VOILE : Elodie BONAFOUS sur Association Petits Princes – Quéguiner – Viser juste dans une entame électrique
Ce dimanche à 14h15, Élodie Bonafous et Yann Eliès prendront le départ de la 17e Transat Café L’Or, au Havre.
À bord de l’IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner, ils viseront Fort-de-France au terme de 4 350 milles d’une régate exigeante. Mais avant de pouvoir espérer trouver les alizés, le duo devra composer avec une mise en jambe tonique : mer formée, vent soutenu et premières heures déjà décisives. Une mise en route sans préambule, direct dans le vif, à gérer avec lucidité et engagement.
Une mise en route façon « machine à laver »
Pas de temps d’adaptation : dès la sortie de la baie du Havre, les conditions s’annoncent copieuses. « Ça va être mode machine à laver express : court, mais intensif », résume Élodie Bonafous. Le duo devrait affronter une trentaine de nœuds et une mer hachée, accentuée par le ressac des falaises normandes. « La sortie de la baie de Seine est toujours piégeuse dans ces conditions. On va vite être secoués ! » Un scénario rude mais bref, et surtout maîtrisable : « On va se faire brasser fort pendant quelques heures, mais dès la pointe Bretagne, ça mollira rapidement. Heureusement, ce sera un sale moment limité dans le temps », observe la navigatrice. Une entame qui ressemblera à un départ de 100 mètres : explosif, intense, sans préparation, mais décisif pour se placer dans le peloton de tête.
Tenir le rythme dès les premiers milles
Au-delà de l’inconfort, c’est un enjeu stratégique qui attend le tandem. « On ne pourra pas se louper sur cette phase initiale. Il faudra sortir aux avant-postes pour ensuite traverser la dorsale du golfe de Gascogne dans de bonnes conditions », insiste Élodie. Avec Yann Eliès, l’approche est limpide : attaquer sans retenue. « La première nuit, il n’y aura pas beaucoup de sommeil, mais on ne lâchera rien. Le crédo : On serre tout, on ferme tout, et on fonce ! » Pour la Finistérienne, plus d’anticipation que d’appréhension : « Prendre 35 nœuds au près ne me fait pas peur. Le bateau est conçu pour encaisser ça. Le plus dur, ce sera le stress du départ combiné à cette météo, mais mentalement je sais que ça ne durera pas ».
Confiance et énergie collective
Cette entrée abrupte, loin de l’inquiéter, galvanise la skippeur : « Ce sera une mise en action immédiate, sans transition, mais j’aime ce genre de conditions. Ça me stimule plus que ça ne m’effraie. » Soutenue par l’expérience de son co-skipper – triple vainqueur de l’épreuve – elle abordera la course avec un duo déjà solide et performant cette saison. Surtout, l’équipage portera avec conviction les couleurs de l’Association Petits Princes : « C’est une source d’énergie supplémentaire. Savoir que notre course aidera à réaliser les rêves d’enfants malades, ça donne encore plus de force quand les conditions deviennent difficiles. » Avec lucidité et détermination, Élodie résume l’état d’esprit du départ : « Oui, le début sera costaud, mais c’est aussi ça qui est excitant. On va partir directement dans le dur, et on se battra dès les premiers milles ».















