En ce jour d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina d’Ampezzo, le Jumping International de Bordeaux proposait une journée de compétition au diapason de l’actualité sportive internationale.
Un clin d’œil à l’Olympisme, avec au programme les trois disciplines équestres olympiques : le dressage, le saut d’obstacles et le concours complet, réunies pour cette deuxième journée dans le hall 3 du Parc des Expositions de Bordeaux.
Dressage : Pauline Basquin, proche de son record, domine le Grand Prix Freestyle
Le dressage ouvrait le bal avec le Grand Prix Freestyle, exercice emblématique de la discipline dans lequel les cavaliers composent eux-mêmes leur reprise – une véritable chorégraphie – en l’adaptant à une bande musicale choisie.
Une entrée en matière idéale pour faire découvrir le dressage à un public curieux et nombreux, qui, à l’instar des juges, a été séduit par la prestation de Pauline Basquin et Sertorius de Rima Z*IFCE. Avec un nouveau programme dont la musique, construite autour de percussions africaines – dans le style de M qu’elle affectionne –, a été spécialement composée par… John Dada (ça ne s’invente pas), la cavalière du Cadre noir a livré une reprise fluide et harmonieuse. Les enchaînements et transitions étaient maîtrisés, tandis que les airs relevés de Sertorius demeuraient toujours aussi aériens.
Résultat : l’écuyer du Cadre noir a franchi de nouveau la barre des 80 %, 80.465 % exactement, se rapprochant de son record personnel. « Oui, j’ai retrouvé mes 80 % et j’en suis très contente. Je n’ai pas encore eu beaucoup de temps pour répéter cette nouvelle reprise et je n’étais pas toujours parfaitement dans mes timings, je peux encore mieux me caler. Mais mon cheval a l’air content en piste, il est avec moi. Même si tout n’est pas encore parfait, il n’a commis aucune grosse faute. Cette reprise s’adapte vraiment à lui, avec des changements de pied et des pirouettes placés là où c’est le plus facile pour lui, et moins de piaffer. À 16 ans, il était important de concevoir un tracé qui ne le fatigue pas trop ».
La Française s’est ainsi nettement imposée devant la Portugaise Maria Caetano associée à Hit Plus, avec près de 3 % d’écart, tandis que la gagnante de la veille, l’Australienne Simone Pearce, a dû composer avec une légère défense de Will Marq, la reléguant au cinquième rang, derrière le Brésilien João Victor Marcari Oliva et le Français Alexandre Ayache.
Une première internationale pleinement réussie pour le dressage à Bordeaux, comme le souligne la championne française, qui espère voir cette nouvelle discipline franchir rapidement un cap : « Je suis ravie qu’il y ait du dressage ici, après le saut d’obstacles, l’attelage et le cross. La piste est magnifique, les dimensions sont idéales, le public est présent. La battle d’hier a mis le feu et a peut-être donné envie aux spectateurs de venir découvrir le dressage aujourd’hui. Il ne manque plus qu’une étape Coupe du monde à Bordeaux ! ».
Saut d’obstacles, Prix FFE GENERALI : Julien Épaillard, évidemment !
En saut d’obstacles, l’épreuve majeure de la journée était le Prix FFE GENERALI, préparatoire à la Coupe du monde de samedi. Disputée sur un parcours à 1,50 m, comptant pour le classement mondial FEI Longines, cette classe revêtait une importance stratégique pour de nombreux cavaliers.
Pour certains, à l’image de Roger-Yves Bost (Ballerine du Vilpion, la gagnante du Grand Prix de Hong Kong dimanche dernier) ou Julien Épaillard (Donatello d’Auge, vainqueur de la dernière Coupe du monde, il y a deux semaines à Amsterdam), jouer la gagne permet de mettre leur cheval « dans le bain » de la vitesse et de l’intensité en vue de l’échéance majeure du lendemain. Pour d’autres, l’objectif était avant tout de dérouler un parcours propre, sans prise de risque excessive, afin d’affiner les réglages et de préparer au mieux un parcours sans-faute samedi.
D’autres concurrents, comme Pénélope Leprévost (Ehning Flamingo), avaient plutôt fait le choix de s’appuyer sur le Prix PERSHING by LA SELLERIE DU BASSIN, aux cotes plus modestes (1,45 m), autre option stratégique pour préparer le rendez-vous de demain. Cette première épreuve du Jumping a été remportée par un rookie, le Français Jérémy Leroy, associé à Falkira de Mormoulins, signant ainsi un premier succès pour son premier concours 5*. Une entrée réussie dans la cour des grands.
Pour en revenir à l’épreuve phare du jour, il fallait s’y attendre, Julien Épaillard, comme en 2025, l’a écrasée avec Donatello d’Auge. Lorsqu’il est entré en piste, Martin Fuchs et Love de Vie tenaient la pole position en 60″12, le Normand a été trois secondes plus rapide. Seul l’Allemand Daniel Deusser (Bingo Ste Hermelle) a été capable de flirter avec ce chrono, à plus de quatre dixièmes quand même. Numéro un au classement ce soir, Julien Épaillard et Donatello d’Auge seront numéro un au départ de la Coupe du monde samedi soir. Une position inconfortable en général, mais lui, « cela ne (l)e dérange pas ».
Cross indoor, Devoucoux Derby : un deuxième sacre pour le local de l’étape Benjamin Massié
Troisième discipline au programme, le concours complet s’est exprimé sous la forme du spectaculaire Devoucoux Indoor Derby, un cross indoor devenu un rendez-vous incontournable du Jumping de Bordeaux. Un tracé d’environ un kilomètre de galopade reliant la piste principale au paddock, jalonné de 21 obstacles, dont quatre combinaisons, pour un total de 26 efforts à fournir. Le tout dans une ambiance électrique, proche de celle d’un stade de football.
Cette fois-ci, Karim Laghouag, associé à Dream de Vievre, est passé à côté d’une sixième victoire à Bordeaux. Auteur du meilleur temps pourtant, le Tricolore a toutefois vu ses espoirs s’envoler sur l’obstacle tombant du paddock, seul à avoir commis cette faute ici.
Il laisse ainsi son trône au Néo-Aquitain Benjamin Massié, qui, après un premier succès en 2024, signe sa deuxième victoire à Bordeaux, de nouveau avec Cupidon du Cardonne, le cheval avec lequel il s’était déjà imposé ici.
Quatre victoires françaises dans les quatre épreuves internationales de la journée : que ce bon vent bordelais souffle jusqu’à Milan-Cortina… et, à nouveau demain soir, sur la piste de la Coupe du monde.