VOILE : Transat Café l’Or – Le Havre Normandie – Class40 CENTRAKOR HIRSCH à mi parcours
Dix-sept jours après leur départ du Havre sur la Transat Café L’Or, Mikael Mergui et Keni Piperol Dampied à bord du Class40 Centrakor Hirsch, réalisent une incroyable remontada sur cette deuxième partie de parcours.
Alors les Ultims et Ocean Fifty sont déjà arrivés à Fort-de-France, on pourrait croire que les Class40 avancent lentement… mais ces voiliers avalent les milles bien plus vite qu’on ne l’imagine. Tout est une question de distance et de stratégie.
Après La Corogne, deux routes s’offraient aux marins
Pour laisser passer une tempête, les Class40 ont dû observer une halte obligatoire de quatre jours à La Corogne et prendre un seconde départ le samedi 1er novembre.
Deux options s’offraient alors :
· le Nord, plus direct mais semé de fronts et de pièges ;
· le Sud, longue autoroute vers les alizés, avec une descente presque jusqu’au Cap-Vert, et le risque de « péages couteux » à l’approche des Antilles.
Fidèle à son tempérament méditerranéen, Mikael a choisi le sud, privilégiant la glisse et le soleil. Les trajectoires des nordistes et sudistes devraient se recroiser aux abords du Diamant dans une semaine.
Sur le papier 400 milles séparent le premier du sud et le premier du nord mais tout reste ouvert ..
L’ETA qui recule… façon Les Bronzés
Le 8 novembre, Mikael a eu une drôle de sensation en recevant une notification Calendar : Arrivée prévue en Martinique. « On frôlait à peine les Canaries, à trois heures de vol de la maison, alors qu’on était partis du Havre depuis 14 jours, ça m’a fait une drôle d’impression ! » Prise de conscience que le bout du tunnel était encore loin !.
Jour après jour, les estimations reculaient. Pendant quatre jours, le duo s’est habitué à lire sur son routage : « Il vous reste 13 jours de course », un peu comme dans Les Bronzés perdus dans les montagnes : « Ça fait deux heures que ça fait un quart d’heure. »
À bord, il a fallu ajuster rationnement et consommation d’énergie. Ce qui devait être une course de 14 jours pourrait s’étirer jusqu’à 19. « On est un peu en mode astronaute : on compte notre énergie et nos sachets de nourriture… »
Une frayeur à bord
Le Centrakor Hirsch est équipé d’un dessalinisateur produisant 5 litres d’eau douce par heure. Ce système, gourmand en énergie, nécessite des panneaux solaires et un bateau bien à plat.
« Comparé à d’autres équipes, on gagne en confort », raconte Mikael. Mais il y a eu un moment de tension : le dessalinisateur est tombé en panne. Après 45 minutes de bricolage, il a été réamorcé. « Je me suis dit : là, on est mal… » Quelques bouteilles d’eau supplémentaires ont été produites par sécurité.
Télécharger : Production de l’eau à bord
L’ambiance reste au beau fixe
Malgré la fatigue et la longueur du parcours, l’équipage conserve un bon rythme. Une playlist antillaise rythme les quarts et aide à passer le temps. « On se relaie pour rester frais, surtout la nuit. Chaque jour apporte son lot de surprises, et nos partenaires ont glissé à bord des enveloppes avec des blagues et des défis… entre chasse au trésor et calendrier de l’avent. On ne s’ennuie jamais », confie Mikael.
Télécharger : Ambiance musicale à bord
À l’heure actuelle, le Centrakor Hirsch occupe la 12ᵉ place, avançant avec patience et détermination.















