TRAIL : Mile & Stone N°64 Ruth Croft – « La cerise sur le gâteau »
Désignée athlète féminine de l’année par le jury des Trail Running Awards lors de l’édition 2025 qui s’est tenue le 9 décembre à Annecy, Ruth Croft voit dans cette distinction la reconnaissance d’une carrière bâtie sur une décennie, au-delà de sa première victoire à l’UTMB cette année.
Depuis la Nouvelle-Zélande où elle réside durant l’hiver, la traileuse de 36 ans du Team Adidas Terrex revient sur son année et esquisse les contours de la prochaine.
Tu as l’habitude de séjourner en Nouvelle-Zélande de novembre à avril/mai. Que vois-tu à travers ta fenêtre et que fais-tu pendant cette période ?Je suis sur la côte ouest de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, à côté de Greymouth, la ville où j’ai grandi. Je suis revenue ici pour Noël, mais nous sommes basés à Hawea, près du lac Wanaka, où c’est beaucoup plus montagneux. Contrairement à beaucoup d’athlètes européens, je ne fais pas de ski. J’ai toujours couru douze mois par an. Cette année, j’ai observé une grosse pause après l’UTMB, mais depuis un mois, j’ai repris les séances. Ici, je m’entraîne, mais avec beaucoup de flexibilité. Je fais des choses que je ne peux pas faire en Europe quand je prépare l’UTMB. On fait beaucoup de tramping — c’est le mot kiwi pour la randonnée en terrain sauvage, avec sac à dos et matériel de camping. On fait aussi du canoë. Ces aventures me nourrissent.
Quelle a été ta réaction quand tu as appris que tu étais désignée athlète féminine de l’année ?J’ai été très honorée, surtout avec les performances incroyables des autres filles cette année. Mais, je ne fais jamais les choses pour les récompenses. C’est juste la cerise sur le gâteau. Je ne pense pas que le prix ait été attribué que sur la base de l’UTMB 2025. C’est plutôt une reconnaissance globale, incluant tout ce que j’ai fait depuis la CCC 2015, une récompense pour ma constance. Il faut des années de régularité pour obtenir ce genre de performance.
A travers toi, c’est aussi une approche très professionnelle qui est récompensée?C’est la première année qu’on en parle autant mais j’ai toujours eu cette approche avec un coach, un préparateur physique, un nutritionniste… Et depuis que je fais des ultras, Joseph (Mestrallet, data scientist) m’a aidée pour le plan de pacing, même si je ne l’ai suivi que sur les 30 premiers kilomètres (sur l’UTMB). Moi, je veux juste courir, je n’ai aucun intérêt à me plonger dans tous les détails de l’entraînement. C’est aussi une question de longévité : j’ai connu des blessures quand je faisais de l’athlétisme, je veux éviter de revivre ça. Pour durer, il faut être bien entourée.
Qu’est-ce qui a fait la différence avec Katie Schide, qui a recu le Trail Running Award en 2024 ?Question difficile ! Katie joue dans une ligue à part ! Ce qu’elle a fait à la Hardrock (première et record), puis à Sierre-Zinal (deuxième) et aux Mondiaux de trail long (médaille d’or), c’est incomparable. Elle est incroyablement forte en ce moment. Je la vois comme Courtney (Dauwalter) à l’époque où elle était seule au monde.
SOURCE : Mile & Stone N°64 Ruth Croft.

















