TRAIL : Mile & Stone N°65 – Jim WALMSLEY : « Une saison différente, paradoxale mais excitante »
Présent lors des Trail Running Awards à Annecy le 9 décembre, Jim Walmsley a été élu Athlète de l’année 2025.
Depuis Arêches, où il s’est installé pour l’hiver, l’Américain du team Hoka revient sur une saison contrastée : une blessure au genou, mais trois victoires majeures, dont une médaille d’or aux Mondiaux de trail long. Il partage aussi sa vision du trail actuel et ses réflexions sur l’avenir de la discipline.
Comment analyses-tu ta saison 2025 ?
Chaque saison a sa propre histoire, avec ses hauts et ses bas. En 2025, les bas ont été très visibles, avec ce coup d’arrêt à cause de ma blessure au genou. J’ai dû m’adapter. J’ai un peu l’impression d’avoir fini la saison les mains vides, sans victoire à la Western States [remportée en 2018, 2019, 2021 et 2024, NDLR] ou à l’UTMB [vainqueur en 2023], qui sont mes objectifs habituels. Mais avec le développement des championnats du monde de trail, j’ai coché à Canfranc une case importante. Le Chianti Ultra Trail était aussi intéressant, avec une bataille entre les trois derniers vainqueurs de l’UTMB [Kilian Jornet, Vincent Bouillard et lui-même, qui s’est imposé, NDLR], alors que c’était une course lambda à la base. Et gagner l’OCC a constitué un beau succès. C’était une saison différente, paradoxale mais excitante.
Avec ce prix de l’Athlète de l’année, le jury des Trail Running Awards a justement récompensé ta polyvalence, est-ce une qualité que tu travailles ?
J’essaie de ne pas m’enfermer dans un format. Se spécialiser peut permettre de tirer le maximum de son potentiel sur une course précise. Mais beaucoup de principes d’entraînement sont communs au trail court et à l’ultra. Si on planifie bien, on peut rester polyvalent sans être engagé à 100% dans une seule discipline.
Tu as obtenu les deux plus gros scores de l’année à l’index UTMB (972 à Chianti et 974 aux Mondiaux) ou ITRA. Prêtes-tu attention à ces cotations?
C’est toujours intéressant. Chianti et les Mondiaux ont été de très bonnes courses et les index semblent le confirmer. Il y a une part de vérité, mais quand je discute avec d’autres athlètes, je me dis que ces chiffres sont peut-être un peu surévalués. Je ne pense pas avoir couru mieux ou plus vite cette année que lors de certaines courses il y a huit ans qui n’avaient pourtant pas des index aussi élevés. Ces dernières années, l’index UTMB a été beaucoup manipulé. Avec plus de transparence, si on comprenait mieux comment il fonctionnait, cela aiderait à construire plus de crédibilité et de confiance.
Quels autres athlètes auraient aussi pu, selon toi, également mériter ce prix ?
Il n’y a pas de réponse parfaite. Francesco Puppi (vainqueur, entre autres, de la CCC) a été très performant et régulier. En ultra, Caleb Olson (qui a remporté la Western States), Tom Evans (vainqueur de l’UTMB) ou Ben Dhiman (premier du Lavaredo Ultra Trail et deuxième de l’UTMB) ont tous fait des grosses saisons. Et sur courte distance, Patrick (Kipngeno) et Philemon (Kiriago) se battent l’un contre l’autre très souvent. S’ils faisaient sept courses au lieu de vingt, et qu’ils gagnaient ces sept courses, on les trouverait très dominants.
SOURCE : Mile & Stone N°65.

















