TRAIL : Mile & Stone N°64 – Ruth Croft : « Mon histoire avec l’UTMB n’est pas terminée »
« Mon histoire avec l’UTMB n’est pas terminée ».
En termes de contrats, es-tu au même niveau que les meilleurs hommes ?
Personnellement, Adidas me soutient très bien et je suis satisfaite de mon contrat. Mais je me souviens qu’au début de ma carrière, il y avait un écart énorme. Par exemple, sur une course dans les Dolomites, ils avaient annoncé une prime si la barrière des deux heures était franchie, peu importe que ce soit hommes ou femmes. Mais le record était à 2h01, par Kilian (Jornet) ! Il y avait aussi de gros écarts de prize-money. Les choses sont aujourd’hui beaucoup plus équilibrées.
Certaines voix proposent des départs séparés pour les hommes et les femmes à l’UTMB. Qu’en penses-tu ?L’ambiance serait différente et cela changerait l’expérience de course pour les femmes. Et pas dans le bon sens. Si les femmes partaient avant, on se retrouverait seules dans la nuit jusqu’à Courmayeur. L’argument, c’est que tout le monde arriverait en même temps, mais quand on voit le nombre de spectateurs encore présents pour Courtney alors qu’elle terminait 10e… Je préfère largement le format actuel.
N’aurais-tu pas aimé disputer la Hardrock 2026 avec Katie Schide et Courtney Dauwalter ?Je sais que beaucoup de gens en rêvent, mais ça ne m’attire pas. J’aimerais faire ce parcours en quatre jours, entre amis, pas en mode course. Je ne sais pas pourquoi, mais cette épreuve ne me parle pas autant que d’autres.
Quelles seront tes objectifs en 2026 ?Je ne suis pas encore sûre à 100%. La Western States (qu’elle a remportée en 2022) me motive toujours, mais je ne sais pas si j’y reviendrai en 2026 ou en 2027. Et mon histoire avec l’UTMB n’est pas terminée [elle est déjà qualifiée pour l’édition 2026, NDLR]. En 2024 (2e place), j’ai fait une très bonne deuxième moitié de course, cette année, c’était l’inverse, j’ai envie de réussir une course complète.
Quel athlète, hors trail, t’inspire ?Steven Adams, le basketteur néo-zélandais de NBA. Il est très humble, très authentique, très kiwi. Il est resté lui-même et ça m’inspire beaucoup.
Es-tu considérée comme l’une des meilleures sportives néo-zélandaises de l’année ?Il y a aussi Alice Robinson en ski, Lydia Ko en golf… Le trail reste un sport de niche en Nouvelle-Zélande, mais j’ai été surprise par l’attention médiatique autour de moi. Habituellement, tout tourne autour du rugby.
Tu étudies la naturopathie et tu souhaites travailler à l’avenir sur la santé des sportives. Où en es-tu de ce projet?Je m’approche de la fin de mes études. Je n’ai pas encore de date de fin de carrière, mais je sais qu’un jour, j’aurai envie de faire autre chose. Pour l’instant, je suis encore très motivée par l’entraînement et la compétition.
SOURCE : Mile & Stone N°64 Ruth Croft.















