SANTE : Psychologie, méditation et santé mentale
Leader visionnaire et conférencière internationale, Sister JAYANTI partage depuis plus de 50 ans une sagesse spirituelle fondée sur la paix intérieure, la clarté et la force des valeurs.
COMMENT LA MÉDITATION AGIT-ELLE SUR LA SANTÉ MENTALE ?
Sister JAYANTI • « La méditation, c’est un changement de poste de pilotage. Au lieu d’être assise sur la ligne de front de mes pensées, je prends de la hauteur et j’observe ce qui se passe dans ma tête.Je deviens l’observatrice, comme on regarde un trafic routier depuis un pont, en voyant d’où viennent les idées et vers quoi elles m’entraînent.
Ralentir l’activité mentale n’a rien de mystique, c’est presque mécanique : plus je me tourne vers l’intérieur, plus le rythme se stabilise. C’est dans cet espace que j’éprouve un profond sentiment de paix, une conscience plus nette de ma véritable identité et une stabilité intérieure qui ne dépend pas du monde extérieur. L’introversion n’est pas un retrait, c’est un angle de vue. En faisant l’expérience de la paix qui réside déjà en moi et en ralentissant mes pensées, je retrouve une clarté qui change tout. Ce calme n’est pas de la passivité. Il me rend plus apaisée et plus forte, mieux à même d’affronter le monde et les défis qui se présentent à moi. La méditation ne supprime pas le tumulte extérieur ; elle me donne simplement un point d’ancrage pour ne pas être emportée par lui ».
QUELLE PLACE ACCORDEZ-VOUS AU CALME INTÉRIEUR, AU SILENCE OU À LA MÉDITATION EN TANT QUE « PRATIQUES PSYCHIQUES » ?
Sister JAYANTI • « Dans un monde qui valorise la rapidité, la performance et l’agitation mentale, le calme intérieur n’est pas un luxe : c’est un mode opératoire. Nous devons accomplir les choses rapidement, avec efficacité et précision, mais sans perdre la paix qui nous habite. Si je me laisse happer par le chaos, ma paix intérieure se dissout et l’agitation se propage. Le stress se transmet comme un courant électrique ; la sérénité aussi.
Rester paisible, c’est maintenir une atmosphère propice à la clarté. Lorsque l’esprit se pose, chacun autour de moi voit plus nettement ce qu’il a à faire. Je ne parle pas de pratiques psychiques, mais de la méditation consciente de l’âme, de cette conscience d’âme qui consiste à me souvenir que je suis une âme paisible qui fait l’expérience du monde à travers ce corps. Dans la pratique, cela devient un réflexe : dépasser le bruit en une seconde, entrer dans l’action en une seconde, et faire efficacement ce qu’il y a à faire sans semer de tempête autour de soi. Le silence intérieur est un interrupteur discret : invisible, mais décisif. »
COMMENT AIDER QUELQU’UN QUI SE SENT ÉMOTIONNELLEMENT SUBMERGÉ ?
Sister JAYANTI • « Nous sommes tous submergés émotionnellement de temps à autre. La méditation permet de remettre les choses en perspective et de devenir ce que nous appelons « l’observateur détaché » face aux scènes qui se déroulent autour de nous. C’est apprendre à se connecter à un point immobile dans un monde en mouvement, un point de calme et de silence que nous appelons le Suprême ou le Divin. Ce geste aide à se rappeler une chose simple : nous sommes tous pareils, et la vie nous mettra au défi, mais nous pouvons rester stables, silencieux, immobiles. La méditation est une pratique instantanée. Elle permet de voir les choses telles qu’elles sont, de se libérer de l’attachement, de nos désirs, de notre colère ou des passions dictées par l’ego.
C’est rester au centre de la tempête sans être emporté. Peu à peu, les émotions retrouvent leur équilibre naturel ».
SELON VOUS, QUELLES SONT LES PREMIÈRES ÉTAPES PSYCHOLOGIQUEMENT EFFICACES POUR QUELQU’UN QUI SE SENT « PERDU » OU « EN TRANSITION » ?
Sister JAYANTI • « Pour commencer un voyage intérieur, le premier pas consiste simplement à décider d’examiner plus profondément son propre esprit et le monde qui nous entoure. Avoir un esprit curieux et se demander : « Quel est le but de ma vie ? » ouvre déjà une brèche. La première question à laquelle répondre est : « Qui suis-je ? », au-delà du rôle, du métier ou de l’histoire personnelle. Souvent, nous n’arrivons à ce stade qu’après avoir tout essayé : ce que nous pensions pouvoir nous apporter le bonheur finit par se révéler temporaire et éphémère. On passe des années à construire des projets, des relations, des réussites comme des châteaux sur la plage ; tant que la mer est calme, on y croit. Puis une vague, une perte, une séparation ou une transition les emporte. Alors on réalise que ce bonheur était fait de sable. Après ces épreuves, l’esprit commence naturellement à rechercher des réponses plus solides et plus durables. Les crises sont des aiguillages : elles forcent à changer de voie intérieure.
Comprendre la vérité sur qui je suis est la première étape pour comprendre toutes les autres leçons du chemin spirituel. C’est le point d’origine de tout voyage intérieur. On ne peut pas avancer sur un chemin spirituel si l’on ne sait pas qui marche ».
QUELS CHANGEMENTS SIMPLES PEUVENT AMÉLIORER LE BIEN-ÊTRE INTÉRIEUR ?
Sister JAYANTI • « Les changements les plus simples sont souvent les plus efficaces. Vivre plus simplement, posséder moins de choses, se coucher tôt, se lever tôt. S’asseoir en silence chaque jour, ne serait-ce que quelques minutes, pour sentir sa propre respiration et reconnaître le silence qui est déjà là en nous.
Ne donnez pas de peine et ne prenez pas de peine : c’est une véritable écologie émotionnelle. Laissez les autres se comporter comme ils le souhaitent, mais gardez des pensées pures et positives à leur égard. Cela libère une énergie considérable. Manger des aliments végétariens préparés avec amour et dans le souvenir du Divin nourrit plus que le corps. Se rappeler que l’on est une âme, un être spirituel, change la manière dont on traverse la journée.
Réservez du temps et de l’espace pour des réflexions tranquilles. Soyez déterminé, ayez la foi que vous pouvez devenir la meilleure version de vous-même. La gentillesse est une gymnastique intérieure : plus on la pratique, plus on se sent aligné. Aider les autres n’est pas seulement un geste social, c’est un geste envers soi-même : on se sent immédiatement mieux dans sa peau ».
QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS POUR CULTIVER UNE VIE INTÉRIEURE ÉQUILIBRÉE ET AUTHENTIQUE ?
Sister JAYANTI • « Apprendre à faire la différence entre l’utilisation de la technologie comme un outil, utile pour le travail et l’organisation, et le moment où elle devient une obsession ou une distraction, est essentiel. Ce que nous consultons sur un écran finit par devenir l’écran intérieur à travers lequel nous regardons notre vie. C’est là que se révèlent nos priorités, nos inquiétudes et notre état d’esprit.
Accordez-vous régulièrement du temps loin de tous les appareils. La nature est un antidote immédiat : elle remet les choses à l’échelle et nous rappelle que la vie peut être simple et pleine de sens sans toute cette technologie moderne.La connexion la plus précieuse n’est pas le Wi-Fi, c’est celle que l’on entretient avec soi-même, avec ceux qu’on aime, et avec le Divin. Soyez attentif à ce à quoi vous vous exposez. Tout le contenu que nous consommons entre dans notre esprit et a un impact sur notre âme. L’attention est une porte : ce que l’on laisse entrer finit par nous habiter ».


















