MONTAGNE : Tomber n’est pas échouer, c’est apprendre à se relever autrement
Quand la vie impose un virage, certains s’arrêtent.
D’autres accélèrent autrement.
C’est le choix qu’a fait Élise POSTIL, ex-cofondatrice d’Hilo, et aujourd’hui cofondatrice de TWENTY DC, la première marque française de collagène.
À la croisée du corps, du mental et du business, Élise a transformé une épreuve personnelle — un diagnostic de cancer — en moteur de renaissance.
Alors que sa première aventure entrepreneuriale s’achevait, elle aurait pu parler d’échec.
Elle a préféré parler d’ascension.
Une ascension symbolisée par une expérience fondatrice : gravir le Mont Blanc, quelques mois à peine après la maladie.
Une métaphore puissante de sa nouvelle voie, celle d’une entrepreneure qui avance un pas après l’autre, avec lucidité, patience et conviction.
Aujourd’hui, avec TWENTY DC, Élise bâtit un projet à son image : authentique, ancré et profondément humain.
Son ambition ? Redéfinir la beauté et la performance comme un travail intérieur, un équilibre entre force, bienveillance et persévérance.
Dans cette interview, elle revient sur son parcours, ses “montagnes” à gravir, et la manière dont le collectif, le dépassement de soi et la résilience façonnent sa vision du corps, de la santé et du business.

Élise POSTIL
Entrepreneure dans le secteur de la beauté et de la santé de la peau, à la tête de TWENTY DC
Comment ton expérience personnelle, notamment ta traversée du cancer, a-t-elle façonné ta vision du corps, de la santé et du business ?
Ça a tout changé.
Quand la maladie arrive, elle t’enlève l’illusion du contrôle.
Là où tu pensais maîtriser, tu dois apprendre à lâcher prise.
Ton corps devient un partenaire que tu écoutes, pas un outil que tu diriges.
J’ai dû développer patience, respect du rythme et endurance.
Dans le business, c’est pareil : il faut rester lucide, garder le cap et continuer malgré les imprévus. Il faut aussi savoir s’écouter et préserver la ressource la plus précieuse que nous ayons : notre santé, et ne pas confondre persévérance avec acharnement. Savoir dire stop pour mieux repartir sur des bases saines est parfois nécessaire.
Cette expérience m’a rendue plus ancrée, plus calme, plus lucide, et paradoxalement plus ambitieuse, parce que je sais maintenant pourquoi je fais les choses.
AVANT LA MALADIE ET LA MONTAGNE, QUEL RAPPORT AVAIS-TU À TON CORPS ET À LA PERFORMANCE ? QU’EST-CE QUI A PROFONDÉMENT CHANGÉ DEPUIS ?
J’ai toujours été très sportive, exigeante et compétitive. Le sport, c’est mon équilibre, mon échappatoire, et souvent mon moteur.
Quand mon corps m’a lâchée, j’ai dû apprendre à composer autrement. À accepter d’être moins performante, à écouter vraiment les signaux qu’il m’envoyait.
C’est un apprentissage encore en cours. J’ai parfois du mal à être patiente, mais j’essaie de transformer cette exigence en bienveillance envers moi-même.
LE MONT BLANC T’A DEMANDÉ DE PUISER DANS TES RÉSERVES PHYSIQUES, MAIS QU’AS-TU DÉCOUVERT SUR TON MENTAL ?
Pendant l’ascension, j’ai vite compris que l’arrêt forcé du sport avait laissé plus de traces que je ne le pensais. Alors j’ai fait cette montée au mental.
Le mental, c’est un muscle à part entière.
Il n’a de limite que celle qu’on se fixe.
C’est lui qui m’a portée quand les jambes ne suivaient plus.

Crédit photo : @FlorianKeller.images
COMMENT AS-TU TROUVÉ LA FORCE DE DIRE “OUI” À CETTE ASCENSION, DANS UN MOMENT OÙ TOUT SEMBLAIT VACILLER ?
J’ai une liste de choses que je veux faire dans ma vie, et le Mont Blanc en faisait partie.
Quand on m’a proposé de partir, je n’ai pas hésité une seconde.
Je ne savais pas encore à quelle sauce j’allais être mangée dans les semaines suivantes, entre opérations et traitements.
Mais à ce moment-là, j’avais juste envie de dire oui à la vie, sans calculer.
SI TU DEVAIS RÉSUMER CETTE EXPÉRIENCE EN UN MOT ?
Collectif.
Parce que c’était avant tout une aventure humaine.
Dans la montagne comme dans la vie, on ne va nulle part seul.















