TRAIL : Mile & Stone N°66 – Frédéric LÉNART (UTMB GROUP) : « Une nouvelle stratégie jusqu’en 2030 »
La saison des UTMB World Series s’ouvre du 22 au 25 janvier avec Arc of Attrition by UTMB, au sud-ouest de la Grande-Bretagne, premier événement d’un circuit qui en comptera une grosse soixantaine en 2026.
L’occasion pour Mile & Stone d’échanger avec Frédéric Lénart, directeur général d’UTMB Group.
Vous parlez de déployer une stratégie « autour du sport et de la responsabilité sociale et environnementale », qu’est-ce que ça signifie ?
Nous sommes effectivement aujourd’hui au début d’une nouvelle stratégie pour UTMB Group jusqu’en 2030, un horizon important pour nous, qui s’appuie sur cinq piliers : le sport – comment on continue à participer à son évolution -, l’inclusion, la responsabilité sociétale et environnementale, l’impact positif de nos activités sur les territoires où on organise des événements, et l’excellence opérationnelle, très importante car elle nous permet de nous différencier. Nous avons beaucoup d’événements qui sont au-delà de 90% d’indice de satisfaction, d’autres entre 80 et 90%, sur lesquels on voudrait progresser. 2026 s’inscrit dans cette stratégie avec des actions sur l’ensemble de ces piliers. Parlons de votre événement phare, l’UTMB Mont-Blanc, quel bilan en avez-vous fait en 2025 et quelles sont les pistes d’évolution ?
Cette édition a proposé un magnifique plateau, nous avons déployé beaucoup d’actions sur l’inclusion, l’équité et la diversité, avec notamment la Team Adaptive qui a été un vrai succès avec une trentaine d’athlètes. Nous avons aussi renforcé le plan de transports pour limiter au maximum le nombre de voitures dans la vallée et beaucoup travaillé pour que l’événement soit le plus neutre possible sur le territoire, ce qui sera encore une priorité cette année. Nous avons annoncé en 2025 un objectif de réduire les émissions de l’événement de 20% d’ici 2030, on communiquera courant février l’impact carbone de cette édition, ce qui nous permettra de comparer avec celle de 2024. Nous voulons également accélérer dans l’objectif de participation des femmes – elles sont 30% sur ensemble du circuit, l’objectif est d’atteindre 40% en 2030. Les gros changements pour l’édition 2026, c’est qu’on a ajouté deux courses à tirage au sort (la MCC et l’ETC) en raison d’une demande de plus en plus forte, sachant qu’on s’est engagés à ne pas dépasser la jauge de 10 000 coureurs. Comment faites-vous face aux demandes des communes et gestionnaires de préserver les espaces naturels sur les parcours de l’UTMB Mont-Blanc ?
Le passage sur les parcours est effectivement un enjeu important, notre posture, c’est d’instaurer un dialogue constructif avec les gestionnaires de réserves naturelles, avec les communes et les autorités, pour agir ensemble afin de limiter l’impact des courses sur la biodiversité. C’est un problème global de la discipline, on essaie d’expliquer notre démarche et les enjeux du trail running, c’est un débat qu’on veut porter au niveau national. On agit aussi beaucoup auprès des coureurs pour les inciter à respecter l’environnement et la biodiversité, on mettra d’ailleurs en place en 2026 des lumières rouges obligatoires dans la réserve des Contamines la nuit du vendredi. Les championnats du monde de cyclisme UCI auront lieu du 24 août au 5 septembre 2027 en haute-Savoie, où en êtes-vous des discussions autour des dates de l’UTMB ?
Il n’y a pas encore de décision prise, mais on pense qu’on va trouver une solution pour que les deux événements cohabitent, sans avoir à changer les dates. Confirmez-vous l’arrêt du partenariat avec Dacia ?
Oui, le partenariat est arrivé à échéance des quatre ans, nous nous sommes séparés en bons termes, ils ont fait des arbitrages. Pour nous, c’était un partenariat important, notamment parce qu’on avait mis en place un système de covoiturage et de car sharing pour éviter des dizaines et des dizaines de voitures supplémentaires pendant le Hoka UTMB Mont-Blanc. Leur départ est un défi logistique pour nous, nous n’avons pas de partenaire automobile identifié pour le moment, on y travaille.
SOURCE : Mile & Stone N°66.


















