TOURISME : Résidences secondaires, à la montagne, l’altitude fait désormais le prix de l’immobilier
Une polarisation croissante du marché autour des stations de ski les plus hautes.
Le site de résidences secondaires Green-acres, leader européen de l’immobilier de loisir, publie ses derniers indicateurs sur le marché immobilier à la montagne. Ils mettent en lumière une recomposition nette du marché : tandis que les prix se corrigent dans la montagne prise dans son ensemble, les stations de ski, en particulier celles situées en altitude, continuent de concentrer la demande et la valeur. Décryptages par Benoît Galy, CEO de Green-Acres.
La montagne hors stations entre dans une phase d’ajustement des prix
D’après les données Green-Acres, le prix médian des biens demandés en montagne recule de -4,7% entre 2024 et 2025. 340 000 € en 2024 324 000 € en 2025 Cette situation reflète un ajustement du marché montagnard global, notamment dans les secteurs moins touristiques, où la demande devient plus attentive au prix, à l’accessibilité et aux perspectives de valorisation à long terme.
Les stations de ski à contre-courant (+13,7%)
À l’inverse, les communes rattachées à une station de ski affichent une dynamique nettement plus favorable avec +13,7% sur les douze derniers mois. 350 000 € en 2024 398 000 € en 2025 Alors que le marché montagnard global se détend, les stations confirment leur statut de valeur refuge, portées par une demande soutenue, notamment internationale, et par la rareté structurelle de l’offre. « Le marché de la montagne ne se retourne pas, il se segmente. Les acheteurs font désormais une distinction très claire entre la montagne “résidentielle” et la montagne touristique structurée » commente Benoît Galy, fondateur de Green-acres.
Altitude : le seuil des 1 900 mètres comme point de bascule
L’analyse croisée du prix médian et du nombre de demandes selon l’altitude maximale des stations met en évidence un phénomène clé. Un seuil net apparaît autour de 1 900 mètres. En dessous de ce niveau, les prix restent contenus et la demande plus modérée. Au-delà, les prix médians progressent fortement, tout comme l’intensité des recherches. Les stations culminant entre 2 200 et 2 500 mètres concentrent à la fois : les prix médians les plus élevés, et les volumes de demandes les plus importants. « L’altitude devient ainsi un critère de valorisation central » précise Benoit Galy associé à la pérennité de l’enneigement, à la taille des domaines skiables et à la capacité des stations à se projeter dans un contexte climatique incertain.
Maisons, chalets et appartements : une offre dominée par l’individuel
Contrairement aux idées reçues, la typologie des biens publiés révèle une forte présence de biens individuels. Maisons et chalets : 52 % Appartements : 41 % Autres typologies : 7 % Cette structure de l’offre traduit une recherche accrue de surface, d’indépendance et de confort d’usage, notamment pour des séjours longs ou une occupation quatre saisons, ce qui contribue mécaniquement à la montée des prix dans les stations les plus attractives.
Dans les stations de ski : 47% des biens se situent encore en DPE E, F et G L’analyse des biens en stations de ski par étiquette DPE met en évidence un parc hétérogène, encore largement perfectible sur le plan énergétique. DPE D : 25 % DPE E : 18 % DPE F : 15 % DPE G : 14 % À l’inverse, les biens les plus performants énergétiquement restent minoritaires : DPE A : 10 % DPE B : 4 % DPE C : 14 % Cette configuration ouvre un potentiel important de valorisation pour les biens rénovés ou neufs, particulièrement recherchés par une clientèle internationale sensible aux enjeux de confort et de performance énergétique.
Top 10 des stations les plus demandées sur Green-acres
Le classement des stations les plus recherchées confirme la corrélation entre altitude élevée, notoriété et niveaux de prix. Parmi les stations en tête : Chamonix (3 275 m) – 750 000 € Megève (2 350 m) – 925 000 € Morzine, Avoriaz, Montriond – autour de 675 000 € Saint-Gervais-les-Bains, Les Contamines-Montjoie – 535 000 € Ce palmarès illustre une montagne à deux vitesses, où quelques destinations concentrent à la fois la demande, la valeur et la visibilité internationale.
Une polarisation durable du marché immobilier en montagne
« Nous observons une polarisation très claire du marché. La montagne dans son ensemble se normalise, mais les stations de ski – et en particulier celles situées en altitude – continuent d’attirer une clientèle prête à payer une prime. L’altitude est devenue un marqueur de sécurité, de rareté et de désirabilité patrimoniale » conclut Benoît Galy, fondateur de Green-acres.















