquête départementale de 2023 : « 51 % des ménages du centre-ville n’ont pas de voiture. Ce sont les clients fidèles des commerces de proximité, et ils exigent des trajets sécurisés ».
Démystifier le trafic par les chiffres
Face à la tentation de justifier une réouverture pour lutter contre les bouchons, Nice à Vélo oppose les données factuelles de la Métropole. Le mythe du « tunnel vide » est balayé par le chiffre de 900 passages quotidiens mesurés, un flux équivalent à celui de 700 voitures ou 8 bus à haut niveau de service. L’impression de vide s’explique par l’efficacité du vélo, qui occupe dix fois moins de place qu’une voiture. L’association rappelle aussi que la baisse de la circulation automobile dans le secteur (-25 % entre 2012 et 2020) a précédé l’aménagement du tunnel. Enfin, elle met en garde contre l’illusion de la fluidité : « Rouvrir le tunnel aux automobilistes provoquerait un engorgement plus haut sur la rue du Congrès par effet de saturation. C’est une loi urbaine prouvée : plus on offre de place à la voiture, plus le trafic augmente ».
Un appel au pragmatisme avant une rencontre décisive
L’association appelle les élus au pragmatisme, les invitant à conserver un aménagement qui fonctionne et à cesser d’opposer les usagers. Une étape cruciale se profile avec une réunion programmée ce jeudi 23 avril entre les représentants de Nice à Vélo, Laurent Merengone, adjoint au maire délégué à la circulation et au stationnement, et Jean-Marc Governatori, adjoint délégué à l’environnement. L’avenir de cet axe essentiel pour la mobilité active à Nice sera au cœur des discussions. Créée en 2019, Nice à Vélo (https://www.niceavelo.org) est une association indépendante qui œuvre pour faire de la métropole un territoire cyclable sûr et pratique.

















