TRAIL : Mile & Stone N°61 – Baptiste CHASSAGNE : « L’idée, c’est de construire un édifice pérenne »
Vainqueur en octobre de la Diagonale des Fous, Baptiste Chassagne s’est depuis entouré dans le souci de valoriser sa victoire sans renier ses principes.
Une marque de fabrique pour cet athlète méthodique qui vient de fêter ses 32 ans. Pour Mile & Stone, il lève le voile sur sa « petite entreprise » qu’il pilote dans un objectif de performance.
Pourquoi avoir embauché une attachée de presse (Thida Vuillaume) après la Diagonale des Fous ?
J’ai décidé de réinvestir 20% des primes que je vais toucher via mes partenaires en payant une attachée de presse indépendante pour m’aider à capitaliser justement de manière vertueuse. Dans ma logique, ce n’est pas : tu gagnes, les médias s’intéressent à toi, tu réponds. Je m’inscris dans une logique d’entrepreneur. L’idée, c’est de construire un édifice pérenne. J’en parle parfois avec des jeunes traileurs : il faut investir sur soi. Ce n’est pas facile parce que le succès est très volatile et que nous n’avons pas beaucoup de visibilité. C’est un risque si ça se passe mal. Mais si ça se passe bien, c’est un socle. On évoque aujourd’hui des contrats à 6 chiffres pour les meilleurs traileurs, mais on précise rarement qu’il ne s’agit pas de salaire. Quel est ton business plan?
Il est basé sur ce que mes partenaires me versent et va sur le compte de ma SARL Baptiste Chassagne (créée en 2023), celle-ci finance toutes les personnes qui m’accompagnent dans ma démarche de performance : mon manager Greg Jacquet, mon coach Simon Gosselin, mon préparateur mental, mon nutritionniste, mon kiné et préparateur physique ou encore les photographes et vidéastes… Par exemple, faire venir Greg à la Diag m’a coûté entre 3 000 et 4 000 euros. Je l’assume parce que sa présence est fondamentale pour la performance. Et une fois que j’ai financé tout ça, je me verse un salaire qui est pile dans la moyenne de ce que gagnent mes camarades de promo de Sciences Po Paris (et qu’il ne souhaite pas dévoiler). Ils ont moins de kif mais aussi plus de sécurité et moins de pression. Quel pourcentage de tes contrats te verses-tu en salaire ?
Globalement, mon salaire net représente 30% du chiffre d’affaires de ma SARL. Je laisse 20% en trésorerie, le reste, c’est de l’impôt et les frais de structure pour la performance. D’autres athlètes n’investissent pas autant dans leur cellule de performance. Pourquoi as-tu souhaité le faire ?
Parce que j’aime construire. Je suis à l’aise avec le fait de gagner moins pour grandir avec les gens qui sont autour de moi. C’est une vision altruiste et raisonnée de la croissance. Je me rends compte aussi que je vis de peu, je ne suis pas pingre, mais je suis casanier et pas très geek de matos. Je me fais juste un cadeau par an : il y a deux ans, j’avais investi dans une chambre hypoxique, l’an dernier dans une paire de skis, et cette année, ce sera dans un tapis de course.
SOURCE : Mile & Stone N°61.















