TRAIL : Mile & Stone N°63 – Ruth CROFT : « Un long voyage pour en arriver là »
Côté féminin, le jury a dû faire un choix difficile. Mais la décision s’est faite à l’unanimité en faveur de Ruth Croft devant la meilleure athlète en 2024, Katie Schide (victorieuse en 2025 de la Hardrock et des Mondiaux de trail long), Blandine L’Hirondel (Diagonale des Fous), Abby Hall (Western States) et Tove Alexandersson (Mondiaux de trail court).
Ce prix récompense non seulement son triomphe à l’UTMB, où elle a fait tomber Courtney Dauwalter, mais aussi son immense carrière au cours de laquelle la Néo-Zélandaise (36 ans), membre du team Adidas Terrex, a accumulé des victoires de prestige dans tous les formats.
« Merci d’avoir récompensé mes performances tout au long de ces années et pas seulement ma victoire à l’UTMB, a-t-elle expliqué dans un message vidéo envoyé depuis la Nouvelle-Zélande où elle passe l’hiver. C’est vrai que ce projet a duré dix ans. L’ambition de le gagner un jour a germé en 2015, quand je suis venue pour la première fois à Chamonix sur la CCC. Ce fut un long voyage pour en arriver là ».
Autre grand vainqueur de cette seconde édition des Trail Running Awards, Asics Fuji Trail a été distingué en tant que meilleur team devant Adidas Terrex et Hoka, malgré la place de n°1 mondial occupée par l’équipementier US au cumul des cotes. En pleine ascension avec près d’une cinquantaine d’athlètes dans ses rangs, la marque japonaise a fait la différence grâce au doublé Tom Evans-Ben Dhiman sur l’UTMB. Une image forte, après des années d’hégémonie des marques spécialisées.
« C’est un prix important pour nous, reconnaît le patron historique du team Asics, Laurent Ardito. Nous travaillons pour cela depuis 20 ans. Nous étions en quête de reconnaissance, puisque nous sommes arrivés dans ce milieu avec un ADN qui n’était pas celui de la montagne. Malgré des succès à l’UTMB [Xavier Thévenard en 2013, 2015 et 2018, NDLR], il a fallu du temps pour se construire une légitimité. C’est difficile pour une marque qui est déjà leader sur un autre marché. C’est le problème d’Adidas, et qu’aura Nike. Nous avons dû le contourner pour que l’écosystème nous accueille dans son paysage ».
Pour compléter ces trophées sportifs, le prix de l’exploit a été partagé entre Rémi Bonnet et Axelle Gachet-Mollaret, qui ont chacun explosé le record du monde du kilomètre vertical à Fully (27’21 pour le Suisse, 32’52 pour la Française spécialiste du ski-alpinisme). « Ce n’était pas une année facile avec une blessure qui m’a arrêté en début de saison. Ça m’a incité à repousser mes limites (…). Ce que je retiens, c’est qu’il ne faut jamais rien lâcher et donner le maximum, même quand ça ne va pas », a commenté dans un message vidéo Rémi Bonnet, également champion du monde sur la montée sèche à Canfranc.
SOURCE : Mile & Stone N°63.















