TRAIL : Mile & Stone – Des athlètes pros ou semi-pros qui vivent encore chichement
Animateur de l’édition 2026 de Mile & Stone/Connect, qui s’est tenue mardi à Annecy, Frédéric Bousseau a effectué, dans le cadre de la préparation de la première table ronde intitulée « Le trail il a changé : vraiment ? », un sondage auprès de 74 athlètes élites français – cotation ITRA minimum de 850 pour les hommes, 730 pour les femmes – afin de connaître leur degré de professionnalisme.
49 ont répondu anonymement (71,4 % d’hommes et 28,6 % de femmes), 24,5 % d’entre eux (12) se déclarant « professionnels à 100 % ». Les questions portant sur leurs revenus liés à l’exercice de leur sport révèlent d’importantes disparités, puisque 6 (soit 12 %) dépassent les 100 000 € annuels, 50 % déclarant des sommes inférieures à 25 000 €.
Le sponsoring des marques représente sans grande surprise la source de revenus principale (64,1 %), devant les primes de course (16,9 %), la monétisation de l’expertise via du coaching ou du consulting (6,5 %) et l’influence (6,1 %). Pour ce qui est, enfin, du statut juridique, 47 % des athlètes ayant répondu fonctionnent en auto-entreprise, 26,5 %, logiquement ceux qui ont les revenus les plus élevés, avec leur propre société, unipersonnelle ou non.
« Ces chiffres montrent certes une progression », a commenté lors de Mile & Stone/Connect Goulven Cornec, qui travaille avec plusieurs athlètes pour le compte de l’agence Fraich’Touch, mais ça me désole encore que les athlètes élites soient aussi bas en termes de rémunération, parce que ce n’est pas comme ça qu’on construit un foyer, qu’on fait un crédit à la banque pour acheter un appartement ou une maison et qu’on voit sereinement l’avenir ».
LES UTMB WORLD SERIES DÉPLOIENT UNE NOUVELLE POLITIQUE DE PARENTALITÉ
Après avoir mis en place à partir de 2023 une politique de grossesse, permettant aux futures mères de se faire rembourser ou de reporter leur inscription à une des épreuves des UTMB World Series en cas d’impossibilité d’y participer pour cause de grossesse – 400 ont pu en bénéficier à ce jouyr -, UTMB Group a annoncé le 24 mars un élargissement de cette politique à toutes les formes de parentalité.
« On s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas se limiter uniquement aux cas de grossesse, parce qu’il y a d’autres cas de figure pour celles et ceux qui veulent avoir un enfant, l’adoption, la procréation assistée, la gestation pour autrui, il y a également les cas de fausses couches qui peuvent arriver. Donc on s’est dit qu’il fallait évoluer pour mieux accompagner ce qu’on appelle les chemins vers la parentalité« , explique Fabrice Perrin, chief of sport, communities and sustainability d’UTMB Group.
Un travail mené en commun avec la PTRA (Pro Trail Runners Association), qui a abouti à plusieurs mesures, entre possibilités de recevoir un remboursement intégral, de reporter son inscription à une course ou de bénéficier d’un accès prioritaire pour une future édition. Autre mesure, à destination des élites, le gel jusqu’à cinq ans de l’UTMB Index pendant le parcours de parentalité, un peu à l’image de ce qui se passe en tennis avec le classement WTA. « Quand une femme était dans un processus de chemin vers la grossesse et la parentalité et arrêtait donc de courir, elle se retrouvait avec un index qui ne cessait de baisser et devenait du coup de moins en moins « bankable » par rapport aux sponsors, cette mesure permet d’y répondre », poursuit Fabrice Perrin.
SOURCE : Mile & Stone – N°71


















