TRAIL : Mile & Stone – Thomas CARDIN : « La visibilité ne me fait ni chaud ni froid »
Vainqueur du Chianti Ultra Trail by UTMB et qualifié pour la Western States 2026 (27-28 juin), Thomas Cardin (Team Kiprun) a inauguré avec brio son passage sur ultra.
Pour Mile & Stone, le champion d’Europe 2024, 31 ans, explique les raisons de ce virage et pourquoi il s’apprête à mettre entre parenthèses son métier de professeur des écoles pour devenir pro à temps plein. Une petite révolution pour cet athlète attaché à sa discrétion.
As-tu été surpris par le retentissement de ta victoire à Chianti ?
C’est juste que pour la première fois, je suis sous les projecteurs de l’ultra alors que j’ai gagné des courses importantes depuis cinq ans. C’est fou parce que mon niveau n’a pas changé et personne ne connaît vraiment cette course qui est assez récente. C’est le révélateur de l’hégémonie de l’ultra. Les personnalités les plus connues dans notre sport ne sont pas forcément les plus fortes, mais celles qui impressionnent le plus par leurs efforts. L’ultra a plus de poids en termes de visibilité.
Tu le regrettes ?
La visibilité ne me fait ni chaud ni froid. En revanche, je trouve ça bien pour mes partenaires. Et personnellement, cela signifie aussi plus de moyens pour bien pratiquer mon sport à l’avenir. Les contrats ne dépendent pas que du niveau sportif mais aussi de la capacité à communiquer. Je ne le fais pas pour ça mais je vois le côté positif.
Te sentais-tu sous-estimé ?
Pas du tout. Cela fait longtemps que j’ai arrêté de me comparer aux autres. Je fais ma petite vie, tranquille. Le plus important, c’est de me faire plaisir à l’entraînement et d’essayer de fournir les performances maximales. La seule communication que je sais faire, c’est gagner., c’est comme ça que je m’éclate.
Ton partenaire, Kiprun (Decathlon), encourage-t-il ton passage vers l’ultra ?
Blandine (L’Hirondel) a brillé en ultra chez les femmes, mais Kiprun n’a pas vraiment d’ultra-traileur homme. Du coup, ça les intéresse, même si je suis libre de mes choix. Comme pour la plupart des marques, gagner l’UTMB est un but. J’ai de la chance que la marque soit alignée avec mes projets. Pour la Western States, toutes les équipes sont en train de bosser pour concevoir des produits adaptés aux spécificités de la course, comme la chaleur. C’est ce qui m’a plu quand j’ai changé de marque (en provenance Hoka). Je suis au cœur du développement, je travaille en permanence avec les équipes à Lille. J’aime que le fruit de mon travail dépasse ma simple personne et se répercute dans les rayons des magasins.
SOURCE : Mile & Stone N°72.

















