ALPINISME : Sophie LAVAUD, la première française à gravir le sommet de l’Annapurna IV (7 525 M)
Le 20 octobre 2025, l’alpiniste franco-suisse-canadienne a atteint le sommet de l’Annapurna IV (7 525 m), avec Dawa Sangay Sherpa, son compagnon de cordée.
Ce nouvel exploit de Sophie Lavaud s’inscrit dans le cadre de son projet “Honoring the Pioneers”, marquant le 75ᵉ anniversaire de la première ascension française de l’Annapurna I (1950).
« Lorsque Maurice Herzog et Louis Lachenal se sont dressés au sommet de l’Annapurna I, ils n’ont pas seulement réussi la première ascension d’un 8000, ils ont marqué le début de l’âge d’or de l’alpinisme himalayen » insiste Sophie Lavaud. « Herzog l’avait d’ailleurs annoncé au retour “Annapurna : Premier 8000” en terminant son annonce par “il y a d’autres Annapurnas.”Cette phrase a pris un nouveau sens pour moi en 2020, au sommet du Pisang Peak, contemplant la vaste chaîne de l’Annapurna. C’est à ce moment-là que l’idée de “The Other Annapurnas” a commencé à prendre forme ».
Cet autre Annapurna s’est concrétisé le 20 octobre dernier pour Sophie Lavaud, LE premier Français à avoir gravi les 14 sommets de plus de 8 000 m, la première Suissesse et LE premier Canadien. Arrivée au Népal début octobre, l’alpiniste a pu bénéficier d’une bonne fenêtre météo. « Nous avions déjà tenté l’ascension au printemps. Ce n’était pas passé à cause d’une rimaye, une énorme crevasse infranchissable, lors de la première rotation d’acclimatation entre le camp 2 et 3 ». Une frustration pour l’alpiniste, qui a retenté l’ascension en automne, la mousson ayant donné de la neige en altitude et rebouché la rimaye, rendant possible un summit-push.
Après une nuit au camp 1 puis une seconde au camp 2, où la cordée est montée jusqu’à 6 400 m, soit une seule rotation d’acclimatation, il a fallu patienter jusqu’à la troisième semaine d’octobre. « On avait initialement prévu le 19 octobre pour notre première tentative, avec Sangay, Oleg, Simon, Gaylu, Pema et Nga Wang, mais nous avons manqué de cordes fixes sur le haut. J’ai décidé de faire demi-tour tandis que Gaylu, Pema et Oleg ont poursuivi et atteint le sommet ».
Dans la nuit du 19 au 20 octobre, Sophie Lavaud et Dawa Sangay Sherpa, rassurés de voir une première cordée réussir, quittent le camp 3 (6 510m) à 23 h. « L’ascension finale depuis le camp 3 est interminable, avec plus de 1 000 mètres de dénivelé, sur un terrain raide, froid, venteux. C’est très long, mais très beau et incroyablement gratifiant ! » témoigne Sophie.
À 9 h, le 20 octobre, sous un ciel clair, après dix heures éprouvantes se terminant sur une arête magnifique, exposée, gravie sans cordes fixes, le sommet s’offre à la cordée. La prise d’oxygène s’est limitée au dernier tiers de l’ascension, essentiellement à cause du froid.
« Honnêtement, certains « summit-push » de 8 000 sont plus faciles que celui-ci. Si je devais donner un élément de comparaison, je dirais que le Manaslu (8 163m) ou Cho Oyu (8 188m) sont moins durs » plaide l’alpiniste.
Outre la satisfaction du sommet et la préoccupation de la descente, Sophie Lavaud a eu là-haut une pensée pour ceux qui ont tracé la voie. « Aujourd’hui, on a une telle technologie à notre service. C’est absolument dingue ce que ces pionniers ont fait à l’époque… ».

















