VOILE : Transat Café L’Or – Luke BERRY et Antoine JOUBERT, entre prudence et ambition
Samedi 25 octobre, à 16h30, Luke Berry et Antoine Joubert ont pris le départ de la Transat Café L’Or à bord de l’Ocean Fifty Le Rire Médecin – Lamotte, aux côtés de neuf autres duos.
Le départ, initialement prévu dimanche, avait été avancé à samedi à la suite d’une concertation entre les skippers de la classe Ocean Fifty, afin de profiter d’une fenêtre météo jugée plus sûre.
Au programme : 4 600 milles de course jusqu’à la Martinique, via le Cap-Vert. Une édition engagée dès ses premières heures, avec des conditions musclées qui ont conduit à trois chavirages dans la nuit, heureusement sans blessés.
Une première nuit tonique Pour Luke et Antoine, la nuit a été agitée mais maîtrisée. Le duo a fait preuve de sang-froid et de rigueur pour préserver le bateau dans des vents soutenus et une mer très formée. Ce dimanche, ils progressent dans le Golfe de Gascogne, désormais portés par des vents plus favorables.
C’était engagé, il a fallu naviguer avec prudence, explique Luke. Le bateau a bien tenu, on a fait le dos rond pendant les heures les plus dures. Maintenant, on commence à retrouver des conditions plus maniables, ce qui va nous permettre de relancer la machine.
L’expérience du gros temps comme atout
Habitués à affronter le large dans des conditions exigeantes, Luke Berry et Antoine Joubert savent composer entre vitesse et maîtrise. En 2023, ils avaient déjà démontré leur solidité lors de la Transat Jacques Vabre, puis en remportant la Rolex Fastnet Race, deux épreuves marquées par le gros temps.
« Il y a toujours une part d’appréhension avant une nuit comme celle-là, mais elle reste maîtrisée. Le bateau est taillé pour encaisser, et on connaît nos limites, confie Luke. L’essentiel est d’éviter la casse : dans ces moments-là, il vaut mieux être un peu sous-toilé que trop ».
Une affaire de compromis
Mis à l’eau en 2009, l’Ocean Fifty Le Rire Médecin – Lamotte accuse logiquement un léger déficit de performances face aux machines les plus récentes dans certaines configurations, notamment dans le vent faible ou medium. Mais dans le gros temps et au large, les cartes se rebattent.
« Dans ces conditions, on n’est plus seulement dans la performance pure, mais aussi dans la gestion du matériel pour éviter la casse. Il faut trouver le bon équilibre entre attaque et maîtrise », souligne Luke.
Les 24/48 premières heures de cette Transat Café L’Or s’annoncent déterminantes avant une accalmie attendue dans le golfe de Gascogne. La suite du parcours s’annonce plus ouverte, avec des zones de transition à bien négocier. « Les duos qui réussiront à bien gérer cette phase de transition prendront un petit avantage », analyse Luke.
Objectif : traverser intelligemment
Dans cette Transat Café L’Or jusqu’à la Martinique via le Cap Vert, le duo avance avec une ambition claire : performer sans compromettre la fiabilité du bateau.
« Pour nous, le Top 5 serait déjà une victoire et on va tout faire pour se rapprocher du podium, affirme Luke. Sur une course de 4 600 milles, il est certain qu’il y aura des opportunités et des rebondissements. Notre esprit est clair : on veut se battre avec les copains, mais sans casser ! Cela passe déjà par le fait de sortir des 48 premières heures de navigation tonique sans encombre ».

















