TRAIL : Mile & Stone – N°62 – FFA et organisateurs, les raisons d’un désaccord
La Fédération française d’athlétisme a créé un certain émoi auprès des organisateurs de courses, en annonçant le 14 novembre plusieurs mesures destinées à « renforcer sa stratégie running », dont la création d’un pass prévention santé annuel au prix de 5 euros, à la place du parcours de prévention santé (PPS), gratuit, mais valable trois mois.
Cette annonce a fait bondir Gilbert Ysern, président de France Outdoor, association qui regroupe environ 150 organisateurs, dont, pour ce qui est du trail, ceux de l’UTMB, des Templiers ou de la SaintéLyon. Premier reproche : « Le directeur général a eu la courtoisie de m’appeler trois jours avant le vote, ironise-t-il, mais j’ai tout de suite stigmatisé l’absence de concertation préalable qui est pour moi une aberration intellectuelle. C’est étonnant qu’on puisse annoncer un plan conçu dans le dos des organisateurs et simultanément communiquer sur le fait que la fédération est très attachée au dialogue avec eux. » Egalement joint par Mile & Stone, Adrien Tarenne, responsable du développement running à la FFA, rappelle d’abord que plusieurs organisateurs font partie du comité directeur de la fédération, citant par exemple Caroline Pujol, présidente du Stade Bordelais Athlétisme, qui organise le semi-marathon de Bordeaux, tout en expliquant : « Le PPS avait été énormément challengé dans sa version 1 par les organisateurs, son nouveau positionnement est nourri de la même façon par les échanges qu’on a régulièrement avec eux. Peut-être pas de façon directe, dans le sens où on ne leur a pas présenté ce qui devait être voté par le comité directeur, ce qui peut expliquer ce petit décalage de compréhension. » Autre sujet qui fâche France Outdoor, selon Gilbert Ysern, « la communication de la fédération sur le thème : « Le running connaît un succès extraordinaire grâce à elle ». Beaucoup d’organisateurs ont beaucoup de mal à avaler ça car ils ont l’historique d’une fédération qui ne s’est jamais intéressée au running et, qui, maintenant que tout marche très bien, dit que c’est grâce à elle. » Là encore, Adrien Tarenne répond : « On n’a pas la sensation de minimiser leur rôle. Et il faut rappeler que le PPS est issu d’une loi de 2022 pour la démocratisation de la pratique sportive à l’approche des JO et qu’il a énormément fluidifié les inscriptions aux courses« , l’intéressé mettant également en avant les services fournis gratuitement par la FFA aux organisateurs. Enfin, sur le fond, France Outdoor, en plus d’estimer que le nouveau PPS « pose des questions juridiques », s’inquiète « de la perte d’un certain nombre de pratiquants occasionnels que le fait de devoir payer 5 euros peut dissuader, notamment celui qui court une course par an dans son village« , explique Gilbert Ysern. Pourquoi faire payer un service auparavant gratuit ? « La première version du PPS a demandé énormément d’investissement et de développement additionnels pendant pratiquement deux ans », répond Adrien Tarenne, qui évoque « 2,1-2,2 millions utilisateurs uniques sur un an ».
Avant d’ajouter : « En parallèle, une nouvelle équipe d’élus est arrivée à la fédération avec un projet politique qui comprend une large ambition pour le running. Forcément, il fallait augmenter les recettes pour investir massivement en faveur de sa promotion et de son développement. » Et ce dernier de préciser que « la porte est ouverte » à un dialogue avec les organisateurs, tandis que France Outdoor, qui a échangé des courriers avec la FFA, souhaite que « la fédération appuie sur pause avant de mettre en œuvre ce plan, le temps de répondre à toutes les questions et objections qu’il pose ».
SOURCE : Mile & Stone – N°62.















